Suite bergamasque
FL 82
Image illustrative de l’article Suite bergamasque
La Porte Saint Jacques à Bergame, de nuit.

Genre Suite
Nb. de mouvements 4
Musique Claude Debussy
Effectif Piano seul
Dates de composition 1890 - 1905

La Suite bergamasque est une suite pour piano de Claude Debussy. Elle compte parmi les plus célèbres de ce compositeur et est souvent considérée comme la meilleure composition pianistique de sa jeunesse. La Suite bergamasque, dont la première rédaction remonte à 1890 environ, a été publiée en et compte quatre mouvements[1] :

  1. Prélude
  2. Menuet
  3. Clair de Lune
  4. Passepied

Debussy avait initialement songé à une suite à la forme ouverte, contenant un prélude, un menuet, une promenade sentimentale et une pavane. La promenade devint le Clair de Lune, et le Passepied remplaça la pavane. Vers 1904, Debussy pensait ajouter encore deux mouvements supplémentaires : Masques et l'Isle joyeuse qui furent finalement publiés séparément. Les quatre morceaux furent révisés de 1890 à 1905, très peu de temps avant leur publication[2]. À propos de la Suite bergamasque :

« Vous la donner telle quelle serait fou et inutile » - Claude Debussy à son éditeur dans une lettre du [2].

La pièce a connu plusieurs transcriptions pour orchestre, dont celles d'André Caplet, de Leopold Stokowski et de Lucien Cailliet.

Mouvements[modifier | modifier le code]

Prélude[modifier | modifier le code]

La première pièce de la suite le Prélude en fa majeur, en tempo rubato, joyeux et animé, est tout en contrastes, avec un début et une fin particulièrement spectaculaires. C’est une pièce festive qui s'inspire grandement du modèle baroque qu'on retrouve souvent dans les préludes. Certaines tournures évoquent de manière subtile le Clair de lune de Gabriel Fauré (mesures 33 et 34)[2]. Il est, comme l'a voulu le compositeur, de nature statique, diatonique, et modale. Le langage harmonique ici repose plutôt sur les degrés secondaires (II, III, VI, VII)[2].

Menuet[modifier | modifier le code]

Le deuxième mouvement est un menuet en la mineur. Son thème principal joueur contraste avec une section centrale mystérieuse et dramatique. Faisant allusion aux menuets des suites baroques, il n'en est pas moins frais en couleurs harmoniques et invention mélodique :

« Les sonorités de ce morceau, comme celles du Passepied conclusif, évoquent gambes et luths à la manière d'un délicat pastiche des musiques d'autrefois »[2].

Pleine d'humour, cette pièce est assez sophistiquée du point de vue de la forme. Le thème principal apparaît à quatre reprises, dans le mode dorien, mais chaque fois sous une forme différente[2]. Cette pièce est particulièrement originale au regard de la manière dont elle se distingue du style particulier de la plupart des menuets. À la place du caractère léger et délicat qu'on trouve dans un menuet, celui-ci présente plutôt les aspects d'une sorte de comédie brute. Debussy met en place un type nouveau de pièce en lieu et place de l'ancien style de danse.

Clair de Lune[modifier | modifier le code]

Thème principal du Clair de Lune.

Fichier audio
Clair de Lune
Interprété par Laurens Goedhart.

Le troisième mouvement est le célèbre Clair de Lune en bémol majeur, sur un tempo andante très expressif, joué essentiellement pianissimo. C'est peut-être la pièce la plus connue de la Suite bergamasque pour piano seul, composée en 1890. Il est probable que son nom s'inspire du poème Clair de lune de Paul Verlaine. La plus grande partie du mouvement est jouée pianissimo, et les allers et retours entre une grande intensité émotionnelle et une grande distance en font un chef-d'œuvre de l'époque impressionniste. Elle est jouée en bémol majeur, à l'exception de son point de plus grande intensité, en do dièse mineur[3]. Le Clair de Lune est composé d'une exposition du thème (lente) puis d'une réexposition dans une partie rapide, le thème revient à la fin dans la partie lente. C'est désormais une œuvre jouée par beaucoup de harpistes, notamment parce que la partition peut être jouée sans modification de notes.

Ce mouvement musical est mis en scène le dans un Doodle musical et animé[4] dédié au 151e anniversaire de la naissance de Debussy[5] : un cheminement virtuel sur les quais du Paris de la fin du XIXe siècle, par une nuit de pleine lune, fait apparaître des ballons, les lumières de la ville qui clignotent, un moulin à vent, des fumées de cheminée, des automobiles d'époque, un cycliste en grand-bi, un bateau à vapeur et, en guise de scène finale romantique, deux rameurs en barque qui se rejoignent, l'homme et la femme étant réunis sous un parapluie rouge alors que la pluie commence à tomber.

Passepied[modifier | modifier le code]

Passepied, le mouvement final, est en fa dièse mineur sur un tempo allegretto ma non troppo. Le passepied est une danse originaire de Bretagne. Le Passepied de Debussy s'en détache beaucoup[1]. C'est une pièce joyeuse, au caractère étrangement médiéval qui diffère de façon surprenante de son modèle baroque dans la mesure où il est plus rapide. Pendant toute sa durée, la pièce est jouée avec des arpèges en staccato à la main gauche.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Clair de Lune a été utilisé de nombreuses fois au cinéma.

À la télévision[modifier | modifier le code]

Dans la publicité[modifier | modifier le code]

Dans la danse[modifier | modifier le code]

Dans la musique[modifier | modifier le code]

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Guide de la musique de piano et de clavecin, Fayard, , p. 294-295
  2. a b c d e et f Analyse de l'oeuvre in Claude Debussy (trad. de l'anglais), Paris, Fayard, , 823 p. (ISBN 2-213-00921-X), pp. 557-558-559
  3. Jennifer Larcher, « Claude Debussy : Un Doodle pour la chanson de Robert Pattinson », sur 24matins.fr,
  4. (en) Archives imagées des Google Doodles
  5. « Claude Debussy célébré par Google », sur lefigaro.fr,
  6. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 106
  7. Notice de l'enregistrement de l'œuvre par Susan Drake dans « Caprices & fantasies, romantic harp music of the 19th contury », collection Helios, éditions Hypérion
  8. [1]
  9. « Tomita - Snowflakes Are Dancing », sur Discogs (consulté le 11 janvier 2020)
  10. « Coffee Talk », sur coffeetalk.info (consulté le 31 octobre 2020)