| Naissance | |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle |
Anna-Lou Leibovitz |
| Nom de naissance |
Anna Lou Leibovitz |
| Nationalité | |
| Formation |
San Francisco Art Institute Northwood High School (en) |
| Activités | |
| Famille |
Leibovitz |
| Domaine | |
|---|---|
| Distinctions |
Prix Princesse des Asturies en communication et humanités () Liste détaillée Connecticut Women's Hall of Fame (en) Légende vivante de la Bibliothèque du Congrès () Lucie Award () Prix Princesse des Asturies en communication et humanités () |
Annie Leibovitz, de son vrai nom Anna Lou Leibovitz, née le à Waterbury, dans l'État du Connecticut, aux États-Unis, est une photographe américaine, spécialisée dans les portraits de célébrités et de stars[1].
Son style photographique est caractérisé par la mise en valeur du glamour de ses modèles (qui sont généralement des vedettes du cinéma, de la musique, ou de la politique) et leur ostensible esthétisation, mettant toujours en avant un détail lié à la vie propre du personnage ou à son actualité publique.
Annie Leibovitz est la fille du lieutenant colonel, Sam Leibovitz[2],[3].
Elle est devenue célèbre alors qu'elle travaillait pour le magazine Rolling Stone de 1970 à 1983[4]. À l'âge de 23 ans, elle devient la photographe officielle du magazine[2].
En 1975, elle suit la tournée des Rolling Stones. En 1976, elle poursuit des études en peinture au San Francisco Art Institute[2].
Le matin du , elle se rend à l’appartement de John Lennon et de Yoko Ono pour une séance de photos destinées au magazine Rolling Stone. C'est la dernière photographe à prendre John Lennon en vie, il décède en fin de journée.
Depuis 1983, elle est photographe au magazine Vanity Fair[2].
En 1991, elle expose à la National Portrait Gallery de Washington[réf. nécessaire].
Elle commence à travailler pour Vogue en 1998[5]. Au début des années 2000, elle réalise avec Grace Coddington la série notable Alice in Wonderland, photographiant Natalia Vodianova accompagnée de certains créateurs de mode.
Elle a partagé la vie de Susan Sontag de la fin des années 1980 jusqu'au décès de cette dernière en 2004[3].
En , la famille Mintz fait don de 2 000 de ses œuvres au musée des Beaux-Arts de la Nouvelle-Écosse (Canada). En 2017 cependant, la commission canadienne d'examen des exportations des biens culturels ne considère pas que ces œuvres aient une valeur culturelle nationale et estime plutôt que cette transaction repose plus sur des considérations financières plutôt qu'artistiques (stratagème fiscal), ce qui n'est pas l'avis du musée[6].
En 2015, elle réalise les photos du calendrier Pirelli 2016. Portraits de Tavi Gevinson, Serena Williams, Amy Schumer, Yoko Ono, Fran Lebowitz, Patti Smith, Natalia Vodianova, Kathleen Kennedy, Yao Chen, Mellody Hobson, Ava DuVernay, Agnes Gund, Shirin Neshat.
Deux tendances cohabitent dans l'œuvre d'Annie Leibovitz[7].
L'une – la plus connue – répond d'un travail de commande pour des magazines (Rolling Stone, Vanity Fair, Vogue) ou des marques (Louis Vuitton, Lavazza). Ces photographies sont généralement très travaillées, tant au moment de la prise de vue qu'en post-production. La photographe s'entoure ainsi d'une équipe conséquente (d'éclairagistes, d'accessoiristes et de stylistes) qui lui permettent d'obtenir des images que l'on pourrait qualifier de « léchées ». Le cadrage est généralement d'une facture classique, la scénographie est d'inspiration théâtrale et la position des corps (surtout dans ses compositions de groupe, en plan large) pourrait être rapprochée des canons baroques[8].
L'historien Jürgen Trimborn associe d'ailleurs les portraits de la photographe pris lors des Jeux olympiques d'Atlanta en 1996 à l'esthétique de la cinéaste Leni Riefenstahl, sur laquelle avait écrit Susan Sontag[9]. Les deux artistes partagent un même goût pour l'héroïsation presque systématique de leurs modèles et l'usage d'un éclairage contrasté. Le glamour est la sensation visée par la photographie, qui passe par l'érotisation des corps, même lorsque celui-ci ne s'y prête pas a priori : c'est notamment le cas du cliché de Demi Moore, nue et enceinte, qui fit scandale aux États-Unis lors de sa parution[10].
De la même façon, le portrait de Clint Eastwood, où le modèle est représenté ligoté par une corde, ne met pas à mal l'image de l'acteur américain : sa position – l'érection de son corps, raide et piqué dans la terre –, la légère contre-plongée de l'objectif ainsi que l'éclairage nimbé et crépusculaire lui confère une aura paradoxale[11].
L'autre veine, plus secrète, répond d'une pratique de la photographie plus spontanée, ou plus instinctive, qui met en scène sa vie intime (comme sa relation avec l'écrivaine Susan Sontag), et qui s'étend jusqu'au photojournalisme comme l'atteste son reportage à Sarajevo, au début des années 1990[12]. Tout en reconnaissant son talent, l'hebdomadaire Télérama écrivait à son sujet : « La photographe a l'habileté de sortir de ses boîtiers une image très consensuelle, faussement choquante, quasi religieuse, presque puritaine, n'outrepassant jamais la juste mesure. Elle s'inspire de codes anciens — le flou du pictorialisme des débuts de la photographie, les contre-plongées du constructivisme russe[13] ».