Plus d'un million d'exemplaires sont vendus en une dizaine de jours et plus de 5 millions de singles ont été vendus à travers la monde[2]. Entré au Grammy Hall of Fame, il s'agit du plus grand succès de Lewis, dépassant celui de sa sortie précédente Whole Lotta Shakin' Goin' On qui avait plafonné à la troisième place du Billboard Hot 100[3].
Il s'agit du premier titre sorti par Sun Records à atteindre la première place au Royaume-Uni[4]. Il constitue la meilleure vente du label au niveau international[5].
En 1957, Jack Hammer écrit sa version de la chanson et l'envoie à l'auteur new-yorkais Paul Case, à l'époque consultant musical pour le film Jamboree(en)de Roy Lockwood(en) , film de rock'n roll à petit budget. Case n'aime pas les paroles mais appréciant le titre, il prend contact avec Otis Blackwell. Hammer ne l'a jamais rencontré mais n'y voit pas d'inconvénient, ayant conclu un accord de répartition des droits d'auteur en deux parties égales[6].
Le titre Great Balls of Fire, traduisant une expression de surprise, trouve son origine dans les États du sud des États-Unis vers 1850. Elle dérive de plusieurs références bibliques relatant la présence de Dieu sous la forme du Feu. Hammer, originaire de Géorgie, état du sud et ancré dans la religion (80 % des habitants se disent modérément à très pratiquants[7]), est donc coutumier de l'expression[8].
En plus de retravailler la chanson, Case demande à Blackwell de trouver un chanteur pour son film. Blackwell part alors en quête d'un jeune artiste de l'époque et parmi plus de 300 singles, est interpellé par Whole Lotta Shakin' Goin' On qu'il voit interprété par Lewis durant le Steve Allen Show[5]. Il passe deux jours à réécrire le texte tout en conservant le titre de Hammer, lui donnant par la même occasion un tempo plus rapide à ce qui n'était alors qu'une ballade. En plus de répondre à Case, il envoie une démo à Sam Phillips, patron de Sun Records, qui est persuadé qu'il tient là le second tube de Lewis[9],[10].
Le titre est enregistré le au Sun Studio à Memphis dans le Tennessee[11]. Après quelques verres, Lewis dit qu'il se "sent comme possédé et que l'enregistrement le conduirait en enfer". Phillips parvient à le calmer et la prise retenue se fera avant l'aube[9].
Le bassiste et le percussionniste, qui remplacent les habituels Janes et Van Eaton, n'auront plus aucun contact avec Lewis[12],[n 1].
Sam Phillips choisit de ne pas publier le titre immédiatement après son enregistrement, Whole Lotta Shakin' Goin' On étant encore bien classé dans les charts[10].
Le titre sort le , soit un jour avant la sortie du film Jamboree(en) dans lequel Jerry Lee Lewis interprète le morceau, ce qui lui donnera une forte exposition médiatique[13],[4]. Après le succès retentissant de Whole Lotta Shakin' Goin' On, son arrivée de dernière minute au générique du film fait qu'il volera la vedette aux autres acteurs du film pourtant aussi renommés que Carl Perkins, Fats Domino, Connie Francis ou encore Frankie Avalon[10].
Comme pour son succès précédent, les paroles sont à double sens [8],[5]. La chanson sera boycottée par plusieurs stations de radio car jugée sexuellement trop explicite[14] mais cela n'empêchera pas le succès du titre, aidé par des représentations dans les shows télévisés tels que le Patti Page's Big Record TV, le Howard Miller Show ou un retour au Steve Allen Show, en couleur cette fois[5].
Le succès était tel que Lewis dira qu'il y avait autant de zéros sur ses chèques que de notes "F" sur son bulletin[5].
Construite sous une forme AABA[15], le single est initialement publié sous la référence Sun 281. La pochette du vinyle mentionne simplement "Jerry Lee Lewis" tandis que l'étiquette apposée sur le disque 45 tours précise "Jerry Lee Lewis and his pumping piano"[16].
Dave Marsch[9] : Le solo de piano et la manière avec laquelle Lewis effectue le glissé aussi sauvage que ce que pouvait faire Little Richard, combinés aux éclats de rire du dernier couplet traduisent ce qu'est Lewis et les problèmes qu'il rencontre.
Eric Clapton[4] : Il s'agit du premier titre rock'n roll que j'ai vu à la télévision. Il m'a frappé, il semblait venir d'une autre galaxie.
Ce titre servira à promotionner plusieurs produits en lien avec Jerry Lee Lewis :
dès 1957, un album 4 titres intitulé The Great Ball of Fire est édité par Sun[17]. Il ne contient pas le morceau référencé, mais son succès précédent Whole Lotta Shakin' Goin' On et une reprise de Turn Around de Carl Perkins. Mean Woman Blues et I'm Feelin' Sorry complètent ce E.P.[18].
une biographie rédigée par son ex-femme Myra Gale en 1982, rééditée en 1989[19].
Entré au Billboard Hot 100 le , le titre atteint la seconde place le et reste classé 4 semaines à cette position, derrière le titre At The Hop de Danny & the Juniors[22].
De très nombreux artistes ont repris cette chanson[1], notamment :
en single :
En 1969, Tiny Tim classe sa version (RS 20802) en 45e position de classement du Royaume-Uni[29] et en 85e position au Billboard[30]. Le titre ressortira en face B en 1972, accompagnant un de ses autres succès Tiptoe Through the Tulips(en)[31],
En 1980, le groupe Nightmare[34] place sa reprise durant 11 semaines au classement sud-africain sur Springbok Radio. Ils atteindront le 7ème place[35].
En 1977, Otis Blackwell reprend lui-même la chanson sur son album These Are My Songs![37],
Dolly Parton dont la reprise, présente sur son album Great Balls of Fire en 1979, est la face B de Sweet Summer Lovin mais régulièrement diffusée sur les ondes radio à l'époque,
En 1981, Amii Stewart enregistre sa version pour l'album Images,
Gareth Brooks en 2013 sur son album Blame It All on My Roots : Five Decades of Influences.
Cliff Richard sur son album Just...Fabulous Rock'n Roll en 2016,
en live :
En 1969, Tom Jones interprète ce titre en compagnie de Lewis lui-même lors d'un medley télévisé[38]. Durant la saison 2017 de The Voice UK, il reprend à nouveau le titre entre deux auditions à l'aveugle[39].
Au début des années 1970, Aerosmith a interprété le titre à plusieurs reprises en concert[40],
Take That durant leur Everything Changes Tour de 1993 à 1994 dans leur Rock'n Roll Medley[41], présent sur la Special LiveEdition du single Love ain't here anymore[42], dans lequel Gary Barlow reprend Jerry Lee Lewis[43].
Le catcheurRic Flair explique qu'en 1974, il créa sa phrase d'accroche "Wooo!" en s'inspirant des paroles "Goodness gracious, great balls of fire, woo!" entendues dans la chanson de Jerry Lee Lewis [51].
En 1986, dans le film Top Gun[4], chanté par Goose (Anthony Edwards) et Maverick (Tom Cruise). Le titre est présent dans l'édition spéciale de la bande originale sortie en 1999[54].
Le titre est utilisé dans la série animée américaine Madballs(en) en tant que thème récurrent[55], interprétée par Cree Summer[56].
En 1988, on entend une reprise du titre dans l'épisode "Étonnants Chipmunks" (The Amazing Chipmunk) de la série Alvin et les Chipmunks.
En 2010, Levi Kreis(en) interprète Jerry Lee Lewis dans la comédie musicale Million Dollar Quartet(en) et y reprend Great Balls of Fire. En 2011, il est remplacé par Jared Mason[58].
La version des Jolly Boys est utilisée pour une publicité de soda au gingembre en 2010.
Le pirate Seamus chante le titre dans l'épisode Boys Do Cry de la saison 5 de la série Family Guy (Les Griffins).
On entend le titre dans l'épisode 14 de la première saison de la série Vegas[59].
En 2017, la World Wrestling Entertainment crée un Pay-Per-View à ce nom. La WWE sera contrainte d'utiliser la chanson comme générique, conséquence d'une plainte, Lewis possédant tous les droits d'utilisation de son titre[60].
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Il est à remarquer que les musiciens diffèrent selon les sources : dans une interview accordée à Ken Burke (Making sure the beat goes on : The J.M. Van Eaton Interview), Van Eaton s'inclura dans les membres présents lors de l'enregistrement. Les noms repris dans l'article sont issus d'un ouvrage où Lewis est lui-même interviewé.
↑ abcd et e(en) Glenn C. Altschuler, All Shook Up : How Rock 'n' Roll Changed America, Oxford University Press, , 240 p. (ISBN978-0-19-983957-5, lire en ligne).
↑« Jack Hammer », sur www.rockabilly.nl (consulté le 30 octobre 2017).
↑(en-US) Gallup, Inc., « State of the States », Gallup.com, (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2017).
↑Philippe Auclair, Dictionnaire du Rock, sous la direction de Michka Assayas, Robert Laffont, 2000, p. 1010.
↑(en-US) Grant Oster, « Goodness, Gracious, Great Balls of Fire! - Hankering for History », Hankering for History, (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2017).
↑« Musical Form », sur www.lipscomb.umn.edu (consulté le 30 octobre 2017).
↑Jerry Lee Lewis And His Pumping Piano : Great Balls Of Fire (lire en ligne).
↑(en) Melissa U. D. Goldsmith, Paige A. Willson et Anthony J. Fonseca, The Encyclopedia of Musicians and Bands on Film, Rowman & Littlefield, , 486 p. (ISBN978-1-4422-6987-3, lire en ligne).