| no 4 en sol majeur | |
| Genre | Symphonie |
|---|---|
| Nb. de mouvements | 4 |
| Musique | Gustav Mahler |
| Durée approximative | 55 minutes |
| Dates de composition | été 1899 et 1900 |
| Création | Munich |
| Interprètes | Orchestre dirigé par le compositeur |
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La no 4 en sol majeur de Gustav Mahler a été écrite entre l'été 1899 et 1900. La symphonie comporte quatre mouvements :
L'œuvre est écrite pour soprano solo et orchestre :
| Instrumentation de la 4esymphonie |
| Voix |
|---|
| Soprano (4e mouvement) |
| Cordes |
| Premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses, harpes |
| Bois |
| 4 flûtes (les 3e et 4e prenant les piccolos 1 et 2), 3 hautbois (le 3e prenant le cor anglais), 3 clarinettes (la 2e prenant la petite clarinette, la 3e prenant la clarinette basse), 3 bassons (le 3e prenant le contrebasson) |
| Cuivres |
| 4 cors, 3 trompettes |
| Percussions |
| Timbales, percussions, glockenspiel |
C'est l'unique symphonie de Mahler sans trombone ni tuba.
Pour l'exécution du Scherzo (2e mouvement), le violon solo doit s'accorder un ton plus haut en : la - mi - si - fa dièse.
Sa composition s'est étalée sur plusieurs années : le quatrième mouvement Das himmlische Leben (la vie céleste) est repris du cinquième Lied de Des Knaben Wunderhorn, écrit dès 1892. Cette pièce devait faire partie initialement de la troisième symphonie, mais finalement, n'en fournit que certains thèmes du cinquième mouvement. Gustav Mahler décida alors d'en faire le finale de sa quatrième symphonie et conçut les trois premiers mouvements en fonction de celui-ci. Sa gestation a eu lieu pendant les vacances de l'été 1899, que Malher prit après deux années de fonction en tant que directeur de l'opéra de Vienne, poste très prenant qui l'empêchait de composer aussi librement qu'il le souhaitait. Il ne reprit les ébauches qu'à l'été 1900 et acheva alors la partition en moins de trois semaines.
La création, sous la direction du compositeur, a eu lieu à Munich le , avec un succès extrêmement mitigé.
« Mahler est un de ces faux grands hommes comme l'Allemagne en produit en abondance depuis Wagner. Inutile d'insister : le goût français n'admettra jamais ces géants pneumatiques à d'autre honneur que de servir de réclame à Bibendum, et ce sont d'autres dangers qui le menacent » (jugement de Louis Laloy à propos de la deuxième exécution parisienne de la Quatrième par Camille Chevillard aux Concert Lamoureux le [1]).
La musique reste très lyrique et classique, dans un style presque haydnien, en tout cas bien loin des compositions plus dramatiques et pessimistes qui lui sont postérieures. Le premier mouvement fait entendre des grelots et des thèmes à caractère de danses villageoises. Le second mouvement introduit un violon solo désaccordé, donnant un côté rustique à la partition. L'adagio est d'une grande ampleur et joue avant tout sur les cordes, contrairement aux deux premières parties. Il se termine par un tutti, introduisant le dernier mouvement vocal. Le texte du Lied, chanté par une voix de soprano, énonce les plaisirs bucoliques mais aussi gastronomiques, du ciel. L'orchestre finit par s'effacer après avoir repris les thèmes villageois du premier mouvement.
(délibéré, sans hâte, très à l'aise). Le mouvement commence avec les grelots et quatre flûtes. Les violons exposent le premier thème en sol majeur, plein de grâce et de gaieté ensoleillée, que Mahler concevait avec la légèreté d'une valse. Le chef d'orchestre Bruno Walter y entendait l'impression d'un « conte de fées étrangement attrayant » et de « châteaux en Espagne romantiques », tandis que pour Theodor W. Adorno, il s'agit d'un « hommage à Mozart traversé d'une sourde tristesse »[2].
(dans un tempo modéré, sans hâte). Dans ce second mouvement, scherzo bouffon, la musique prend des accents grotesques et parodiques. Le violon accordé un ton plus haut (en ré) représente le diable (Gustav Mahler disait que cet instrument était « le violon de la mort » qui conduit le bal).
(tranquille). Dans le troisième mouvement, la mélodie à l'écoulement paisible atteint en savantes variations de plus en plus de complexité et insistance. Peu avant la fin de ce Poco adagio, son épilogue en sol majeur est brusquement interrompu par un cri de jubilation en mi majeur de l'orchestre au complet, comme si les portes du paradis s'ouvraient soudainement et que retentissaient ici-bas des voix venues de l'au-delà.
(très à l'aise). Après un bref prélude orchestral, le soprano solo entonne, avec des accents de félicité, son chant des « joies de la vie céleste », en quatre strophes, entrecoupées d'interludes, comme s'il nous conduisait au ciel.
Wir genießen die himmlischen Freuden, |
Nous goûtons les joies célestes, |
Entre 1930 à 2005 ont été enregistrées 138 versions de la 4e symphonie. Cette discographie sélective donne quelques enregistrements dirigés par de grands chefs mahlériens :