J'ai du bon tabac est une chanson française populaire attribuée à l'abbé de l'Attaignant (1697-1779).
Cette chanson est attribuée à l'abbé de l'Attaignant, bien qu'il ne l'ait pas signée[1].
Michel Corrette est l'auteur d'un concerto comique, La Servante au bon tabac (1733), dont le troisième mouvement a pour thème la mélodie de J'ai du bon tabac.
J'ai du bon tabac dans ma tabatière,
J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas.
J'en ai du fin et du bien râpé,
Mais ce n'est pas pour ton grand doigt d’pied !
(refrain strict :)
J'ai du bon tabac dans ma tabatière,
J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas.
L'abbé Gabriel-Charles de Lattaignant a ajouté en 1760 huit couplets satiriques à la chanson d'origine.
Lattaignant est renommé pour avoir composé des opéras-comiques, des cantiques spirituels, des poésies profanes le plus souvent légères et frivoles, des épigrammes, des pamphlets politiques (comme Voltaire dont il est contemporain et admirateur), des lettres et des chansons, parfois très libres et estimées en son temps puisque Bachaumont l'appelle « le grand chansonnier »[2].
La dernière strophe raille :
Pour avoir écrit des vers peu élogieux à l'encontre de Clermont-Tonnerre, l'abbé manque de se faire corriger. Prévenu à temps, il évite la bastonnade et c'est un autre chanoine de Reims qui reçoit la correction à sa place ! C'est pour se venger du comte que l'abbé compose ce couplet qu'il termine par le refrain :
Il refuse ainsi à Clermont-Tonnerre la plus élémentaire des marques de courtoisie : une prise de sa tabatière (car le tabac est alors très en vogue)[3].
Ce refrain connu que chantait mon père,
Un noble héritier de gentilhommière
Un vieil usurier expert en affaire, |
Juges, avocats, entr'ouvrant leur serre,
D'un gros financier la coquette flaire
Neuperg, se croyant un foudre de guerre, |
Tel qui veut nier l'esprit de Voltaire,
Par ce bon Monsieur de Clermont-Tonnerre,
Voilà dix couplets, cela ne fait guère |