Girard de Beaulieu
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Une scène du Ballet comique de la reine, 1581.

Girard de Beaulieu (parfois improprement nommé Lambert de Beaulieu[1]), mort après 1589, est un compositeur et chanteur français (basse) actif dans le dernier tiers du XVIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a été employé dans la Maison du roi à partir de 1572, sous Charles IX puis Henri III. Le détail de ses charges s’établit comme suit[2] :

Beaucoup de ses gages lui sont attribués en même temps qu’à sa femme. Lui et sa femme semblent avoir été particulièrement appréciés - on suppose qu’ils étaient virtuoses - puisque le roi et la reine leur ont accordé plusieurs gratifications, pouvant monter jusqu’à 750 lt comme en 1572, outre des pensions[3].

Beaulieu a probablement participé aux travaux de l’Académie de musique et de poésie suscitée par Jean-Antoine de Baïf, puisqu’il est cité par Fabrice Marin Caietain dans la dédicace de ses Airs de 1576[4] comme ayant corrigé ses airs, de même que Courville :

... j’ay fréquenté l’escole de Messieurs de Courville et Beaulieu, l’un Orphée, l’autre Arion de France, leur vertu et nostre amitié me permettent de les appeler ainsi, car ils ne sont seulement excellents aux récits de la Lyre, mais tres doctes en l’art de musique et parfaits en la composition des airs...

En 1581 il chante au puy de musique d'Évreux, avec les autres musiciens de la chapelle et de la Chambre du roi[5].

Beaulieu a également fait partie, avec d’autres musiciens de la Chambre du roi tels Salmon et Claude Balifre, des membres de la Congrégation des Pénitents de l'Annonciation, érigée par Henri III[6]. En 1589 il fait encore partie de la maison de la reine Louise de Lorraine-Vaudémont, en même temps que sa fille.

Il est enterré le à Saint-Nicolas-des-Champs ; il est dit alors maître de musique du chevalier d'Aumale[7].

Famille[modifier | modifier le code]

Sa femme était la chanteuse et luthiste génoise Violante Doria[8] ; il leur arrivait de chanter ensemble, elle s’accompagnant au luth, comme cela est arrivé dans le Ballet comique de la reine[9]. Ils ont eu une fille prénommée Claude, qui est mentionnée en 1589 comme luthiste de la reine aux gages annuels de 400 lt[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Édition moderne : Lambert de Beaulieu, Airs, dans la collection The Sixteenth Century Chanson, ed. Jane A. Bernstein. Routledge, 1994. 280 p. (ISBN 978-0824031084).
Sur la notation des rythmes dans ces airs, voir Cœurdevey 2010 p. 24-25.

Réception[modifier | modifier le code]

Il est encore cité en 1636 par Marin Mersenne dans la Préface au lecteur[11] de son Harmonie universelle comme un des plus excellents chanteurs du siècle passé :

Girard de Beaulieu basse de la Chambre du roi, a mieux chanté que nul autre, & Courville tant le père que le fils ont quasi laissé le désespoir à la postérité de pouvoir les égaler’’.

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il a été erronément prénommé Lambert dans une correspondance de Rodolphe II, empereur romain-germanique, à son ambassadeur à Paris, comme le relate Fétis 1866, vol. I p. 266.
  2. Voir le détail des sources dans Brooks 2000 p. 423-426, et dans Handy 2008 p. 373.
  3. Même source.
  4. Cités plus bas.
  5. Bonnin 1837 p. 23-24.
  6. ’’Statuts de la Congrégation des Pénitents’’ : Paris BNF (Mss.) : Ms. N.A.F. 7549 f. 20v, cité d’après Petey-Girard 2008 p. 615. Paris BNF (Mss.) : Ms. Mélanges Colbert 49 pièce 325 bis, et 82 f. 61v, 73v et 95r, cités d'après Handy 2008 p. 373.
  7. Brossard 1965 p. 26.
  8. Brooks 2000 p. 201.
  9. Sur la pratique du chant en dialogue à cette époque, voir Brooks 2003, où Beaulieu et sa femme sont souvent cités.
  10. Paris BNF (Mss.) : Ms. Clairambault 1216 f. 68v, cité d’après Brooks 2000 p. 423 et Handy 2008 p. 526.
  11. Au f. A5v.

Références[modifier | modifier le code]