Considéré comme l'une des partitions les plus difficiles du répertoire du fait de l'extrême virtuosité technique exigée du pianiste, son exécution en public représente pour l'interprète, étant donné sa facture pianistique monumentale et foisonnante, une vraie prouesse artistique. Il est avec son deuxième concerto son œuvre la plus populaire. Le concerto suit la structure classique en trois mouvements :
Allegro ma non troppo en ré mineur. Le premier mouvement tourne autour d'une mélodie diatonique déjà développée vers une figuration pianistique complexe. Le second thème s'ouvre avec des échanges calmes entre l'orchestre et le piano avant tout dans une clé majeure. La première partie du premier mouvement du premier thème s'articule à haute voix dans une section qui ouvre une toccata comme des croches et atteint un accord. L'ensemble du développement montre des similitudes à un canon.
Intermezzo : Adagio en ré mineur. Le second mouvement s'ouvre avec l’orchestre et celui-ci commence par des variations autour d'un unique luxe. Puis le thème arrive en fa dièse mineur. Une mélodie romantique s'accentue par une note tonique majeure, et après le premier thème de développement et de récapitulation, la mélodie principale du premier mouvement réapparaît. Le second mouvement se termine en ré bémol majeur, où le piano occupe une partie de la cadence.
Finale : Alla breve en ré mineur. Le troisième mouvement paraît rapide et vigoureux dans les variations qui le suivent. Cependant, celui-ci se régule et monte en ré majeur dans le second thème, où il s'achève avec les mêmes notes, selon la signature de Rachmaninov.
Son exécution complète dure 37 à 43 minutes en moyenne[1].
Composé dans le cadre paisible de la propriété de campagne de sa famille, Ivanovka, le concerto est achevé le . Rachmaninov a écrit cette pièce pour montrer ses propres talents de compositeur mais également de pianiste. Le concerto est contemporain de sa Première sonate pour piano et de son très célèbre Poème symphoniqueL'Île des morts. Le concerto est respecté, craint et réputé pour sa difficulté diabolique. Rachmaninov ne pouvait même pas jouer un rappel après l'exécution de son 3e concerto ; en témoigne ce commentaire d'un journal américain : « Monsieur Rachmaninov fut rappelé plusieurs fois par le public qui insista pour qu'il rejoue, mais il leva les mains dans un geste signifiant qu'il était d'accord pour rejouer mais que c'étaient ses doigts qui ne l'étaient pas. Cela fit beaucoup rire le public qui, à ce moment-là seulement, le laissa partir[2]! ». Josef Hofmann, le pianiste à qui l'œuvre est dédicacée et que Rachmaninov considérait comme étant meilleur que lui, n’a jamais tenté de la jouer, disant d’elle que « ce n’était pas pour lui ».
À cause de contraintes de temps, Rachmaninov n'a pu travailler la pièce en Russie. C'est pourquoi il a pris avec lui un piano silencieux sur le bateau qui l'emmena aux États-Unis, sur lequel il put s'exercer.
Le concerto est pour la première fois donné le par la maintenant défunte Société symphonique de New York avec Walter Damrosch à sa tête et Rachmaninov apparaissant comme artiste invité au piano du New Theater (plus tard renommé en Century Theater). L'œuvre est redonnée quelques semaines plus tard sous la baguette de Gustav Mahler. Le manuscrit est quant à lui pour la première fois publié en 1910 par Gutheil. La création en Angleterre est donnée par George Thalben-Ball au Royal College of Music à Londres.
Il est popularisé en 1996 par le film Shine, lequel trace un portrait du fameux pianiste australien David Helfgott, jouant l'« œuvre la plus difficile au monde » lors d'une compétition au Royal College of Music d'Angleterre.
Le 3e Concerto et Horowitz
À la fin des années 1910, Horowitz connaît toute l'œuvre de Rachmaninov ; il choisit le 3e Concerto pour son épreuve de sortie de conservatoire. Son interprétation est si spectaculaire que l'audience, juges compris, se lèvent tous pour l'applaudir, ce qui fut une première dans l'histoire du conservatoire de Moscou. Lorsqu'il débarque aux États-Unis pour sa première tournée de concerts, Volodia n'a qu'une idée en tête : rencontrer son idole. La première entrevue a lieu dans les sous-sol de l'atelier Steinway & Sons de New York, le . Horowitz exécute 3e Concerto qu'il doit jouer à Carnegie Hall quelques jours plus tard : Rachmaninov est médusé par son interprétation, et lui déclare que cette œuvre lui appartient :
« Il s'est jeté sur la musique comme un tigre affamé. Avec son audace, sa bravoure, son intensité, il l'a dévorée tout cru[3]. »
Le premier mouvement est axé sur une douce mélodie diatonique et allante qui se développe ensuite en figures pianistiques très complexes. Rachmaninov en parle en ces termes :
« Le premier thème de mon Troisième Concerto n’est emprunté ni au chant populaire, ni à la musique d’église. Il s’est tout simplement « composé lui-même » ! […] je ne pensais qu’à la sonorité. Je voulais « chanter » la mélodie au piano… et lui trouver un accompagnement adéquat… Rien de plus ! »
Le second thème s’ouvre par de légers échanges entre l'orchestre et le piano avant de plonger dans un thème lent en majeur. La première partie du premier thème est traitée une deuxième fois avant que le mouvement ne passe au développement.
Celui-ci s'ouvre par une sorte de toccata en croches au piano puis atteint un passage ponctué d'accords chargés. L'écriture de cette section prend parfois des airs canoniques, en particulier lors d'un passage en croches au piano dans lequel les deux mains se chevauchent.
L'apogée est atteint avec la cadence du piano. Rachmaninov en écrivit deux versions[4], la première est aujourd'hui notée comme ossia et est plus longue et plus chargée. Le compositeur jouait par ailleurs la seconde dans ses enregistrements de l'œuvre, ainsi qu'Horowitz.
Le troisième mouvement suit le deuxième sans pause (attaca). Rapide et vigoureux, il contient plusieurs thèmes issus du premier mouvement, donnant ainsi une unité cyclique au concerto. Le dernier mouvement se conclut par une mélodie triomphante.
Deux pièces : Valse, Romance, 6 mains·Rhapsodie russe pour deux pianos·Romance pour piano à 4 mains·Suite no 1 pour deux piano op. 5, aussi appelée Fantaisie-Tableaux·6 Morceaux pour piano à 4 mains, Barcarolle, Scherzo, Thème Russe, Valse, Romance, Slava op. 11·Suite pour deux pianos no 2 op. 17·Polka italienne pour piano à 4 mains
Esmeralda, d'après Victor Hugo (1888, fragments)·Boris Godounov, d'après Pouchkine, (deux monologues)·Mascarade, d'après Lermontov, (monologue d'Arbenin)·Aleko, livret de Vladimir Nemirovitch-Dantchenko d'après Pouchkine·Le Chevalier avare op. 24, opéra en 3 scènes sur un texte de Pouchkine·Francesca da Rimini op. 25, opéra en un prologue, deux scènes et un épilogue, livret de Modeste Tchaïkovski Salammbô, projet non achevé·Monna Vanna, livret de Mikhaïl Slonov d'après Maurice Maeterlinck, inachevé : manuscrit piano-chant acte I, esquisses acte II