Tona Scherchen
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Tona Scherchen, aussi Tona Scherchen-Hsiao (Sinogramme simplifié : 萧桐 ; née le à Neuchâtel), est une des premières compositrices qui apporte des éléments chinois dans l'art musical d'avant-garde européen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tona Scherchen est née dans un milieu musical en Suisse. Son père est le chef d'orchestre Hermann Scherchen et sa mère, la compositrice chinoise Xiao Shuxian. Elle passe les douze premières années de sa vie en Europe, notamment en Suisse et est surnommée Ti-tigre[1].

Elle s'installe en Chine en 1950 avec sa mère et sa sœur aînée, Féfé, où elle apprend les traditions chinoise et notamment le luth pipa[2] et son grand-père maternel l’initie au chinois, à la calligraphie, à la poésie[1]. Elle suit aussi des cours aux conservatoires de Pékin et Shanghai.

En 1956, juste un an avant le chaos politique en Chine, elle retourne en Europe auprès de son père afin de poursuivre son éducation musicale. Ses maîtres comprennent Hans Werner Henze (1961–63) à Salzbourg, Olivier Messiaen (1963–65) au Conservatoire de Paris, Pierre Schaeffer au Groupe de recherches musicales et György Ligeti (1966–67) à Vienne[3],[2]. Elle remporte le prix de Rome en 1964[2], obtient son premier prix du Conservatoire de Paris la même année[1] et peu de temps après, adopte la nationalité française[2].

Dès les années 1960, Tona Scherchen devient une compositrice active, les titres de sa musique apparaissant fréquemment aux programmes des festivals de musique contemporaine. Ses œuvres sont publiés par des éditeurs de renom et plusieurs articles sont publiés sur sa musique. Cependant, après quelques apparitions dans des années 1980, elle cesse apparemment d'attirer l'attention au-delà de son cercle français.

Elle est artiste en résidence à Berlin (1977), Amsterdam, Glasgow, Lyon, ou aux États-Unis (Tanglewood, Los Angeles, Boulder, St-Paul…) et enseigne l’ethnomusicologie à université de Zurich et de Bâle (1969–1971). Elle est titulaire d’un doctorat de chinois de l’Université de Paris-Sorbonne[1].

Prix[modifier | modifier le code]

Elle reçoit divers prix : le prix italien en 1991, un prix de la fondation Koussevitzky en 1979 pour l’ensemble de son œuvre, le grand prix Hervé Dujardin (1972), de la SACEM (1973) et premier prix du concours de composition de la fondation Gaudeamus[2] (Pays-Bas) pour Tzang en 1967, ainsi que le prix Stéphane-Chapelier-Clergue-Gabriel-Marie" en 1972.

Style[modifier | modifier le code]

La musique de Tona Scherchen est une adaptation de l'idiome d'avant-garde européenne des années 1960 et 1970, synthétisé dans son propre langage[1]. Beaucoup de ses compositions portent des titres chinois, mais l'influence de l'art et de la pensée chinoise est plus conceptuel que littéral[1], « ses œuvres étant exemptes de tout exotisme »[3] ou d'imitation[4]. L'unique exception est « Yi », une suite pour une marimba avec deux interprètes, dans laquelle elle se remémore des airs folkloriques entendus dans ses années chinoises ; c'est une pièce alerte, dédiée à sa mère, avec qui Tona, pendant trois décennies, n'était probablement pas en mesure de communiquer, en raison de la situation politique.

Plusieurs enregistrements des œuvres de Tona Scherchen ont été commercialisés, mais aujourd'hui seul « Lo » pour trombone et cordes, et « Shen » pour six percussionnistes, peuvent être trouvés, bien que toute sa musique éditée soit disponible.

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

Les principaux éditeurs de Tona Scherchen sont Universal Edition et Boosey & Hawkes, ainsi que Breitkopf & Härtel, Alfred Peschek et Amphion.

Orchestre
Musique concertante
Musique de chambre
Piano
Vocale
Autres

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Tona Scherchen » (voir la liste des auteurs).
  1. a b c d e et f Biographie sur site du Centre de documentation de la musique contemporaine.
  2. a b c d et e Grove 2001
  3. a et b Vignal 2005, p. 890
  4. Schiffer 1976, p. 14
  5. Between présenté par l'auteur et Daniel Charles

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]