Le Limbourg est une région historique située aux environs des villes de Liège (Belgique), Maastricht (Pays-Bas) et Aix-la-Chapelle (Allemagne).
Divers lieux et entités politiques sont associés à cette appellation, les deux plus notoires étant actuellement :
En 1581, l’ancien duché du Limbourg disparait avec l’abjuration du Royaume d’Espagne des dix-sept provinces des Pays-Bas espagnols, mais l’Espagne reconquiert le Sud ; l’ancien duché est alors scindé en deux :
les Pays-Bas du Sud espagnols (sept provinces dites États belgiques, capitale Bruxelles, l’Espagne étant généralement alliée à la France), comprenant le Limbourg belgique (dont la ville wallonne de Limbourg). Note : belgique est ici un adjectif, désignant les hautes provinces du Sud, par opposition aux pays bas du Nord.
En 1713, les Pays-Bas du Sud (et avec eux le premier État du Limbourg belgique) deviennent Pays-Bas autrichiens, qui forment une alliance politique temporaire avec le Royaume de France. Le premier Limbourg autrichien (à l’ouest de la Meuse) est issu de cette annexion. Les Provinces-Unies au nord restent indépendantes.
En 1748, le Royaume de France envahit une partie des Pays-Bas autrichiens (lors de la Guerre de Succession d’Autriche), mais dut concéder ses possessions en Pays-Bas et Allemagne dont la partie la plus orientale du Limbourg, le Limbourg allemand (région à l'est d’Aix-la-Chapelle), partie historique qui restera à l’Autriche avant d’être prise plus tard par la Prusse, et reconquise par la France sous le Consulat, perdue à la fin de l’Empire et unie plus tard à la Westphalie, alliée à la Prusse et l’Empire d’Autriche-Hongrie puis l’Allemagne au XXe siècle).
Entités politiques dans la période révolutionnaire française et l’Empire[modifier | modifier le code]
En 1795, la République bicentenaire des Provinces-Unies, alors alliée de l’Angleterre et de l'Autriche, est envahie à son tour par la France. Les patriotes bataves se soulèvent et, grâce à la fuite du stathouderGuillaume V d'Orange le , fondent la République batave. Par le traité de La Haye (), la République batave cède à la France le Limbourg des États, c'est-à-dire les villes de Maastricht, Ruremonde et Venlo. Le 1er octobre, la Convention décrète l'annexion de la Belgique, qui est divisée en neuf départements. Le Limbourg forme une partie du nouveau département de la Meuse-Inférieure (préfecture : Maastricht, sous-préfectures de Hasselt et Ruremonde).
Lors du Congrès de Vienne en 1815, au démantèlement de l’Empire français, l’ancien département français de la Meuse-Inférieure (1795-1814) est attribué (avec le reste de la Belgique sauf le Luxembourg qui devient un grand-duché indépendant allié dans la Confédération germanique) aux Pays-Bas, en compensation des pertes coloniales des Pays-Bas dans son alliance avec la France contre l’Angleterre, et l’ancien département français devient la province de Limbourg (néerlandaise) et l’une des dix-huit provinces du nouveau Royaume des Pays-Bas. Le nom de Limbourg est donné à cette province, bien qu'elle ne comprenne que quelques kilomètres carrés de l'ancien duché de Limbourg, à la demande expresse de Guillaume Ier, qui ne voulait pas voir disparaître ce nom prestigieux[1]. Toutefois cette province ne comprend pas les régions des Pays-Bas belges attribuées au royaume de Prusse. Son chef-lieu est Maastricht (l’ancienne préfecture française), les sous-préfectures sont conservées à Ruremonde et Hasselt).
En 1830, la Belgique se soulève et déclare son indépendance des Pays-Bas : la totalité du Luxembourg est alors belge (sauf la citadelle de Luxembourg, tenue par l'armée prussienne), de même que presque toute la province de Limbourg (belge, chef-lieu : Hasselt, sous-préfecture Ruremonde) sauf la forteresse de Maastricht qui reste sous contrôle néerlandais durant toute la guerre belgo-néerlandaise (1831-1839).
En 1839, après le Traité des XXIV articles signé à Londres, le Royaume des Pays-Bas reconnait l'indépendance du Royaume de Belgique, la Belgique doit cependant céder une partie du Luxembourg (le grand-duché de Luxembourg reste indépendant en union personnelle avec les Pays-Bas) et de l'ancienne province de Limbourg (1815-1839) qui est alors scindée entre les deux actuelles provinces :
Aujourd’hui, le Limbourg allemand désigne la région historique de l’ancien Limbourg à l'est d’Aix-la-Chapelle, région historiquement accordée à la Prusse lors du Congrès de Vienne, et prise sur les anciens Pays-Bas autrichiens mais non restituée avec le reste de la Belgique lors de la création des Pays-Bas.
La ville de Limbourg, à l'origine de l'appellation de ces différents territoires ou entités politiques, ne fait plus partie d'aucun d'entre eux. Elle se situe en effet en Province de Liège en Belgique, alors que les provinces néerlandaise et belge se trouvent au plus près à une vingtaine de kilomètres vers le nord et le nord-ouest.
↑Jean Stengers, Histoire du sentiment national en Belgique des origines à 1918, tome 1, Les Racines de la Belgique, éditions Racine, Bruxelles, 2000 (ISBN978-2-87386-218-3), p. 45 et note 13.