| Origines stylistiques | Hip-hop, ambient, chillwave, new age,pop-rap, vaporwave, future bass, trance, trap |
|---|---|
| Origines culturelles | Années 2010[1] |
| Instruments typiques | Turntablism, voix, synthétiseur, échantillonneur, auto-tune |
| Popularité | Marginale en Europe, États-Unis, Corée du Sud,Japon |
Le cloud rap, également appelé trillwave, est un sous-genre du rap[2],[3], caractérisé notamment une structure musicale plus lente et plus aérienne que le rap traditionnel.
La définition du mouvement est toutefois assez vague et ambiguë, puisque le cloud rap n'est pas fixé par des règles, mais par une « esthétique » semblable au mouvement artistique vaporwave ou au glitch art en termes d'imagerie. On note également l'utilisation de l'autotune, et de mélodies répétitives.
Le spécialiste Olivier Cachin déclare en 2016 que le cloud rap est une musique beaucoup plus éthérée, beaucoup plus hypnotique que le reste du mouvement rap[4].
Arte décrit le cloud rap comme un « non-mouvement »[5] à cause du caractère « chaotique et insaisissable » dont il fait preuve. Le cloud rap serait donc au-delà d'un mouvement avec des règles précises, une esthétique sonore.
D'autre part, comme la vaporwave ou le glitch art, le cloud rap se caractérise par la surreprésentation d'éléments rétro de consommation (particulièrement des années 1980, des années 1990, et du début et milieu des années 2000). Ainsi on peut dresser une liste d'éléments qui reviennent régulièrement dans les sonorités, les textes ou l'imagerie cloud rap : les jeux vidéo (Nintendo 64, Sega), la technologie, les aliens, le téléphone mobile, Internet, le trafic d'informations, le postmodernisme, la météorologie, la sculpture classique, la culture japonaise et parfois russe et arabe, le concept de mondialisation, le trafic de drogue, la codéine, la publicité, les VHS[6]
Le terme vient de Lil B qui, lors d'une interview, pointe du doigt un tableau représentant un château dans les nuages en disant « Je veux que ma musique ressemble à ça[1]. »
Les artistes anglophones représentatifs du cloud rap incluent notamment : ASAP Rocky[7], Lil B, Bones, Bone Thugs-N-Harmony[8], Post Malone, Xavier Wulf, Lil Peep, Cities Aviv[9], Clams Casino[10], Eric Dingus[11], clouddead[12], Kitty[13], Main Attrakionz[14],[15], et SpaceGhostPurrp[16].
Le succès international du groupe PNL en France, ou encore d'Hamza en Belgique, a démocratisé ce genre. D'autres artistes s'inscrivent également dans ce genre : F430, DTF, S-Pion, Ta-Ra[17], Laylow, Luidji, Kalash, MMZ. Souvent, les morceaux s'accompagnent d'un style plus chanté proche du RnB.
Ces artistes se distinguent cependant des artistes du cloud rap mondial par les thèmes abordés ou encore les esthétiques sonores de leurs morceaux. Ainsi la radio Mouv' parle à propos de PNL de street-cloud[18]. En 2016, Télérama explique que « le style PNL se caractérise par des phrases minimalistes et un vocabulaire codé de cité »[19]. En 2016, Olivier Cachin spécialiste du mouvement hip-hop régulièrement interrogé par les journaux télévisés de l'hexagone, déclare que PNL propose un « rap atmosphérique, presque hypnotique ». Pour lui, PNL utilise le vocabulaire de la drogue mais préfère ne pas s'en vanter, au contraire d'artistes des autres sous-branches du mouvement rap[20].
Depuis 2017, le Cloud Rap connait une montée en puissance en France avec les sorties des deux premiers albums du groupe PNL. Une scène française sur Soundcloud commence à apparaître avec les différents projets de Jorrdee, F430, LK de l'Hotel Moscou, Max D. Carter, MMZ, Zed Yun Pavarotti, Yuri J, Saturn Citizen.
Pour le journaliste Zo. de l'Abcdrduson, le morceau Hélium Liquide paru sur le projet Cadavre Exquis de L'Armée des 12 en 2002 serait pour lui l’ancêtre de pas mal d'intentions qui ont été mises en France autour de cette musique[21].
En Allemagne et en Autriche, la scène cloud rap fait partie de l'une des plus florissantes d'Europe : Yung Hurn, K.Ronaldo, LGoony, Hustensaft Jüngling. Elle est illustrée par un reportage de l'émission Tracks d'Arte en 2015 qui parle de « rengaines sirupeuses au rap mâtiné de minimalisme »[22]. Le cloud rap allemand est avant-tout une parodie des clichés du rap américain poussés à l'absurdité[22].
La Suède voit émerger le représentant le plus célèbre du cloud rap, Yung Lean[23] à partir de 2013. Selon Arte en 2015 : « Le phénomène touche à présent l’Europe entière. Le nuage a débarqué en 2013, importé par les Suédois de Sad Boys »[24]. Le projet du suédois s'apparente plus à une démarche musicale[25] que satirique et humoristique comme dans la majorité du cloud rap allemand. Il est connu notamment pour l'excentricité de ses clips-vidéo qui utilisent des logotypes ou des animations du début de la sphère Internet. Il utilise également des objets de la consommation de masse du début des années 2000 qui s'inscrivent dans des chansons aux sonorités mélancoliques. L'esthétique globale développée par Yung Lean dans ses clips ou dans ses chansons est aujourd'hui utilisée dans la plupart des projets liés au cloud rap, esthétique fortement liée au mouvement vaporwave.