Le roman paraît d'abord en feuilleton dans Le Gaulois(à partir de jusqu'à ), et paraît en volume chez Pierre Lafitte en mars 1910[3]. Il paraît encore dans divers journaux, dont L'Écho d'Alger du au .
Le roman s'inspire peut-être d'une histoire d'amour dans l'ancien opéra[4] et par des rumeurs qui ont couru sur de prétendus mystères provenant des dédales souterrains de l'Opéra Garnier à Paris dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le peuple qui n'a pas accès à ce lieu réservé aux privilégiés aimant l'associer à des légendes. Il est possible aussi que Leroux, en mettant en scène le fantôme menaçant de faire exploser la salle de spectacle, fasse allusion à des incendies très fréquents en raison de l'emploi des bougies et de l'inflammabilité des décors peints en toile (incendie de l'opéra Le Peletier en 1873 qui fait de nombreux morts dont une danseuse et son fiancé qui selon la légende aurait survécu, défiguré par les flammes ; incendie de l’Opéra-Comique en 1887) voire au drame du Bazar de la Charité le [5]. Gaston Leroux a également pu s'inspirer du roman Trilby de George du Maurier[6].
Des événements étranges ont lieu à l'Opéra : le grand lustre s'effondre pendant une représentation, un machiniste est retrouvé pendu. La direction doit se rendre à l'évidence : un fantôme ou un homme machiavélique nommé Erik hante le théâtre. Certains affirment avoir vu le visage déformé de cet être qui ne semblerait pas être humain. Peu après, les directeurs de l'Opéra se voient réclamer 20 000 francs par mois de la part d'un certain « Fantôme de l'Opéra » qui exige aussi que la loge numéro 5 lui soit réservée.
Au même moment, une jeune chanteuse orpheline nommée Christine Daaé[7], recueillie par la femme de son professeur de chant, est appelée à remplacer une diva malade, la Carlotta. Elle incarne une Marguerite éblouissante dans Faust de Gounod. Or, elle est effrayée. Au vicomte Raoul de Chagny, qui est secrètement amoureux d'elle, elle confesse une incroyable histoire. La nuit, une voix mélodieuse l'appelle : elle entend son nom et cela lui suffit pour inspirer son chant. En outre, l'ange de la musique visite fréquemment sa loge. Elle affirme avoir entrevu l'être qui l'accompagne dans son art. Mais Raoul et Christine ne tardent pas à découvrir que cette voix est celle du fameux fantôme nommé Erik, un être au visage hideux. Ancien prestidigitateur, il s'est réfugié dans son royaume souterrain, sous l'Opéra, pour y composer une œuvre lyrique. Passionnément épris de la jeune Christine, il l'enlève et l'emprisonne dans son repaire des sombres profondeurs.
Le grand lustre, gravure de 1875.
Raoul de Chagny, aidé d'un mystérieux Persan, se lance à la recherche de la jeune femme. Il doit alors affronter une série de pièges diaboliques conçus par le fantôme, grand maître des illusions. Mais la persévérance du jeune Raoul et le courage de Christine, prête à sacrifier sa vie pour sauver le jeune homme, dont elle aussi est éprise, poussent Erik, le fantôme de l'Opéra, au repentir.
Opera no Kaijin (Le Fantôme de l'Opéra), manga du dessinateur JET, publié en 1989, toujours inédit dans les pays francophones.
Le Masque, un manga librement basé sur le Fantôme de l'Opéra, publié en 1994, toujours inédit dans les pays francophones.
Operaza no Kaijin (Le Fantôme de l'Opéra), manga de la dessinatrice Harumo Sanazaki, publié en 2005 au Japon, publié en France par Isan manga, coll. Littérature, 2018.
Le Fantôme de l'Opéra (en deux tomes), adaptation et dessin de Christophe Gaultier, couleurs de Marie Galopin, éditions Gallimard, coll. Fétiche, 2011.
Notes by Christine (2013), une web-série replaçant le roman au XXIe siècle sous la forme d'un blog-vidéo tenu par Meg Giry.
The Private Letters of Christine Daaé (2014), une web-série mettant en scène le roman au XXIe siècle sous la forme d'un journal vidéo tenu par Christine Daaé.
↑Timothée Picard, La Civilisation de l'opéra : sur les traces d'un fantôme, Paris, Fayard, 2016.
↑Marc Lits, Le roman policier : introduction à la théorie et à l'histoire d'un genre littéraire, Liège, Éditions du Céfal, coll. « Bibliothèque des Paralittératures » (no 4), , 2e éd., 208 p. (ISBN2-87130-065-8, lire en ligne), p. 43.
↑Shah, Raj. "The Publication and Initial French Reception of Gaston Leroux's Le Fantôme de l'Opéra", French Studies Bulletin 37:138 (2016), 13-16.
↑Shah, Raj. "No Ordinary Skeleton: Unmasking the Secret Source of Gaston Leroux's Le Fantôme de l'Opéra", Forum for Modern Language Studies 50:1 (2014)
↑Timothée Picard, La Civilisation de l'opéra, Fayard, , p. 121
↑La soprano Christine Nilsson semble avoir inspiré des traits de la biographie imaginaire de Christine Daaé. Cf Thierry Santurenne, L'opéra des romanciers. L'art lyrique dans la nouvelle et le roman français, 1850-1914, Harmattan, , p. 50
Marie-Claire Bancquart, « Du roman policier à l’anticipation. Paris-Mystère, Paris-Enfer : Gaston Leroux, l’insolite dans les quartiers et lieux connus du Fauteuil hanté ; Le Fantôme de l’Opéra, roman du mystère réaliste », dans Paris. « Belle Époque » pour ses écrivains, Paris, Paris-Musées/Société Nouvelle Adam Biro, 1997, p. 52-70.
Isabelle Casta-Husson, Le travail de l'« obscure clarté » dans Le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, Paris, Lettres modernes, coll. « Archives des lettres modernes » (no 268), , 79 p. (ISBN2-256-90462-8).
Maria Pia Forchetti, « Une île souterraine : la demeure du Fantôme de l'Opéra », dans Jean Burgos et Gianfranco Rubino (dir.), L'île et le volcan : formes et forces de l'imaginaire, Paris, Lettres modernes, coll. « Circé : cahiers de recherche sur l'imaginaire / Thématique de l'imaginaire », , 282 p. (ISBN2-256-90961-1), p. 133-143.
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Catherine Blais, La Chambre de Pandore : féminité et hybridité de l’espace chez Gaston Leroux, mémoire présenté à la Faculté des études supérieures et postdoctorales en vue de l'obtention du grade de Maître ès arts (M.A.) en Littératures de langue française, Université de Montréal, Département des Littératures de langue française, , lire en ligne.
(en) Rachel Hewitt, Phantoms of the Source Text : Retranslation and the English Translations of Gaston Leroux’s Le Fantôme de l’Opéra, Université de Genève, maîtrise, 2016, lire en ligne.