| Duc du Montferrat | |
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Marguerite Farnèse (depuis ) Éléonore de Médicis (depuis ) |
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| Conflit |
Vincent Ier de Mantoue (de la Maison Gonzague), duc de Mantoue et de Montferrat (en italien : Vincenzo I Gonzaga), est un prince italien né le à Mantoue et mort le à Mantoue. Il fut le quatrième duc de Mantoue (région de Lombardie en Italie) et deuxième duc de Montferrat (région du Piémont).
Fils aîné de Guillaume Ier de Mantoue et d'Éléonore d'Autriche, il succède à son père qui meurt en 1587. Il est alors âgé de 25 ans.
À l'opposé de son père, sévère conservateur, Vincent est d'un naturel pour le moins exubérant voire mégalomane. Il raffole du luxe, des femmes, de l'art. Autant son père a pu être précautionneux, discret et économe, autant Vincent va être irréfléchi, démonstratif et dispendieux. Rien de ce qui est excessif ne lui est étranger. Le luxe, l'élégance, le plaisir, les femmes, le spectacle offert, la collection effrénée d'œuvres d'art, les fêtes « pharaoniques », les voyages où l'important est de faire étalage de ses biens devant les cours européennes visitées.
Vincent restera dans la mémoire de ceux qui le côtoient et pour la postérité, le plus spectaculaire de tous les princes de la famille Gonzague. Il est aussi primesautier ; dans sa quête perpétuelle d'aventures nouvelles, il passe d'un objectif à l'autre, quitte un endroit pour un autre, une cour pour une autre, sur un coup de tête, il abandonne un but qu'il s'était fixé la veille pour un autre et mieux en changer le jour suivant.
Une seule passion le tiendra constamment en haleine, c'est ce qu'on appellerait aujourd'hui sa « collectionite » : la chasse aux œuvres d'art est sa marotte, une passion viscérale pour le beau et le précieux, quasiment légendaire, qui le fait courir aux quatre coins de l'Europe et rencontrer les plus grands artistes de cette seconde partie du Cinquecento. C'est à lui qu'est dû le séjour à Mantoue, vers 1601, de Rubens sans doute rencontré à Venise et qui peindra pour lui plusieurs œuvres dont La famille Gonzague.
L'architecture l'intéresse également. C'est ce qui l'amènera à faire effectuer d'importantes interventions architecturales sur le Palais ducal : comme son père Guillaume et comme le fera ultérieurement son fils Ferdinand, il mettra un point d'honneur à embellir la résidence principale de la famille. Par contre, l'étonnement du visiteur sera l'unique ligne de conduite de Vincent et son palais devra dépasser en luxe et en beauté n'importe quel autre lieu.
Autre domaine artistique, la musique l'intéresse. Cela l'amènera à être le protecteur de Claudio Monteverdi qui commença à travailler à la cour de Mantoue en 1590 comme chanteur et violoniste, puis, à partir de 1602, comme maître de la musique du prince. Ses principales créations seront l’Orfeo en 1607, un des premiers opéras de l'histoire de la musique, et le non moins célèbre Lamento, extrait de son second opéra, L'Arianna, créé en 1608 (le reste de cet opéra brûla avec douze autres, au cours d'une guerre, du vivant même de Monteverdi). C'est à Mantoue également que seront chantées pour la première fois les Vêpres de la Vierge (1610), du même.
L'empereur l'adoubera chevalier de l'Ordre de la Toison d'or en 1589 puis le fera comte de Rodigo et Rivalta en 1591 et, en 1593, il sera élevé au rang de Prince du Saint-Empire romain germanique.
En 1589, il élève le fief de Grane à marquisat.
Le à Plaisance, à l'âge de 18 ans, Vincent, alors prince héritier, épousa Marguerite Farnèse (1567-1643), fille d'Alexandre Farnèse, duc de Parme et de Plaisance et de Marie de Portugal, âgée de 14 ans. Le mariage, sans postérité, fut annulé dès 1583 et Marguerite entra en religion.
Le à Mantoue, Vincent épousa en secondes noces, Éléonore de Médicis (1566-1611), fille de François Ier de Médicis, grand-duc de Toscane et de Jeanne d'Autriche.
Ils eurent six enfants :
Vincent Ier est décédé en 1612, à l'âge de 50 ans, léguant à la postérité le souvenir d'un prince représentatif de l'âge baroque.