Raymond François Léon Pillet est le fils de Fabien Pillet, écrivain, journaliste et administrateur français[1]. Après des études au lycée Napoléon (aujourd’hui lycée Henri-IV), il fait des études de droit et travaille pour l’avocat Mauguin[2]. Il est le frère de Camille Pillet.
En 1827, il participe à la création du Nouveau Journal de Paris, où il s’occupe de la rédaction du feuilleton dramatique.
Au moment de la suppression des privilèges des grands journaux, le journal se transforme en feuille politique, soutenant l’opinion libérale. Léon Pillet devient alors rédacteur en chef et gérant responsable du journal. Il signe en la protestation des journalistes[2]. Pendant la Révolution de Juillet, le rythme de publication du journal, qui s’appelle désormais le Journal de Paris s’accélère, délivrant plusieurs numéros par jour les 26, 27 et .
Après la révolution, le journal, qui a soutenu le nouveau régime de Louis-Philippe, est cédé à une nouvelle société et devient une feuille ministérielle[1].
En 1832, Léon Pillet devient l’officier d’ordonnance du duc d’Orléans au siège d’Anvers. La même année, il est décoré, et reçoit le titre de maître des requêtes en service extraordinaire en 1834. Il est nommé commissaire royal près du théâtre de l’Opéra en 1838.
Outre des lettres et des mémoires, Léon Pillet est également l’auteur de plusieurs œuvres, qu’il signe sous les pseudonymes de Renaud et Léon[3], notamment :
L'Obstiné ou les Bretons (1837), vaudeville en 1 acte[4]
La Liste de mes maîtresses (1838) comédie en 1 acte co-écrit avec Regnault[5]
Un mari du bon temps (1841), comédie chantée en 1 acte, co-écrit avec Regnault[6]
Cabaret de la veuve (1841), vaudeville en 1 acte, co-écrit avec Jules de Prémaray[7]
Mazurka ou les Clarinettes et les Marionnettes (1844), vaudeville en 1 acte co-écrit avec Adolphe Vaunois
Vendetta (1839) opéra en 3 actes, co-écrit avec Adolphe Vaunois, musique de Henri de Ruolz[8]
De la situation actuelle des théâtres royaux et notamment de celle de l’Académie de Musique (1844)
Léon Pillet vend le Journal de Paris en 1840, et devient co-directeur de l’Opéra de Paris aux côtés d'Henri Duponchel fin [2]. Dix-huit mois plus tard, Henri Duponchel le laisse seul à la tête du théâtre de l’Opéra de Paris, en .
Wagner vend à Léon Pillet pendant ces années le livret de son opéra Le Hollandais Volant pour 500 francs, mais ne réussit pas à convaincre le directeur de l’Opéra de produire son œuvre[9]. Pillet utilise par la suite l’idée de Wagner pour monter Le Vaisseau fantôme, sur une musique de Pierre-Louis Dietsch (d’après le livret de Paul Foucher), mais qui fut un échec auprès du public[10].
Durant ses années à la tête de l’institution, Léon Pillet entretient une liaison avec Rosine Stoltz, mezzo-soprano de l’Opéra de Paris. Les caprices de celle-ci sont à l'origine de fortes tensions, se traduisant, par exemple, par le blocage de la production de l'opéra, pourtant achevé, Le Prophète de Meyerbeer. C’est cette liaison qui accélère sa chute en 1847, le forçant à démissionner après un scandale survenu lors de la première représentation de l'opéra Robert Bruce[1].
Opéras et ballets représentés pour la première fois à l’Opéra de Paris dans la période 1841-1847[modifier | modifier le code]
Les œuvres suivantes ont été représentées pour la première fois durant les années de Léon Pillet à la tête de l’Opéra national de Paris :
En 1859, Léon Pillet est nommé Consul de France à Nice. Il demeure à ce poste jusqu’en 1861, année où il devient Consul à Cagliari, puis à Palerme[11]. Il meurt à Venise le .
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