Jeanne-Louise Dumont, dite Louise Farrenc, née le à Paris et morte le dans la même ville, est une compositrice, pianiste et professeure de piano française.
Elle entreprend des études de piano avec sa marraine Anne-Élisabeth-Cécile Soria[5], une disciple du compositeur Muzio Clementi, puis devient élève en piano d'Ignaz Moscheles et Johann Nepomuk Hummel[3]. À l'âge de quinze ans, elle prend des leçons d'harmonie avec Antoine Reicha, célèbre professeur de composition au Conservatoire de Paris[3],[5],[6]. Les leçons privées avec Antoine Reicha s'interrompent en 1821 lorsqu'elle se marie mais reprennent ensuite plus assidument avec l'apprentissage du contrepoint, de la fugue et de l'instrumentation[7]. Sa formation à la composition était ainsi semblable à celle des élèves masculins du Conservatoire de Paris.
Le 28 septembre 1821, elle épouse le flûtiste, compositeur et éditeur de musique Aristide Farrenc (1794-1865)[6]. De cette union naît en 1826 Victorine, leur fille unique, elle aussi pianiste, qui meurt en 1859. Conscient des dons exceptionnels de sa jeune épouse, Aristide Farrenc lui consacre ses activités musicales en créant notamment les Éditions Farrenc[8] et devient rapidement son impresario.
Entre 1842 et 1872, Louise Farrenc enseigne le piano au Conservatoire de Paris en qualité de professeure[9] et non de professeure-adjointe ou répétitrice comme cela était l'habitude pour les femmes à l'époque. Alors que pendant la Commune de Paris, l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés réclame l'égalité salariale entre hommes et femmes et l'obtiendra partiellement pour les institutrices, elle finit même par obtenir un salaire égal à celui de ses collègues masculins à ce poste au bout de 8 années de lutte[10]. Il reste que Louise Farrenc n'était pas la première femme à professer le piano au sein de l'école ; avant elle, Hélène de Montgeroult y avait enseigné de 1795 à 1798. Mais depuis le départ d'Hélène de Montgeroult aucune femme n'avait eu un poste de professeure au Conservatoire de Paris. Louise Farrenc se voit donc attribuer une classe de piano pour femmes. Les classes, celle de piano entre autres, étaient séparées selon le sexe des élèves et ne devinrent mixtes qu'en 1915 sous le directorat de Gabriel Fauré[11].
En 1845, les Trente études dans tous les tons majeurs et mineurs, op. 26 (publiées en 1839) sont adoptées par le Conservatoire de Paris comme méthode officielle pour les classes de piano ; ces études deviennent ainsi un ouvrage pédagogique de référence[12]. En janvier 1843, Victorine Farrenc entre comme élève dans la classe de piano de sa mère au Conservatoire. Dès la première année elle obtient un premier accessit, puis un premier prix de piano l'année suivante[13]. Parallèlement à son professorat au Conservatoire, Louise Farrenc continue de travailler la composition et de donner des leçons privées de piano.
Elle contribue activement avec son mari à la publication des 20 livraisons du recueil de musique pour clavecin et piano Le Trésor des pianistes, publication qu'elle poursuit après la mort de son mari en 1865[14].
L'œuvre de Louise Farrenc reste néanmoins largement méconnue de nos jours. La raison principale en est sans doute que la compositrice s'est essentiellement consacrée à la musique instrumentale et n'a jamais composé d'opéra alors que ce genre était très prisé en France, surtout au XIXe siècle. Le guide des Sources pour l'histoire des femmes avance qu'elle était pourtant ovationnée par ses contemporains, puis fut oubliée et négligée comme tant d'autres compositrices et compositeurs[22].
Catherine Legras distingue chez Louise Farrenc trois périodes de composition : entre 1825 et 1839, des œuvres pour piano majoritairement, puis entre 1840 et 1858 de la musique de chambre et symphonique, enfin des œuvres exclusivement pour piano entre 1858 et 1864[23].
Il existe 49 œuvres dotées d'un numéro d'opus. À son catalogue, ici classé par genre musical et chronologiquement, figurent[24] :
Symphonies nos 1 et 3 - NDR Radiophilharmonie, dir. Johannes Goritzki (2- et 10-, CPO) (OCLC611337953)
Symphonies no 1 et 3 - Insula orchestra, dir. Laurence Equilbey (Erato, 2021)
Symphonie no 2 ; deux ouvertures - NDR Radiophilharmonie, dir. Johannes Goritzki ( et , CPO) (OCLC56528998)
L'intégrale des symphonies - Orchestre de Bretagne, dir. Stefan Sanderling (24-26 et 28 avril 2001, Pierre Verany)
Symphonies nos 2 et 3 - Solistes européens, Luxembourg, dir. Christoph König (Naxos, 2018)
Trio pour violon, violoncelle et piano, opus 45 - Trio Streicher (, Music & Arts) (OCLC1011753449) — avec le trio opus 17 de Clara Schumann
Trios avec piano, opus 33 et 44 - Linos-Ensemble (9-, CPO) (OCLC723956356)
Quintettes pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse opus 30 et 31 - Linos-Ensemble : Konstanze Eickhorst, piano ; Winfried Rademacher, violon ; Barbara Westphal, alto ; Mario Blaumer, violoncelle ; Jörg Linowitzki, contrebasse (, CPO) (OCLC31630180)
Nonette pour cordes et vents ; Mélodie en la bémol majeur ; Variations concertantes pour violon et piano ; Études op. 26 n° 17 et 18* ; Trio pour clarinette, violoncelle et piano op. 44 - Brigitte Engerer et Jean-Frédéric Neuburger*, piano ; Guillaume Sutre, violon ; Romain Guyot, clarinette ; François Salque, violoncelle ; Philippe Bernold (flûte) ; François Leleux (hautbois) ; André Cazalet, cor ; Gilbert Audin, basson ; Miguel da Silva, alto ; Vincent Pasquier, contrebasse (concert, Paris, auditorium du Louvre, 5-, Naïve V 5033) (OCLC70139834)
Sextuor en do mineur, op. 40 (avec diverses œuvres pour vents de Poulenc, Roussel, Caplet, Mozart, Beethoven, Thuille et Rimski-Korsakov) - Les Vents français (Warner Classics, 2014) - Choc de Classica
Œuvres pour piano : Variations brillantes op. 15, Air russe varié op. 17, Valse brillante op. 48, Nocturne op. 49 et neuf études de l'opus 26 - Konstanze Eickhorst, piano (28-, CPO) (OCLC54432489)
Variations pour piano : Variation op. 10, Variations brillantes op. 15, Air russe varié op. 17, Grandes Variations op. 25 - Biliana Tzinlikova, piano (27-, Paladino Music)
↑Constant Pierre, Le Conservatoire national de musique et de déclamation : documents historiques et administratifs : recueillis ou reconstitués par Constant Pierre..., Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 443
↑Robert Wangermée, « Préface », dans François-Joseph Fétis, Correspondance, Éditions Mardaga (lire en ligne), p. 16
↑Revue et gazette musicale de Paris, (lire en ligne), p. 108
↑Antoine Elwart, Histoire de la Société des concerts du Conservatoire impérial de musique, avec dessins, musique, plans, portraits, notices biographiques, etc., Paris, Castel, (lire en ligne), p. 248
↑François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique. Supplément et complément. [vol. 1] / par F.-J. Fétis ; publ. sous la dir. de M. Arthur Pougin..., Paris, Firmin Didot, 1878-1880 (lire en ligne)
↑Société des auteurs et compositeurs dramatiques, Annuaire de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, (lire en ligne), p. 181