Jules Massenet
Description de cette image, également commentée ci-après
Jules Massenet photographié par Eugène Pirou (1895).
Nom de naissance Jules-Émile-Frédéric Massenet
Naissance
Saint-Étienne, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 70 ans)
Paris (6e arrondissement), Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur
Style Musique romantique (œuvres lyriques, mélodies pour voix et piano, musique sacrée, etc)
Activités annexes Pianiste
Professeur au Conservatoire national de musique et de déclamation
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1858-1912
Éditeurs Hartmann
Heugel
Formation Conservatoire national de musique et de déclamation
Villa Médicis
Maîtres Ambroise Thomas
Élèves Gustave Charpentier
Ernest Chausson
Henry Février
Gabriel Pierné
Florent Schmitt
Récompenses Grand prix de Rome
Distinctions honorifiques Légion d'honneur

Œuvres principales

Jules Massenet est un compositeur français né le à Montaud (aujourd'hui quartier de Saint-Étienne) et mort le à Paris[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Fils d'Alexis Massenet (1788-1863), polytechnicien, maître de forges et industriel fabriquant des lames de faux à Pont-Salomon, près de Saint-Étienne, et de son épouse, née Adélaïde Royer de Marancour (1809-1875), Jules-Émile-Frédéric est le benjamin d'une famille de douze enfants, son père ayant eu huit enfants d'un premier lit[2]. Sa famille déménage à Paris en 1848, lorsqu'il a six ans et sa mère lui donne ses premières leçons de piano. Il entre à l'âge de onze ans au Conservatoire national de musique et de déclamation à Paris, et y étudie le piano dans la classe d'Adolphe Laurent, l'orgue (classe de François Benoist), le solfège et le contrepoint (classes d'Augustin Savard et François Bazin), l'harmonie (classe d'Henri Reber) et la composition (classe d'Ambroise Thomas). Il obtient un premier prix de piano en 1859 et un premier prix de contrepoint en 1863. Admis à la villa Médicis après avoir remporté le grand prix de Rome en 1863 avec sa cantate David Rizzio, il rencontre à cette occasion Franz Liszt, qui le prend en affection[3] et lui confie quelques élèves de piano, parmi lesquels se trouve Louise-Constance dite « Ninon » de Gressy (1841-1938), que Massenet épouse en 1866, et avec qui il aura une fille unique, Juliette (1868-1935)[4].

Succès[modifier | modifier le code]

Massenet à l'âge de ses premiers succès

Il regagne Paris et fait jouer son opéra La Grand-Tante en 1867. Son mentor est à l'époque Ambroise Thomas. Il prend part à la guerre de 1870. Il connaît après ses premiers succès, avec la suite symphonique Pompéia, l'oratorio Marie-Madeleine en 1873, et les opéras Don César de Bazan, Le Roi de Lahore. Son éditeur, Georges Hartmann, qui connaît un grand nombre de critiques musicaux, soutient sa carrière.

Il reçoit la légion d'honneur en 1876 (il est Commandeur de la Légion d'honneur Commandeur de la Légion d'honneur en 1899[5]). En 1878, il est nommé professeur de composition au Conservatoire national de musique et de déclamation, et compte Alfred Bruneau, Gustave Charpentier, Ernest Chausson, Georges Enesco, Henry Février, Reynaldo Hahn, Charles Koechlin, Albéric Magnard, Max d'Ollone, Gabriel Pierné, Henri Rabaud et Florent Schmitt parmi ses élèves. Il entre à l'âge de trente-six ans à l'Académie des beaux-arts. C'est le plus jeune des académiciens.

En 1884 est créé à l'Opéra-Comique un de ses ouvrages les plus populaires, Manon, d'après le roman Manon Lescaut de l'abbé Prévost. Ses autres œuvres Hérodiade, Le Cid, Le Jongleur de Notre-Dame, rencontrent la faveur du public, et plus encore, Werther, composé en 1886, créé à Vienne en 1892, d'après Les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Thaïs ne connut le succès qu'une décennie après sa création, en raison de son sujet sulfureux, malgré sa Méditation religieuse pour violon solo au deuxième acte, passée à la postérité sous le nom de Méditation de Thaïs.

Massenet en 1910.

Son Don Quichotte, dont la première a lieu à Monaco en 1910, et dont le rôle-titre est chanté par Chaliapine, connaît un grand succès dès sa création. Cette œuvre est jouée dans le monde entier depuis lors.

Ses journées commençaient à quatre heures du matin, alternant compositions, enseignements et auditions[6]. Il a laissé une œuvre essentiellement lyrique (vingt-cinq opéras), mais aussi pianistique et symphonique. Très sensible aux sujets religieux, il a souvent été considéré comme l'héritier de Charles Gounod.

Tombe de Jules Massenet au cimetière d'Égreville (Seine-et-Marne)

Héritage et dernières années[modifier | modifier le code]

Plaque au 48 rue de Vaugirard.

L'influence de Massenet se ressent chez de nombreux compositeurs tels que Ruggero Leoncavallo, Pietro Mascagni, Giacomo Puccini ou Claude Debussy dans son Pelléas et Mélisande. Ne dédaignant pas les mondanités (c'est un habitué du salon de Mme Lemaire par exemple), c'était pourtant au fond un grand mélancolique qui avait besoin d'être amoureux de l'héroïne ou de l'interprète de ses œuvres[7]. Il meurt d'un cancer à l'âge de soixante-dix ans, vraisemblablement à la clinique de la rue de la Chaise (7e arrondissement de Paris), mais son corps est ramené à son domicile au 48 rue de Vaugirard (6e arrondissement de Paris), où une plaque lui rend hommage. Il est enterré à Égreville (Seine-et-Marne), village où il possédait un château[8].

Jules Massenet est l’arrière-arrière-arrière-grand-oncle[9] des journalistes Béatrice et Ariane Massenet[10].

Élégie était un des thèmes favoris du pianiste de jazz Art Tatum.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Jules Massenet laisse environ 450 œuvres musicales.

Les terminologies utilisées ci-dessous pour caractériser les œuvres (opéra, opéra-comique, drame lyrique, conte de fées, etc.) sont celles employées par Massenet sur les partitions. Les dates indiquées sont celles des créations pour les œuvres représentées ou, à défaut, de composition pour les œuvres inédites.

En 2020-2021, 14 voix lyriques du Québec vont participer à un projet majeur : enregistrer l'œuvre intégrale de Jules Massenet, soit environ 320 morceaux pour la plupart jamais encore enregistrés[11].

Opéras[modifier | modifier le code]

Esquisse de décor pour Le Mage par Amable Petit (1891)
  • L'Écureuil du déshonneur, opérette (1858) - perdue
  • Les Deux Boursiers, opérette (1859) - perdue
  • Esméralda, opéra (1865) - inédit, composé à la villa Médicis
  • Noureddin (1865) - inachevé
  • Valéria, opéra (1865) - inachevé
  • La Grand' Tante, opéra-comique (1867) - piano-chant publié
  • La Coupe du roi de Thulé, opéra (1867) - perdu[12]
  • Le Florentin, opéra-comique (1867) - perdu[13]
  • Manfred, opéra (1869) - inachevé
  • Méduse, opéra (1870) - perdu
  • Don César de Bazan, opéra-comique (1872)
  • Les Templiers (1873) - perdu
  • L'Adorable Bel-Boul, opérette (1874) - Lyon: Symétrie, 2018
  • Bérangère et Anatole, opérette (1876) - non publiée
  • Le Roi de Lahore, opéra (1877)
  • Robert de France, drame lyrique (1880) - perdu
  • Hérodiade, opéra (1881)
  • Les Girondins, drame lyrique (1881) - perdu
  • Montalte, drame lyrique (1883) - perdu
  • Manon, opéra-comique (1884)
  • Le Cid, opéra (1885)
  • Esclarmonde, opéra romanesque (1889)
  • Le Mage, opéra (1891)
  • Werther, drame lyrique (1892)
  • Kassya, opéra (1893)[14]
  • Thaïs, comédie lyrique (1894)
  • Le Portrait de Manon, opéra-comique (1894)
  • La Navarraise, épisode lyrique (1894)
  • Sapho, pièce lyrique (1897)
  • Cendrillon, conte de fées (1899)
  • Grisélidis, conte lyrique (1901)
  • Le Jongleur de Notre-Dame, miracle (1902)
  • Chérubin, comédie chantée (1905)
  • Ariane, opéra (1906)
  • Thérèse, drame musical (1907)
  • Bacchus, opéra (1909)
  • Don Quichotte, comédie héroïque (1910)
  • Roma, opéra tragique (1912)
  • Panurge, « haulte farce musicale » (1913) - posthume
  • Cléopâtre, opéra (1914) - posthume
  • Amadis, opéra légendaire (1922) - posthume

Drames sacrés et profanes[modifier | modifier le code]

Ballets[modifier | modifier le code]

Musique vocale[modifier | modifier le code]

Musique religieuse[modifier | modifier le code]

Œuvres symphoniques[modifier | modifier le code]

  • Ouverture de concert (1863)
  • Fantaisies nos  1 et 2 pour orchestre
  • Suite n° 1 pour orchestre (1863) - composée à la villa Médicis et créée en 1867
  • Visions, poème symphonique (1891)
  • Pompéia, suite symphonique (1866) - non publiée
  • Suite n° 2 pour orchestre dite Scènes hongroises (1871)
  • Suite n° 3 pour orchestre dite Scènes dramatiques (1874)[16]
  • Suite n° 4 pour orchestre dite Scènes pittoresques (1874)
  • Lamento pour orchestre (1875) - dédié à Georges Bizet
  • Suite n° 5 pour orchestre dite Scènes napolitaines (1876)
  • Suite n° 6 pour orchestre dite Scènes de féerie (1881)
  • Suite n° 7 pour orchestre dite Scènes alsaciennes (1882)
  • Parade militaire, morceau de genre pour orchestre (1887)
  • Fantaisie pour violoncelle et orchestre (1897)
  • Concerto pour piano (1902)

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Musique de scène[modifier | modifier le code]

Musique pour piano[modifier | modifier le code]

Massenet par Sem

Musique pour orgue[modifier | modifier le code]

Mélodies[modifier | modifier le code]

  • À Colombine (Sérénade d’Arlequin) (Louis Gallet)
  • À la trépassée (Armand Silvestre)
  • À la Zuecca (Alfred de Musset)
  • À Mignonne (Gustave Chouquet)
  • Adieu (Armand Silvestre)
  • L'air du soir emportait (Armand Silvestre)
  • Les Alcyons (Joseph-Antoine Autran)
  • L'Âme des oiseaux (Elena Vacarescu)
  • Anniversaire (Armand Silvestre)
  • Aubade (Gabriel Prévost)
  • Automne (Paul Collin)
  • Berceuse (Gustave Chouquet)
  • Les Bois de pins (Camille Distel)
  • Bonne nuit ! (Camille Distel)
  • Ce que disent les cloches (Jean de la Vingtrie)
  • C'est l'amour (Victor Hugo)
  • Chant provençal (Michel Carré)
  • Comme autrefois (Jeanne Dortzal)
  • Crépuscule (Armand Silvestre)
  • Dans l'air plein de fils de soie (Armand Silvestre)
  • Déclaration (Gustave Chouquet)
  • Élégie (Louis Gallet)
  • Les Enfants (Georges Boyer)
  • Épitaphe (Armand Silvestre)
  • L'Esclave, op. 12 no 1 (Théophile Gautier)
  • Être aimé (Jules Massenet d'après Victor Hugo)
  • Les Femmes de Magdala (Louis Gallet)
  • Feux-follets d'amour (Madeleine Grain)
  • Guitare (Victor Hugo)
  • Le sais-tu? (Stéphan Bordèse)
  • La Lettre (Catulle Mendès)
  • Lève-toi (Armand Silvestre)
  • Loin de moi ta lèvre Qui Ment (Jean Aicard)
  • Madrigal (Armand Silvestre)
  • Les Mains (Noël Bazan)
  • La Mort de la cigale (Maurice Fauré)
  • Musette (Jean-Pierre Claris de Florian)
  • Narcisse à la fontaine (Paul Collin)
  • Néére (Michel Carré)
  • Nocturne (Jeanne Dortzal)
  • Nouvelle chanson sur un vieil air (Victor Hugo)
  • Nuit d'Espagne (Louis Gallet)
  • Les Oiselets (Jacques Normand)
  • Ouvre tes yeux bleus (Paul Robiquet)
  • Pensée d'automne (Armand Silvestre)
  • Le Portrait d'une enfant, op. 12 no 4 (Pierre de Ronsard)
  • Pour qu'à l'espérance (Armand Silvestre)
  • Prélude (Armand Silvestre)
  • Première danse (Jacques Normand)
  • Le Printemps visite la Terre (Jeanne Chaffotte)
  • Puisqu’elle a pris ma vie (Paul Robiquet)
  • Que l'heure est donc brève (Armand Silvestre)
  • Rêvons, c'est l'heure (Paul Verlaine)
  • Riez-vous (Armand Silvestre)
  • Rondel de la belle au bois (Julien Gruaz)
  • Rose de mai (S.Poirson)
  • Roses d’Octobre (Paul Collin)
  • Le Sentier perdu (Paul de Choudens)
  • Sérénade (Molière)
  • Sérénade aux mariés, op. 12 no 2 (Jules Ruelle)
  • Sérénade de Zanetto (François Coppée)
  • Sérénade du passant (François Coppée)
  • Si tu veux, Mignonne (Georges Boyer)
  • Soir de rêve (Antonin Lugnier)
  • Soleil couchant (Victor Hugo)
  • Sonnet (Georges Pradel)
  • Sonnet matinal (Armand Silvestre)
  • Sonnet payen (Armand Silvestre)
  • Souhait (Jacques Normand)
  • Sous les branches (Armand Silvestre)
  • Souvenez-vous, Vierge Marie! (Georges Boyer)
  • Souvenir de Venise (Alfred de Musset)
  • Stances (Adieux) (L. Gilbert)
  • Sur la source (Armand Silvestre)
  • Un adieu (Armand Silvestre)
  • Un souffle de parfums (Armand Silvestre)
  • La Veillée du Petit Jésus (André Theuriet)
  • Le Verger (Camille Distel)
  • La Vie d'une rose, op. 12 no 3 (Jules Ruelle)
  • Voici que les grans lys (Armand Silvestre)
  • Voix suprême (Antoinette Lafaix-Gontié)
  • Vous aimerez demain (Armand Silvestre)

Écrits[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Opéras
Œuvres symphoniques
Mélodies

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Paris, Bordas, , 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 707.
  2. Arbre généalogique d'Alexis Massenet.
  3. Louis Schneider , Massenet, op. cit., p. 31.
  4. Béatrice et Ariane Massenet, « Jules Massenet par ses petites nièces », Au cœur de l’histoire, Europe 1, 19 mars 2012.
  5. Le 14 février 1896, « Cote LH/1778/38 », base Léonore, ministère français de la Culture
  6. Danièle Pistone, « Jules Massenet : à 36 ans, il entrait à l’Académie des beaux-arts ! » , Canal Académie, 30 janvier 2012.
  7. Danielle Porte, « Jules Massenet par ses petites nièces », Au cœur de l’histoire, Europe 1, 19 mars 2012.
  8. Site officiel de la mairie.
  9. En tant que demi-frère du quadrisaïeul (arrière-arrière-arrière-grand-père).
  10. Happy Hour, Canal+, 17 juillet 2012.
  11. Radio-Canada, « 14 voix québécoises réunies pour le plus grand enregistrement lyrique du Canada », Radio-Canada, 18 décembre 2020.
  12. Composé dans le cadre d'un concours, dont le prix fut attribué à Eugène Diaz, et réemployé ultérieurement dans Le Roi de Lahore, Les Érinnyes, Marie-Magdeleine, Ève et La Vierge.
  13. Composée dans le cadre d'un concours, dont le prix fut attribué à Charles Lenepveu.
  14. Œuvre de Léo Delibes (1836-1891), reprise par Ernest Guiraud (1837-1892) et achevée par Massenet
  15. Composée dans le cadre d'un concours dont le prix fut attribué à Camille Saint-Saëns.
  16. Composée avant la suite n° 4 mais créée après en 1875.
  17. Mairie de Paris
  18. « Théâtre Massenet », sur PSS-Archi (consulté le 15 décembre 2014)..
  19. « Disciples de Massenet », Encyclopédie de la musique au Canada.
  20. Musée Sacem, Jules Chaplain dans les collections.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Partitions[modifier | modifier le code]