Orgue de Saint-Sulpice

En dehors de l'orchestre, le piano et l'orgue sont les seuls instruments solistes pour lesquels des compositeurs ont écrit des symphonies. Le répertoire pianistique ne compte cependant qu'une seule symphonie répertoriée (Charles-Valentin Alkan, opus 39 4 à 7).

Historique et description[modifier | modifier le code]

Suivant le mouvement de l'évolution musicale, la facture d'orgue française du XIXe siècle, après une courte période dite de l’orgue romantique, aboutit à l’orgue symphonique sous l'impulsion du facteur d'orgues Aristide Cavaillé-Coll et de trois organistes : Lefébure-Wely, César Franck et Jacques-Nicolas Lemmens. La symphonie pour orgue se révèle donc comme la fille de l'école française d'orgue. C'est cependant un genre nouveau, qui rompt avec la tradition classique de l'orgue et cherche, tant par la forme que par les timbres, à traiter l'orgue comme un orchestre. Elle participe d'un renouveau sans précédent dans l'histoire de la musique d'orgue, tant du point de vue des nouveaux principes de composition et de registration qu'elle engendre (utilisation de grands plans sonores, développement des jeux de détail, extension du clavier de Récit, augmentation des pressions...) que des nouvelles techniques de jeu qu'elle demande à l'interprète.

Typiquement française, l'histoire de la symphonie pour orgue reste marquée par les quatre figures emblématiques de l'esthétique symphonique : César Franck, Charles-Marie Widor (qui a composé dix symphonies pour orgue), Alexandre Guilmant (qui préfère intituler ses œuvres « Sonates ») et Louis Vierne (qui a écrit six symphonies pour orgue).

La symphonie pour orgue n'a donc pas suivi la longue genèse de la symphonie pour orchestre puisqu'elle assume d'emblée la structure fixée par les compositeurs post-beethovéniens. Cet héritage se ressent principalement dans le caractère unificateur donné par le plan tonal. Le souci d'unité peut aller jusqu'à la présence d'un ou plusieurs thèmes ou motifs cycliques : Widor est le premier à appliquer à la symphonie pour orgue cette technique franckiste, dans sa 7e ; Vierne la reprendra dans sa 2e, sa 4e et, de manière plus complexe, sa monumentale 5e. Son élève Augustin Barié est sans doute l'un de ceux qui utilisent la forme cyclique de la manière la plus consciente et originale.

Moins contrainte que la symphonie pour orchestre, la symphonie pour orgue se ressent aussi de l'influence de la suite et de diverses autres formes puisées dans la tradition de l'instrument, comme le prélude et fugue ou la fantaisie de choral. Le nombre de mouvements est donc variable (entre 3 et 7), ainsi que le caractère et la forme de ceux-ci. Si la structure est la plupart du temps celle d'une symphonie romantique en cinq mouvements (allegro de sonate, andante, scherzo, adagio, final en forme sonate), elle peut aussi prendre l'apparence d'une succession de pièces de genre (pastorale, variations, choral, marche…). Aussi, dès l'origine, les compositeurs et leurs interprètes n'ont pas hésité à jouer en concert des mouvements isolés. Certains, comme le célébrissime final (Toccata) de la 5e Symphonie de Widor, sont devenues des pièces de concert autonomes.

La symphonie pour orgue incarne en effet une fonction nouvelle pour cet instrument : née pour des orgues d'église (Sainte-Clotilde et Saint-Sulpice à Paris, Saint-François-de-Sales à Lyon…), elle accompagne cependant une esthétique qui s'inspire d'un orchestre symphonique voué au rite profane du concert. Les inaugurations d'orgues au XIXe siècle deviennent elles-mêmes de grands événements mondains, comme en témoignent abondamment Le Ménestrel ou la Revue et Gazette musicale de Paris. L'orgue se développe d'ailleurs aussi dans les salles de concert : peu en France, où le Trocadéro demeure un exemple unique pour la dimension de l'instrument ; beaucoup en revanche en Angleterre et aux États-Unis, où Guilmant, Vierne et Marcel Dupré feront des tournées triomphales. Genre emblématique de l'orgue profane, la symphonie pour orgue ne se détache pourtant pas complètement des racines ecclésiastiques de l'instrument et, à partir des années 1890, accompagne le mouvement de réforme liturgique impulsé par Solesmes en réintégrant des thèmes grégoriens : l'introït Puer natus est dans la Symphonie gothique de Widor et le graduel Haec Dies dans sa Romane, le répons Media vita chez Ermend Bonnal… Elle adopte même, avec la Symphonie-Passion de Dupré, un véritable programme catéchétique. Elle reste donc, tant formellement qu'esthétiquement, un genre ambigu.

Symphonies pour orgue solo[modifier | modifier le code]

César Franck (1822-1890)[modifier | modifier le code]

Charles-Marie Widor (1844-1937)[modifier | modifier le code]

Fernand de La Tombelle (1854-1928)[modifier | modifier le code]

Louis Vierne (1870-1937)[modifier | modifier le code]

Charles Tournemire (1870-1939)[modifier | modifier le code]

Charles Quef (1873-1931)[modifier | modifier le code]

Clarence Dickinson (1873-1969)[modifier | modifier le code]

Georges A. P. Jacob (1877-1950)[modifier | modifier le code]

Sigfrid Karg-Elert (1877-1930)[modifier | modifier le code]

Joseph-Ermend Bonnal (1880-1944)[modifier | modifier le code]

Auguste Fauchard (1881-1957)[modifier | modifier le code]

Alexandre Cellier (1883-1968)[modifier | modifier le code]

Augustin Barié (1883-1915)[modifier | modifier le code]

Arthur Meulemans (1884-1966)[modifier | modifier le code]

Émile Bourdon (1884-1974)[modifier | modifier le code]

Marcel Dupré (1886-1971)[modifier | modifier le code]

Paul de Maleingreau (1886-1956)[modifier | modifier le code]

Edward Shippen Barnes (1887-1958)[modifier | modifier le code]

Kaikhosru Shapurji Sorabji (1892-1988)[modifier | modifier le code]

Joseph Gilles (1903-1942)[modifier | modifier le code]

Flor Peeters (1903-1986)[modifier | modifier le code]

André Fleury (1903-1995)[modifier | modifier le code]

Jean Langlais (1907-1991)[modifier | modifier le code]

Pierre Cochereau (1924-1984)[modifier | modifier le code]

Pierre Pincemaille (1956-2018)[modifier | modifier le code]

Jean Guillou (1930-2019)[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Florentz (1947-2004)[modifier | modifier le code]

Marc Giacone (1954)[modifier | modifier le code]

Gérard Hilpipre (1959)[modifier | modifier le code]

Sonates apparentées à la Symphonie pour orgue solo[modifier | modifier le code]

Nicolas Jacques Lemmens (1823-1881)[modifier | modifier le code]

Gustav Adolf Merkel (1827-1885)[modifier | modifier le code]

Alphonse Mailly (1833-1918)[modifier | modifier le code]

Alexandre Guilmant (1837-1911)[modifier | modifier le code]

Joseph Rheinberger (1839-1901). Entre 1869 et 1901[modifier | modifier le code]

Edgar Tinel (1854-1912)[modifier | modifier le code]

Sigfrid Karg-Elert (1877-1933)[modifier | modifier le code]

Darius Milhaud (1892-1974)[modifier | modifier le code]

Symphonies pour orchestre avec orgue obligé[modifier | modifier le code]

Il existe très peu de symphonies avec orgue obligé, œuvres qu'il ne faut pas confondre avec le concerto pour orgue. La limite entre « symphonie avec orgue » et « concerto pour orgue » peut être définie de la manière suivante :

Camille Saint-Saëns (1835-1921)[modifier | modifier le code]

Alexandre Guilmant (1837-1911)[modifier | modifier le code]

Charles-Marie Widor (1844-1937)[modifier | modifier le code]

Joseph Jongen (1873-1953)[modifier | modifier le code]

Marcel Dupré (1886-1971)[modifier | modifier le code]

Indications discographiques[modifier | modifier le code]

Fichier audio
Vierne, final symphonie n° 1
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L’œuvre pour orgue - Susan Landale (orgues Cavaillé-Coll de Saint-Sulpice de Paris, Saint-Étienne de Caen, San Sebastian) – Calliope CAL 9941.2
Symphonie no 3 avec orgue - Olivier Latry (orgue Dobson "Fred J. Cooper" du Verizon Hall de Philadelphie), The Philadelphia Orchestra, dir. Christoph Eschenbach - Ondine ODE 1094-5
L'intégrale des sonates pour orgue - Ben van Oosten (orgue Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen) - MDG MD+G L 4340-42
Symphonies no 1 & 2 pour orgue et orchestre - Edgar Krapp (orgue Jann de la Konzerthalle de Bamberg), Bamberger Symphoniker, dir. Vladimir Fedoseyev (no 1), Sebastian Weigle (no 2) - ARTS Music 47662-2
Symphonies op. 13 [1 à 4 dans leur première version] - Joris Verdin (orgue Cavaillé-Coll de l'abbaye de Royaumont) – Ricercar RIC 286
Symphonies no 2 & 3 - Olivier Vernet (orgue Cavaillé-Coll de Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts) – Ligia digital Lidi 0104203-09
5e et 6e symphonies - Olivier Latry (orgue Cavaillé-Coll de Notre-Dame de Paris) – BNL 112617
Symphonies no 4 & 6 - Olivier Vernet (orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale d'Orléans) – Ligia digital Lidi 0104193-08
Symphonie Romane op. 73 - Michel Bouvard (orgue Cavaillé-Coll de Saint-Sernin de Toulouse) - Tempéraments TEM 316008
Les 10 symphonies pour orgue - Pierre Pincemaille (10 grands instruments Cavaillé-Coll) - Solstice SOCD 181/5
Les six Symphonies - Pierre Cochereau – FYCD 028, SOCD 812, FYCD 029/30
Les six Symphonies - Ben Van Oosten (orgues Cavaillé-Coll de Saint-François-de-Sales à Lyon, Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Ouen de Rouen, Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts à Paris) – MDG 316 1580-2
Les six Symphonies - Jeremy Filsell (orgue Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen) - Brilliant 8645
Symphonies no 3 & 5 - Samuel Kummer (orgue Kern de la Frauenkirche de Dresde) - Carus 83.405
L'Œuvre pour orgue - Véronique Le Guen (orgue Cavaillé-Coll de Saint-François-de-Sales à Lyon) - Calliope
Symphonie eucharistique - Emmanuel Hocdé (orgue Cavaillé-Coll de Saint-Sulpice, Paris) - Hortus 078
Symphonie concertante op. 81 - Olivier Latry (orgue Schyven de la Philharmonie de Liège), Orchestre philharmonique de Liège, dir. Pascal Rophé - Cyprès CYP7610
Joseph Jongen, Aaron Copland : symphonies pour orgue et orchestre - Direction : Daniel Tosi - Orgue : Pierre Pincemaille - Cathédrale de Perpignan - Solstice SOCD 198.
L'Œuvre pour orgue - Jean-Pierre Lecaudey (orgue Adema de la cathédrale Saint-Bavon de Haarlem) - Pavane ADW 7357
Symphonie-Passion op. 23 in Marcel Dupré par Pierre Cochereau – FYCD 020
Symphonie-Passion op. 23, Évocation op. 37 - Ben van Oosten (orgue Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen) - MDG 316 0951-2
Symphonie-Passion op. 23, Évocation op. 37 - Yves Castagnet (orgue Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen) - BMG 74321470062
Symphonie no 2 - Yves Castagnet (orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale Notre-Dame de Paris) - Intrada INTRA020 (+ Le Chemin de la Croix, op. 29)
Symphonie no 2 - Torje Winge (orgue Jorgensen de l'église de Skien) - Simax classics PSC 1244
"Symphonie de Noël" op. 19 de la série "Cathédrale" par François Houtart à l'orgue Schyven/Van Bever de Notre-Dame de Laeken (Bruxelles) - PHI, Namur. (Références : www.francois-houtart.eu).
Œuvres symphoniques pour orgue - Peter Van de Velde (orgue Schyven de la cathédrale d'Anvers) - Aeolus AE-10611 (vol. 1), AE-10621 (vol. 2)
Symphonie pour orgue Op. 18 et Second Symphony for Organ Op. 37 par Simon Nieminski à l'orgue de la Cathédrale St. Mary's R.C. de Peoria (Illinois) - Pro Organo CD 7131
Première Symphonie - Kevin Bowyer (The Carthy Organ, Calgary) - Nimbus NI5408
Symphonie Initiatique pour 3 orgues - Jean Guillou – Decca 480 2099 (coffret "Jean Guillou, The Early Recordings" vol. 2)

Indications bibliographiques et liens[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]