Il était un petit navire ou La courte paille est, à l'origine, un chant de marins (chant de détente, chant de gaillard d'avant) qui traite de l'anthropophagie de nécessité, arrangé en chanson vaudevillesque au milieu du XIXe siècle, et évoluant au XXe en chanson enfantine[1].
Sur un air gai, « Il était un petit navire » raconte l'histoire d'un jeune matelot qui, après un tirage à la courte paille, doit être mangé par l'équipage d'un petit navire qui n'a plus de vivres. Les matelots réfléchissent à la sauce et à la manière de le préparer (fricassé, frit). Après une prière du mousse à la Vierge Marie sa patronne, des milliers de petits poissons sautent dans le navire, sauvant l'enfant au dernier moment.
Les paroles traditionnelles « Il était un petit navire, ma lon lon la, dessus la mer s'en est allé » ont été transformées en « Il était un petit navire qui n'avait ja-ja-jamais navigué » dans Méridien, comédie-vaudeville en un acte, sur un livret de Clairville, et une musique arrangée par Édouard Montaubry[2]. Le refrain « Ohé ! Ohé ! Matelot, Matelot navigue sur les flots » fut ajouté à la fin du XIXe siècle.
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| Il était un petit navire | |
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Beaucoup de paroles ont été écrites sur cet air : politiques (Il était un petit ministre…), paillardes (Il est cocu le chef de gare), jusqu'à l'utilisation dans des bandes dessinées (Il était une petite galère[3] ou Il était un petit… hic! fakiiiiir[4]). En Allemagne, la chanson est aussi connue sous le titre War einst ein kleines Segelschiffchen[5]. Kate et Anna McGarrigle ont adapté cette chanson en lui ajoutant le refrain suivant : « Ma mie dort sous les vagues pour toute l'éternité ».
Ce chant est régulièrement utilisé dans des œuvres, comme dans le film Pirates de Roman Polanski, où il est chanté par un des personnages, et dans le film La Grande Illusion de Jean Renoir, où il est joué au pipeau pour faire diversion pendant une évasion.