Caroline Branchu
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Caroline Branchu dans le rôle de Julie dans La Vestale de Spontini en 1807.
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PassyVoir et modifier les données sur Wikidata
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Père-Lachaise - Division 23 - Branchu 01.jpg
Tombeau de Mme Branchu au Père-Lachaise.

Rose Timoléone Caroline Branchu, née Caroline Chevalier de Lavit à Cap-Français le et morte à Passy le , est une soprano française.

Formation[modifier | modifier le code]

Ses remarquables dispositions musicales lui valent la protection du chevalier de Saint-George, célèbre violoniste qui la fait entrer au Conservatoire de Paris le . Elle en sort avec le premier prix de chant en et celui de déclamation lyrique en . Elle y a notamment pour professeurs Dugazon et Garat. Ce dernier, qui la tient en haute estime, écrit en  : « Cette enfant a un instinct étonnant de la scène. Elle dépassera Madame de Saint-Huberty. C’est une âme de feu, ayant à son service une voix dont le timbre réveillerait Gluck. »

Débuts à l’Opéra[modifier | modifier le code]

Engagée à l’Opéra, alors théâtre de la République et des Arts, elle débute le dans Œdipe à Colone de Sacchini, puis dans Iphigénie en Aulide de Gluck. Très vite, elle devient la coqueluche du public, suscitant l’inquiétude de ses rivales. Ainsi Mme Maillard, première chanteuse de l’Opéra : « Les voilà qui font jouer des sujets de leurs écoles et nous restons là. En effet, le 8, il doit y en avoir une, la nommée Chevalier, une mulâtre qui chante assez bien, a-t-on dit. » Peu de temps après, la future duchesse d’Abrantès écrit en effet : « L'orchestre avait commencé son sabbat harmonique, donnant le diapason à Laforest et Laîné qui criaient tous deux à qui mieux mieux, tandis que Mme Maillard leur tenait tête avec des poumons dignes d’une Romaine des temps antiques, nous faisant regretter que Mlle Chevalier n’occupât point la scène. »

En , elle épouse le danseur Isaac Branchu. En , elle se trouve à la 5e place, après Mmes Maillard, Latour, Henry et Armand, dans l’ordre des préséances des cantatrices.

Maîtresse de Napoléon ?[modifier | modifier le code]

Ce serait dans le rôle d’Iphigénie, le , tout de suite après la paix d'Amiens, que Caroline aurait attiré l’attention de Napoléon et serait devenue sa maîtresse. En tout état de cause, sa carrière connaît alors une belle accélération : elle passe du 5e au 2e rang parmi les cantatrices de l’Opéra, derrière Mme Maillard.

Le , elle devient officiellement cantatrice de la musique particulière de Napoléon, puis première chanteuse de la Chambre impériale, avec 3 000 francs de traitement, et 2 000 à son mari, danseur intégré dans le corps de ballet. À la retraite de Mme Maillard en , Caroline passe enfin au premier rang des cantatrices de l’Opéra.

Une diva avant l’heure[modifier | modifier le code]

Elle tient durant sa carrière pas moins de 91 rôles et s'illustre dans ses interprétations de Gluck, Piccinni, Paisiello, Cherubini, Spontini. On compte parmi ses plus belles créations La Vestale, pour laquelle elle joue Julia lors de la première en [1], Fernand Cortez, Les Bayadères, Les Abencérages, La Jérusalem délivrée, Olympie.

Retraite[modifier | modifier le code]

Caroline prend sa retraite le avec une représentation d’Olympie (recette : 12 300 francs environ). Elle s’enflamme alors pour un aventurier désargenté, de dix ans son cadet, Claude-Charles Pierquin de Gembloux. On connaît le déroulement et la fin malheureuse de l’idylle par les billets échangés par les amants, qui se piquaient tous deux de poésie, et par la correspondance entre Caroline et son amie Marceline Desbordes-Valmore, quand son compagnon l’eut abandonnée. Les deux femmes sont en effet très liées et logent même ensemble, 20 rue Coquenard, après 1834.

Elle est inhumée dans la 23e division du cimetière du Père-Lachaise à Paris[2]. Son buste se trouve à l’Opéra, où se trouvait également, entre 1859 et l’incendie de 1873, un portrait peint par Isidore Péan du Pavillon, élève de David.

Jugements[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 1819 p. (ISBN 978-2-213-60017-8), p. 1443
  2. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Paris, Mémoire et Documents, Versailles, , 870 p., 25 cm (ISBN 978-2-91461-148-0, OCLC 470550471), p. 146

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