Cécile Chaminade
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(à 86 ans)
Monte-CarloVoir et modifier les données sur Wikidata
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Cécile Louise Stéphanie Chaminade, née le à Paris et morte le à Monte-Carlo, est une compositrice et pianiste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une longue lignée de marins et d'officiers, Cécile Chaminade naît aux Batignolles (village alors hors de Paris) le au pied de la colline de Montmartre. Sa mère, excellente pianiste et douée d'une jolie voix, remarque très tôt que Cécile possède une oreille étonnante ainsi qu'une vive sensibilité musicale.

En 1863, son père, directeur d'une compagnie d'assurances anglaise, Cresham, fait construire une villa au Vésinet[1],[2]. La petite Cécile y fait la connaissance de Bizet, de vingt ans son aîné, mais dont la mère s'est liée d'amitié avec Madame Chaminade.

Georges Bizet qui la surnomme « mon petit Mozart » conseille de la faire entendre par Le Couppey, professeur de piano au conservatoire, dans la classe réservée aux jeunes filles. Ce dernier propose d'inscrire Cécile dans sa classe mais se heurte au refus de son père : « Dans la bourgeoisie », dira-t-il, « les filles sont destinées à être épouses et mères. »

Bizet obtient alors que Cécile suive en privé l'enseignement du conservatoire avec Le Couppey pour le piano et Augustin Savard pour l'harmonie, puis Benjamin Godard pour la composition.

Dans les soirées données par son père qui invite des compositeurs célèbres, Cécile accompagne Martin-Pierre Marsick, jeune violoniste belge à la renommée grandissante. Marsick fonde en 1877 un quatuor à cordes, donnant des séances de musique de chambre à la salle Pleyel. C'est à l'occasion de l'une d'elles que, profitant d'un voyage de son père, Cécile Chaminade se produit pour la première fois en public ; elle joue dans des Trios de Beethoven et de Widor[3].

Elle reçoit les encouragements de Camille Saint-Saëns et d'Emmanuel Chabrier[réf. nécessaire] tandis que Georges Bizet l'encourage à se présenter au conservatoire[4].

En 1901, elle épouse Louis-Mathieu Carbonel, éditeur de musique[5] qui meurt en 1907.

Après un timide début avec la première de son Trio no 1 pour violon, violoncelle et piano, opus 11 (1880), elle donne, en 1888, trois partitions symphoniques : le ballet Callirhoë, opus 37 à Marseille, un Concerstück pour piano et orchestre, opus 40[6] et une symphonie dramatique avec chœurs intitulée Les Amazones, opus 26 à Anvers.

Portrait au clavier (1890).

Sa production est importante et on peut citer les ouvrages suivants : une Suite d'orchestre (1881), un opéra-comique La Sévillane opus 10 (1882), un Trio no 2 pour violon, violoncelle et piano, opus 34 (1887) et, sur commande du conservatoire, un Concertino pour flûte et orchestre, opus 107 sa dernière œuvre symphonique.

Son œuvre comporte également 200 pièces pour piano de style romantique avec, notamment, une Sonate en ut mineur pour piano, opus 21 ; Étude Symphonique, opus 28 ; Six Études de concert, opus 35 (Scherzo, Automne, Impromptu…) ; Les Sylvains, opus 60 ; Arabesque, opus 61 ; Six Romances sans paroles, opus 76 (Méditation, Idylle…) ; Étude mélodique, opus 118 ; Pêcheurs de nuit, opus 127 (no 4 des Poèmes Provençaux) ; Romance, opus 137 ; Au pays dévasté, opus 155 ; Nocturne, opus 165

Elle compose aussi environ 150 mélodies dans le style de salon.

Elle débute aux États-Unis en interprétant son Concerstück avec l'orchestre de Philadelphie le .

Cécile Chaminade est une concertiste appréciée particulièrement en France et en Angleterre. Après sa première visite à Londres, elle y revient presque tous les mois de juin dans les années 1890 pour donner un concert annuel, interprétant ses nouvelles chansons et ses œuvres pour piano, engageant des amis tels que Blanche Marchesi et Pol Plançon pour les chanter[7]. Elle sera à chaque fois invitée par la reine Victoria, fort âgée, à séjourner quelque temps à Windsor.

Ses tournées en Europe la conduisent jusqu'en Grèce et en Turquie et, pendant la saison 1907-1908, elle donne vingt-cinq concerts devant des salles combles aux États-Unis et au Canada. À cette occasion, celle dont Liszt aurait dit « Elle me rappelle Chopin »,[réf. nécessaire] est l'hôte à déjeuner de Théodore Roosevelt.

Sépulture de Chaminade au cimetière de Passy.

Quand la guerre éclate, à cinquante-sept ans, elle accepte de prendre la direction d'un hôpital londonien, abandonnant complètement la musique. Après la guerre, elle ne se produit plus en public, mais compose encore de loin en loin.

« Épuisée par des courses incessantes, décalcifiée par les excès d'un régime alimentaire végétarien mal conçu, elle doit être amputée d'un pied en 1936[8]. » Elle se retire du monde à Monte-Carlo, où elle meurt, presque oubliée, le .

Tout d'abord inhumée à Monte-Carlo, sa dépouille est ensuite transférée au cimetière de Passy[9].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Cécile Chaminade est officier d'Académie (), officier de l'Instruction publique () et décorée dans l'ordre national de la Légion d'honneur avec le grade de chevalier[10], la même année que Jacques Isnardon (promotion du )[11]. Elle est la première musicienne à recevoir cette distinction.

In mémoriam[modifier | modifier le code]

Portent son nom :

Œuvre[modifier | modifier le code]

Cécile Chaminade laisse 400 œuvres[12] :

Avec numéro d'opus[modifier | modifier le code]

Sans opus[modifier | modifier le code]

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Cécile Chaminade a enregistré plusieurs pièces sur rouleaux[16], notamment sur système Duo-Art, procédé avec lequel elle a enregistré 11 rouleaux dont cet extrait de ses 6 Romances sans paroles: "Élévation" (opus 76, no 2)[17].

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À l'époque Seine-et-Oise, 39 boulevard du Midi ; aujourd'hui Yvelines, 41 boulevard du Président Roosevelt.
  2. a et b Cécile Chaminade selon Gérard Condé, sur le site de la Société d'histoire du Vésinet.
  3. Les Femmes compositeurs, p. 38.
  4. Florence Launay, Les Compositrices en France au XIXe siècle, Paris, Fayard, , p. 48.
  5. Dossier Léonore, pièce 22.
  6. Actuellement en CD VoxBox CDX 5110 - French Piano Concertos - 1980.
  7. (en) Jonathan Summers, « Cecile Chaminade », NAXOS, Naxos (consulté le 26 février 2014)
  8. G. Condé, Cécile Chaminade, Mots d'amour, mélodies, Deutsche Grammophon, (OCLC 49416634), cité par Loïc Chahine, « Un autre 8 août : 1857, la naissance de Cécile Chaminade », Diapason,‎ (lire en ligne).
  9. « Cimetière de la 13e division », sur landrucimetieres.fr.
  10. « Cécile Chaminade, épouse Carbonel », base Léonore, ministère français de la Culture.
  11. « Les nouveaux décorés », Le Monde artiste : théâtre, musique, beaux-arts, littérature,‎ (ISSN 2427-5212, notice BnF no FRBNF32818188). lire en ligne sur Gallica.
  12. Copie du catalogue complet des œuvres, sur Internet Archive.
  13. Deux mazurkas pour piano, lire en ligne sur Gallica.
  14. a b et c Disponible en version midi par Terry Smythe sur Early women masters.
  15. (it) « Cécile Chaminade : elenco delle composizioni », sur L'Orchestra virtuale del Flaminio.
  16. On peut en entendre 3 sur www.earlywomenmasters.net.
  17. Reproduction obtenue à partir d'un piano Steinway de 1917 équipé d'un système pneumatique Duo-Art intégré.
  18. Voir sur evfn.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]