La basse chiffrée est une notation musicale composée de chiffres arabes annotant une basse continue[1]. Elle indique les intervalles, accords et notes étrangères pour un morceau de musique improvisé. Ce système était principalement utilisé en musique baroque.
La basse continue a été utilisée tout au long de la période baroque (de 1600 à 1750), principalement sous forme d'une basse chiffrée jouée par le groupe continuo des instruments harmoniques[1]. Le terme « basse continue » provient de l'obligation où se trouvaient les accompagnateurs d'improviser l'accompagnement à partir d'une ligne de basse ininterrompue, même si la voix de basse se taisait. À la fin du XVIe siècle, les organistes ont constitué ainsi des lignes de basse ininterrompues, formées à chaque instant de la note la plus grave chantée par le chœur qu'ils accompagnaient. Le chiffrage de ces basses continues – les chiffres donnant quelques indications sur les accords à réaliser – a donné naissance à la basse chiffrée.
Une basse chiffrée est constituée d'une partie de basse (notes sur une partition) agrémentée de chiffres et d'altérations placées sous la portée. Ces indications suggèrent les intervalles à jouer, qui correspondent à certains accords ou leurs renversements.
Les compositeurs baroques avaient chacun leur convention de chiffrage. Les chiffres pouvaient même être omis lorsque le compositeur pensait que l'accord à utiliser était évident.
Le chiffrage moderne de la basse peut se résumer ainsi :

La basse est ici un do ; les chiffres 4 et 6 indiquent qu'il faut jouer une quarte et une sixte au-dessus de cette note, donc un fa et un la. On jouera ici le deuxième renversement d'un accord de fa majeur.