Étudiants dansant à la Semana de la Cultura à l'Institut de technologie et d'études supérieures de Monterrey.
Les claquettes (ou tap Dance) sont un style de danse qui prend son origine dans la danse traditionnelle irlandaise, laquelle va s'exporter en Amérique du Nord avec les colons émigrants irlandais. Le nom de « claquettes » vient du son produit par des plaquettes de bois (en Irlande) ou de métal (en Amérique) fixés sur à la pointe et au talon des chaussures du danseur, ce qui fait de celui-ci un percussionniste, en même temps qu'un danseur.
Aux États-Unis, on invoque l'influence des esclavagistes qui, après avoir compris que leurs esclaves communiquaient entre eux grâce à leurs tam-tams, ils les leur confisquèrent ; la tap dance serait ainsi ancrée dans tous les moyens que trouvèrent les esclaves pour continuer à communiquer entre eux.
L'art des claquettes a commencé en Irlande. On dit que pour parler d'une vallée à une autre les paysans frappaient avec leurs chaussures sur des troncs de bois vide. Le style de danse -sean nós- (style ancien) est encore pratiqué actuellement par des danseurs de danse traditionnelle et donne lieu à des concours en solo.
Pour fuir leur pauvreté (épidémie de la maladie de la pomme de terre, entre autres) les Irlandais durent émigrer en Europe mais surtout aux États-Unis, où de nouvelles influences façonnèrent le style irlandais pour l'amener au style des claquettes américaines pour lesquelles les semelles de chaussures de ville sont équipées de plaques de fer aux talons et aux pointes.
Détail d'une affiche pour Bryant's Mintrels, New York, 1859. Tap Roots: The Early History of Tap Dancing de Mark Knowles (2002)
Les claquettes américaines sont basées sur un mélange des syncopes de la musique et de la danse africaine avec la gigue irlandaise. À Manhattan, au XIXe siècle, les immigrants irlandais pauvres vont notamment habiter les logements insalubres du bidonville de Five Points dans le quartier de Sixth Ward, où résident déjà d'autres immigrés (Juifs, Italiens...) et une population noire[1]. Les nombreuses salles de danse, notamment dans les sous-sols humides des habitations, réunissaient les Irlandais et les Afro-Américains. Des danseurs immigrants de groupes ethniques et culturels différents se rencontraient au cours de compétitions de danse et confrontaient leurs techniques. Avec le temps, les danses s'enrichirent les unes les autres. Le shuffle africain et la gigue irlandaise fusionnèrent[2] pour aboutir aux claquettes telles que nous les connaissons aujourd'hui (tap dance) et qui font partie des disciplines officielles de la Fédération internationale de danse[3]. Aussi, les musiques folkloriques irlandaises et écossaises ont produit des influences sur les spectacles de spectacles de minstrel[4]. Cette fusion culturelle avait lieu à Five Points, dans des lieux comme le Almack's Dance Hall (aussi connu sous le nom de Pete Williams's Place) situé sur Orange Street (l'actuelle Baxter Street). Le terrain sur lequel la salle était construite est aujourd'hui occupé par le Columbus Park, où les premiers résidents de l'actuelle Chinatown s'étaient au départ établis[5].
Les claquettes se répandirent aux États-Unis à partir des années 1900 où elles constituaient la partie dansée des vaudevilles à Broadway. L'apparition du jazz dans les années 1920 les mit au premier plan, car le rythme de celui-ci s'adaptait naturellement à la danse à claquettes. À partir des années 1930, les claquettes firent leur apparition au cinéma où elles connurent leur apogée dans les années 1950 avec de grands danseurs comme Fred Astaire ou Gene Kelly, Ginger Rogers, Cyd Charisse et tant d'autres. Les styles se multiplièrent, par exemple : style très aérien de Fred Astaire, près du sol pour Gene Kelly, glissé pour Jimmy Slyde ou frotté sur sable comme Howard Sims.
↑Cockrell, Dale (1997), Demons of Disorder: Early Blackface Minstrels and their World, Cambridge University Press / Cambridge Studies in American Theatre and Drama, (ISBN0-521-56828-5).