Militante au sein du parti Europe Écologie Les Verts (EELV) à partir de sa création en , elle y exerce des responsabilités d’élue régionale et de cadre du parti : de 2010 à 2015, elle est vice-présidente du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle intègre le bureau exécutif d’EELV en , est nommée porte-parole en et devient secrétaire nationale adjointe de la formation trois ans plus tard.
Elle étudie à l'université de Poitiers avant d'intégrer l'université de Lille. En , elle obtient un doctorat en économie industrielle avec les félicitations du jury, pour une thèse intitulée « Économie et environnement, une analyse régulationniste de la rente environnementale », qui aborde les rapports sociaux à l’environnement et leur impact sur les processus d’accumulation[3],[4].
Elle est également depuis vice-présidente en charge de la « Vie étudiante, Vie de Campus / Développement durable et Égalité Femmes/Hommes » de l'université[8]. Fonctions qu’elle exerce dans la direction de l'université Lille-I d'abord puis, à l’issue de la fusion de cette dernière avec les universités Lille-II et Lille-III en , de l’université de Lille[9].
Dans les actions qu’elle y initie ou accompagne, il y a notamment la création de chantiers « nature » pour restaurer les écosystèmes des campus[10] et de potagers participatifs à destination des étudiants, enseignants et membres du personnel de l’université[11] ou encore la mise à disposition gratuite de vélos pour traverser les campus[12] et l'ouverture d’une Maison du vélo à la Cité scientifique[13]. Sur le volet égalité femmes-hommes, le projet Université avec un grand Elles qui met en lumière les femmes qui ont fait l'université de Lille[14], le renommage au féminin de plusieurs amphithéâtres après un vote des étudiants[15], mais aussi la lutte contre les violences à travers l’organisation de manifestations culturelles et de sensibilisation (Les Monologues du vagin[16],[17], des « Semaines de l'égalité »[18]), la mise en place de référents « violences sexistes et sexuelles » dans les soirées étudiantes[19], les ateliers d’autodéfense verbale[20], le pilotage de la cellule de lutte contre le harcèlement[21].
Sandrine Rousseau est également auteure de romans policiers. En 2007, son premier polar s'intitule Épluchures à la lilloise. Un bien étrange inspecteur mène l'enquête[29]. L'année suivante, elle publie Qu'est-ce qui fait pleurer les flics ?[30].
En 2009, Sandrine Rousseau adhère au nouveau mouvement Europe Écologie Les Verts, fruit d’une ouverture du parti des Verts en vue de la constitution de listes aux élections européennes. Elle indique avoir été sollicitée après avoir invité le Secours populaire à distribuer à la faculté des repas aux étudiants précaires, en tant que « vice-présidente - vie universitaire » à l’université de Lille, suscitant une polémique nationale[31]. Poussée par un sentiment d’écoanxiété et un besoin d’agir, elle accepte après avoir d'abord refusé la proposition, jugeant trop difficile d’être à la fois enseignante, mère de trois enfants et militante[31]. Son profil d’économiste travaillant dans le milieu universitaire lui permet de progresser rapidement dans les instances locales du rassemblement écologiste[32].
Quelques mois après son adhésion, elle est candidate aux élections européennes, en 5e position sur la liste Nord-Ouest menée par Hélène Flautre, qui l’emporte dans un contexte de victoire historique pour les écologistes[31].
L'année suivante, elle est candidate aux élections régionales françaises de 2010 pour la région Nord-Pas-de-Calais, en 3e position sur la liste du Nord. À la suite de la fusion des listes de gauche, elle est élue au soir du second tour sur la liste d'union conduite par Daniel Percheron (PS). Elle est nommée vice-présidente du Conseil régional, en charge la Recherche et l'Enseignement supérieur (jusqu'en 2015)[33],[34],[35].
Elle met notamment en œuvre le plan campus, vaste projet de constructions et réhabilitations visant à améliorer les conditions de vie des étudiants de la région[36], et développe des programmes innovants de recherche comme « chercheurs citoyens » qui associent chercheurs et associations afin de travailler sur des sujets sociétaux[37]. Elle œuvre au projet de fusion des trois facultés lilloises en une seule grande université (fusion qui sera effective en 2018)[38], soutient et développe des programmes de démocratisation de l'enseignement supérieur, crée le dispositif des emplois étudiants afin de faciliter conciliation des études et emplois[39]. Elle pilote et coordonne le schéma régional d'enseignement supérieur et de recherche, crée une instance de concertation "le parlement du savoir"[40]. En matière de recherche, elle soutient de grands programmes et accompagne l'installation sur la région d'équipements, et de centres de recherche sur le diabète, le cancer[41] ou encore sur les sciences du visuel[42].
À la suite du congrès de Caen (novembre 2013) où elle signe la motion « Pour un cap écologiste ! », elle est réélue en décembre 2013 au bureau exécutif d’EELV[49], chargée cette fois du porte-parolat (avec Julien Bayou), poste qu'elle occupe jusqu'en 2016[50],[51].
Elle mène la liste écologiste aux élections municipales de Villeneuve-d'Ascq en mars 2014, face entre autres au maire historique de la ville, Gérard Caudron, élu depuis 1977 [52]. Elle double le score des écologistes par rapport aux précédentes élections, en obtenant 9,94 % des suffrages au premier tour. A douze voix près, elle ne peut pas se maintenir au second tour[53].
À l'issue du congrès d'Europe Écologie Les Verts de juin 2016, elle conduit sa propre motion et devient secrétaire nationale adjointe du parti aux côtés d'Alain Coulombel, également issu de sa motion, alors que David Cormand est élu secrétaire national[58],[59].
Considérée comme la toute première candidate, en politique française, à se réclamer de l'écoféminisme[69], elle « s’appuie sur un programme écologiquement radical et féministe » selon Reporterre[31]. Elle défend la mise en place d'une comptabilité et de quotas carbone pour les entreprises et les ménages, de taxes sur les biens et services polluants, l'institution de droits pour la nature, la mise en place d'un « revenu minimal d’existence » financé notamment par une fiscalisation du cannabis (dont la consommation serait légalisée), la réduction du temps de travail, la gratuité du premier m³ d’eau, un plus grand pouvoir pour le Parlement, l'instauration d'une forte dose de proportionnelle aux élections législatives et d'un « vote de défiance »[31],[70],[71]. Selon Mediapart, elle « creuse le sillon des luttes contemporaines émanant de la société civile » et « épouse le renouvellement du militantisme antiraciste »[71]. Libération l'estime « très proche sur le plan des idées » de son concurrent Éric Piolle[72].
Elle ne revendique pas de soutien au sein du bureau exécutif d'EELV mais est soutenue par quelques élus dont Alice Coffin[70], des membres de la commission féministe du parti[31] et des artistes telles qu'Eve Ensler, Céline Sciamma et Adèle Haenel[73]. Son équipe de campagne est composée principalement de néophytes en politique, avec une minorité de militants traditionnels[31]. Selon Mediapart, elle « prône « une alliance la plus large possible sur un programme de rupture et d’écologie sociale », de fait, plus raccord avec les Insoumis qu’avec les socialistes »[71]. Libération indique que « sa radicalité attire une partie des militants écologistes, souvent jeunes », et que ceux de La France insoumise« l’observent avec une forme de bienveillance » et « aimeraient la voir gagner pour tenter un rapprochement dans la foulée »[74]. Elle entretient de bonnes relations avec Jean-Luc Mélenchon[75],[76].
À l'approche du premier tour, elle apparaît comme la candidate de la primaire la plus visible médiatiquement en raison des polémiques liées à ses prises de position radicales[72].
Ses engagements la portent de l’écologie au féminisme et aux questions socio-économiques (notamment l’emploi), qu’elle aborde dans des revues universitaires, des publications dans les grands médias nationaux[77],[78],[79],[80] ou des ouvrages grand public. Ses derniers livres d’intervention ont été consacrés, dans une optique féministe, aux services à la personne, notamment les services de ménage à domicile[81],[82],[83],[84], au programme social des écologistes[85] et à la place des femmes en politique[86],[87],[88],[89].
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En 2017, elle dépose un recours contre l'État pour inaction sur la pollution, après une série de pics de pollution dans le Nord de la France, face auxquels aucune mesure n’avait été prise[90]. Le jugement du tribunal administratif reconnaît la carence fautive de l'État sans toutefois le condamner. C'est la première fois que la gestion de la pollution par l'État dans une ville, en dehors du protocole européen, fait l'objet d'une qualification en carence fautive[91].
En 2017, elle crée l'association Parler, une association d'entraide entre victimes de violences sexuelles. Elle lance un appel aux dons et aux bénévoles pour pouvoir enclencher les premières actions de l'association. Quatre antennes ouvrent dès janvier 2018[93] où, chaque mois, sont accueillies des femmes victimes de violences sexuelles et où sont animées des groupes de parole. En 2020, l’association est présente dans une dizaine de villes de France. En 2021, l'association devient En parler. La même année, quand elle se déclare candidate à la primaire écologiste, Sandrine Rousseau en quitte la présidence.
En parallèle de son investissement au sein de son association, elle intervient régulièrement dans le débat sur les violences faites aux femmes, et plus largement sur l’égalité femmes-hommes, dans le cadre du mouvement MeToo en France et féministe revendiquée[94],[95].
Étudiante, elle s’engage à Chiche !, les jeunes écolos alternatifs. À l’université, elle se syndique au SNESUP, syndicat national de l'enseignement supérieur[1], et devient vice-présidente chargée de la Vie étudiante et de l'Égalité femmes/hommes. Elle fait adopter en 2008 une Charte pour l’égalité entre hommes et femmes à l’université de Lille 1[96]. En 2005, elle intègre le comité de rédaction de la revue écologiste EcoRev'.
En mai 2016, elle fait partie des quatre élues avec Isabelle Attard, Elen Debost et Annie Lahmer qui accusent le député Denis Baupin de harcèlement sexuel et d'agressions sexuelles dans le cadre d'une enquête réalisée par Mediapart et France Inter[97]. À la suite de ces accusations, le 9 mai 2016, Denis Baupin démissionne de la vice-présidence de l'Assemblée nationale. Le 6 mars 2017, l'affaire est classée sans suite, pour prescription[98].
Denis Baupin porte plainte en diffamation contre les journalistes qui ont réalisé l'enquête, Lénaïg Bredoux de Mediapart et Cyril Graziani de France Inter, ainsi que contre le parti Europe Ecologie les Verts. Il annonce déposer plainte pour dénonciation calomnieuse contre les femmes qui l'accusent[99].
En septembre 2017, elle publie un livre, Parler, qui raconte le parcours de la combattante que lui a imposé cette affaire, de la prise de parole au dépôt de plainte[100].
Le 30 septembre 2017, elle est invitée dans l'émission On n'est pas couché sur France 2 présentée par Laurent Ruquier, en lien avec son récent livre Parler suscité par l’affaire Baupin. Elle explique l'agression sexuelle dont elle a été victime de la part de Denis Baupin. Elle accuse ce dernier de l'avoir forcée à l'embrasser dans un couloir. Elle est prise à partie par Christine Angot[101], qui lui explique de façon virulente qu'elle pense que l'expression publique de sa souffrance et l'attente de la sollicitude de son parti politique n'est pas la bonne, ou la seule, façon de se libérer de la souffrance que laisse une agression[102]. Pour cette même émission, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a émis le 20 décembre 2017 une mise en demeure à destination de France Télévisions, soulignant la virulence des attaques des chroniqueurs à son endroit et la complaisance de l’animateur s’agissant d’un « sujet particulièrement grave et douloureux », ainsi que le montage trompeur opéré par la chaîne pour cette émission[103].
Le procès consécutif à la plainte en diffamation initiée par Denis Baupin a lieu en février 2019. Celui-ci est débouté et condamné pour procédure abusive à verser à Sandrine Rousseau, comme aux autres prévenues, 500 euros de dommages et intérêts[104]. Cette victoire par défaut marque néanmoins une étape : c’est la première fois qu’un homme politique est condamné dans une affaire relatives aux violences sexuelles[105],[106].
Dès sa révélation en 2016, cette affaire connaît un retentissement considérable. Six jours après, 17 anciennes ministres, de gauche comme de droite (Roselyne Bachelot, Cécile Duflot, Rama Yade, Chantal Jouanno, Aurélie Filippetti), signent une tribune, intitulée « L’impunité c’est fini », visant à dénoncer le sexisme dans le monde politique[107]. Elles demandent des évolutions législatives pour changer le rapport de force et obtiennent le soutien du premier ministre, Manuel Valls. Quelques semaines plus tard, des collaboratrices parlementaires créent le collectif Chair collaboratrice, pour dénoncer le sexisme à l'Assemblée nationale[108].
Europe Écologie Les Verts et la Mairie de Paris mettent en place des dispositifs internes d'aide et de soutien aux victimes de harcèlement[109],[110].
L’affaire Baupin est considérée en France comme « la première affaire #metoo ». « Ce procès restera comme celui de la « fin de l’omerta » pour des femmes en butte à la domination masculine et dont la parole a été libérée », rapporte le journal 20 Minutes au lendemain de la condamnation du député[111].
D'après elle, si cet épisode marque une rupture dans sa carrière politique, il signe aussi son entrée dans l’engagement associatif, pour la libération de la parole et contre les violences faites aux femmes[112].
Sandrine Rousseau (dir.), Muriel Maillefert et Olivier Petit (préf. Bertrand Zuindeau), Ressources, patrimoine, territoires et développement durable, Bruxelles, Peter Lang, coll. « EcoPolis », , 286 p. (ISBN9789052016481, présentation en ligne).
Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, Le chômage, Paris, Rue des écoles, coll. « Le Monde Sup' », , 96 p. (ISBN978-2-8208-0406-8).
Chapitres d'ouvrages
Sandrine Rousseau et Nicolas Postel, « La RSE, une fragile innovation institutionnelle », dans Olivier Meier et Guillaume Schier, Gouvernance, éthique et RSE : état des lieux et perspectives, Cachan, Hermès Science, coll. « Recherche en management », , 254 p. (ISBN978-2746222915, présentation en ligne)
(en) Sandrine Rousseau, Nicolas Postel et Richard Sobel, « Corporate social responsability : a new regulation of capitalism ? : An institutionalist interpretative framework of CSR, based on the french experience », dans William Sun, Céline Louche et Roland Pérez, Critical studieson corporate responsability : governance and sustainability, vol. 2 : Finance and sustainability : towards a new paradigm ? A post crisis agenda, Bingley, Emerald, , 325 p. (ISBN9781780520926, présentation en ligne), p. 39-63
Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, « L'incitation à la création d'emplois de femmes de ménage est-elle socialement juste ? », Revue de philosophie économique, Paris, Vrin, vol. 2, no 12, , p. 73-95 (ISSN1376-0971, résumé).
Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, « Frontières et perceptions de l’emploi de femmes de ménage : Réponse à A. Wolfelsperger », Revue de philosophie économique, Paris, Vrin, vol. 2, no 12, , p. 109-115 (ISSN1376-0971, résumé).
Sandrine Rousseau, Nicolas Postel et Nicolas Postel, « La responsabilité sociale et environnementale des entreprises : une reconfiguration du rapport salarial fordiste ? », Économie appliquée, Vauban, ISMEA, vol. 59, no 4, , p. 77-104 (lire en ligne, consulté le 24 août 2021).
Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, « L'émergence d'entreprises à but lucratif sur le marché du ménage à domicile permet-elle la professionnalisation des salariées ? », Économies et sociétés, Vauban, ISMEA, vol. 41, no 29, , p. 1869-1893 (lire en ligne)
Sandrine Rousseau et Nicolas Postel, « RSE et éthique d’entreprise : la nécessité des institutions », M@n@gement, AIMS, vol. 11, no 2, , p. 137-160 (lire en ligne, consulté le 25 août 2021)
(en) Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, « The impact of industrialization on paid domestic work : the case of France », European journal of industrial relations, Londres, SAGE, vol. 15, no 3, , p. 297-316 (DOI10.1177/0959680109339414, lire en ligne, consulté le 25 août 2021)
Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, « Comment concilier service relationnel et marges réduites ? : Le cas du secteur du ménage à domicile », Gestion 2000, Louvain-la-Neuve, ARPM, vol. 26, no 2, , p. 193-208 (résumé)
Sandrine Rousseau et Nicolas Postel, « Jalons pour une analyse conventionnaliste de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise », Revue de l'organisation responsable, Paris, ESKA, vol. 5, no 1, , p. 39-50 (lire en ligne, consulté le 25 août 2021)
(en) Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, « Working hours and sustainable development », Review of social economy, Londres, Routledge, vol. 69, no 3, , p. 333-355 (DOI10.1080/00346764.2011.563507, résumé)
Sandrine Rousseau, « La croissance : une solution de sortie de crise ? », Études sur la mort, Paris, L'Esprit du temps, vol. 2, no 148, , p. 9-19 (lire en ligne)
↑Marine Dessaux, « Les étudiants-jardiniers avec le », sur Campus Matin : Le magazine des professionnels et des académiques de l’enseignement supérieur et de la recherche (consulté le 11 septembre 2020).
↑M.V., « Élections régionales : Sandrine Rousseau tête de liste d’Europe Écologie - Les Verts », La Voix du Nord, (lire en ligne, consulté le 11 mai 2015).
↑« Violences sexuelles : « Brandir la menace d’une erreur judiciaire est une manière d’intimider les femmes » », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le 11 septembre 2020).