Guy Béart
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Guy Béart en 2012.
Informations générales
Nom de naissance Guy Béhar-Hasson
Naissance
Le Caire, Égypte
Décès (à 85 ans)
Garches (Hauts-de-Seine), France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Variété française, chanson française
Années actives 1954 à 2015

Guy Isidore Béart, né Behar le au Caire[1] et mort le à Garches (Hauts-de-Seine), est un auteur-compositeur-interprète français[2], également auteur, producteur et présentateur-animateur d'émissions télévisées. Il est le père de l’actrice Emmanuelle Béart.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Fils de David Béhart-Hasson, expert-comptable, catholique, et d'Amélia Taral, d'origine juive[3], Guy Béart grandit dans différentes villes d'Europe et du Mexique — le travail de son père, comptable participant à la création d'entreprises, nécessitant des déplacements fréquents —, puis au Liban, où il fait ses études secondaires, entre dix et dix-sept ans, âge auquel il obtient son baccalauréat français en mathématiques élémentaires au Collège international de Beyrouth, avant de partir pour Paris.

Inscrit à l'École nationale de musique de Paris, il s'y initie à plusieurs instruments (comme le violon ou la mandoline). Il suit parallèlement les cours du lycée Henri-IV en classes préparatoires, maths sup et maths spé. Il est ensuite reçu à l'École nationale des ponts et chaussées, d'où il sort en 1952 avec un diplôme d'ingénieur et débute au bureau d'études de l'entreprise Sainrapt et Brice[4], et dirige notamment la construction d'un pont à Maxéville (près de Nancy) pour l'accès aux carrières Solvay.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Guy Béart se lance dans la chanson à partir de 1954, dans les cabarets parisiens de la Rive gauche, notamment La Colombe de Michel Valette ou Les Trois Baudets de Jacques Canetti, qui le fait signer sur son label de musique Philips[5] en 1957. Il y chante Bal chez Temporel, dont les paroles adaptent le poème Le Tremblay d'André Hardellet.

Portrait dessiné de Guy Béart réalisé en par Michel Bourdais lors des enregistrements des émissions télévisées Bienvenue chez Guy Béart.

Ce premier succès, qui lui apporte dès 1958 le Grand Prix du disque de l'Académie Charles-Cros, sera suivi de nombreux autres, comme L'Eau vive et Qu'on est bien (1958), Les Grands Principes (1965), Le Grand Chambardement (1967), La Vérité (1967), devenus des classiques. Il enregistre ensuite deux albums de chansons françaises traditionnelles, dont Vive la rose. Il écrit pour de nombreux artistes (Patachou, Zizi Jeanmaire, Juliette Gréco, qui chante Chandernagor et Il n'y a plus d'après).

Devenu producteur et animateur sur la première chaîne de l'ORTF, dans son émission de talk show Bienvenue chez Guy Béart, il reçoit à partir de 1966 nombre d'artistes et de personnalités, dont Duke Ellington ou Simon et Garfunkel.

Un cancer l'éloigne de la scène pendant plusieurs années[6], mais il revient en 1986, avec un titre plein d’espoir, Demain je recommence. La même année, il participe à l'émission Apostrophes où il s'accroche avec Serge Gainsbourg sur la question de la chanson comme art majeur ou art mineur[7] dans une altercation célèbre.

L'année suivante, il publie chez Robert Laffont L'Espérance folle, livre dans lequel il évoque sa maladie[8]. Il reçoit le prix Balzac.

En pleine guerre du Liban, en , il retourne à Beyrouth sur les lieux de son enfance où il découvre, très affecté, un champ de ruines. Il y chante la chanson Liban libre qu'il a écrite et composée spécialement[9], et participe à une manifestation organisée en France en faveur de la paix[10].

En 1994, il est distingué par l'Académie française, qui lui décerne la grande médaille de la chanson française (médaille de vermeil) pour l'ensemble de ses chansons.

En , il est membre du comité d'honneur du Congrès mondial d'espéranto de Montpellier[11], Guy Béart étant sympathisant de l'espéranto[12],[13].

Jusqu'en 1999, date à laquelle il revient sur la scène de Bobino, il donne des concerts, enregistrés et édités dans un album double simplement intitulé En public.

En 2010, après quinze années loin des studios, il enregistre le disque Le Meilleur des choses, faisant référence à ses dernières « années de vaches maigres » pendant lesquelles il a dû vendre un appartement et de nombreux meubles[14]. Appuyé par une importante promotion qui le voit notamment passer dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier ou au journal de 13 heures de France 2, l'album se classe, à son meilleur, à la 60e place du Top Albums et y reste dix semaines, de fin septembre à fin [15]. Sa maison de disques en profite également pour sortir, au même moment, une anthologie comprenant ses meilleurs titres en trois CD.

Le , Guy Béart donne le dernier concert de sa carrière à l'Olympia, avec seulement trois musiciens à ses côtés dont Roland Romanelli. Le spectacle dure quatre heures, ponctué d'anecdotes entre deux chansons. Plusieurs invités montent sur scène, dont Julien Clerc – qui interprète la chanson Vous – et la fille de Guy Béart, Emmanuelle Béart[16].

Controverse[modifier | modifier le code]

En , Guy Béart est appelé comme témoin dans l'affaire Delassein-Perret. La journaliste Sophie Delassein avait accusé dans un article du Nouvel Observateur le chanteur Pierre Perret d'avoir inventé son amitié avec Paul Léautaud. Guy Béart affirme que :

« L'adorable, le gentil Perret, tout le monde lui a foutu la paix pendant des années, lui et ses rodomontades. Même lorsqu'il s'attribuait l'étiquette de « Pierrot la tendresse » en la chapardant ailleurs. Jusqu'à ce jour de 2008 où il a publié un livre, A cappella, dans lequel il a dit un peu de mal de tout le monde, de moi compris. Et aussi de Brassens. Perret n'a jamais cessé de mentir sur sa prétendue gentillesse. Et il a fini par se dévoiler. J'ai moi-même téléphoné à Jérôme Garcin à L'Observateur, qui, comme d'autres, se posait depuis longtemps des questions sur la prétendue relation entre Pierre Perret et Paul Léautaud[17]. C'est ainsi que l'enquête de Sophie Delassein a démarré[18]. »

Le procès en diffamation met en lumière Guy Béart en tant qu'initiateur de l'affaire et donne raison à Pierre Perret le [19],[20].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Guy Béart épouse à Neuilly-sur-Seine le [21] Cécile de Bonnefoy du Charmel, issue de la noblesse d'Empire, fille d'Aymar de Bonnefoy, sixième baron du Charmel, et de Paula Faraut. Le de la même année naît leur fille, Ève, future créatrice de bijoux. Ils divorcent en .

Il entame une relation avec l'actrice et ex-mannequin Geneviève Galéa ; leur fille, la future actrice Emmanuelle Béart, naît le , à Gassin (Var).

Mort[modifier | modifier le code]

Guy Béart, victime d'une crise cardiaque, fait une chute dans la rue[22] le , à Garches (Hauts-de-Seine). Il ne peut être ranimé[23].

Il est inhumé au cimetière communal de Garches, le dans l'intimité familiale, en présence de certaines personnalités dont son ami Hugues Aufray, accompagné par Alain Souchon, Laurent Voulzy, Patrick Bruel et Laurent Gerra[24].

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Guy Béart.

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums en public[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Albums hommage[modifier | modifier le code]


Liste des chansons[modifier | modifier le code]


Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Haaretz:Guy Béart
  2. Éric Bureau et Thibault Chaffotte (avec AFP), « Le chanteur Guy Béart est décédé », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le 16 septembre 2015).
  3. Carol Binder, « | Culture | Guy Béart : « Ma mère m’a enseigné les rituels juifs, que je connais très bien » - Actualité juive », Actuj.com, (consulté le 20 septembre 2015)
  4. Paule Poupin et France Gérard, « Guy Béart, le charmant compositeur-poète de Bal chez Temporel et de L'Eau vive » Bonne Soirée, no 1928, 25 janvier 1959.
  5. Boris Vian y est son directeur artistique.
  6. Voir sur lemonde.fr.
  7. Voir sur youtube.com.
  8. Voir sur livrenpoche.com.
  9. Voir sur ina.fr.
  10. Voir sur ina.fr.
  11. [1]
  12. [2]
  13. [3]
  14. Regarde les hommes changer Interview de Guy Béart par Frédéric Taddeï sur Europe 1 le 24 octobre 2010.
  15. Voir sur chartsinfrance.net.
  16. « Un dernier concert de quatre heures à l'Olympia pour Guy Béart ».
  17. Perret avait publié un premier livre sur Léautaud en 1972, au sommet de sa gloire.
  18. Dominique de Laage, « Béart sans pitié pour Perret », sur sudouest.fr, Sud Ouest, .
  19. Pascale Robert-Diard, « Pierre Perret gagne son procès contre Le Nouvel Observateur », sur lemonde.fr, Le Monde, .
  20. AFP, « Pierre Perret gagne son procès contre Le Nouvel Observateur », sur liberation.fr, Libération, .
  21. Voir sur granger.com.
  22. Véronique Mortaigne, « Mort de Guy Béart, troubadour intransigeant », sur LeMonde.fr, Le Monde, (consulté le 17 septembre 2015).
  23. « Le chanteur Guy Béart est mort à l'âge de 85 ans », sur FranceTVinfo.fr, France Télévisions, (consulté le 16 septembre 2015).
  24. « VIDEOS. Garches : Guy Béart a été inhumé dans l'intimité »
  25. a et b « Guy Béart | La grande chancellerie », sur www.legiondhonneur.fr (consulté le 10 mai 2021)
  26. a b et c « Guy Béart », Who's Who in France,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]