Marian Anderson[1] est l’aînée des trois enfants de John Berkeley Anderson[2], un marchand[3] du Reading Terminal Market(en) de Philadelphie, et d'Anna Delilah Rucker Anderson, une enseignante[4]. Compte tenu du contexte de ségrégation raciale aux États-Unis, les églises protestantes constituent l'un des lieux privilégiés de rassemblement, de solidarité et d’éducation pour la communauté afro-américaine. Le chant et la musique gospel jouent un rôle fondamental dans les rites des églises baptistes afro-américaines, aussi de nombreux chanteurs afro-américains effectuent leur formation musicale et vocale au sein de leurs églises. De nombreux ensembles religieux disposaient de leurs propre chorale comme c'est le cas de l'Union Baptist Church[5] de Philadelphie[6] que Marian Anderson intégra à partir de six ans. Elle a, de ce point de vue un début de parcours similaire à d'autres figures musicales afro-américaines, tel Roland Hayes, son homologue masculin. C'est à l'initiative de sa tante que Marian Anderson intègre cette chorale dans laquelle elle effectue des duos et des solos. Sa tante joua, en effet, un rôle important dans sa formation musicale, l'emmenant à différents concerts dans des églises locales[7]. A l'âge de 10 ans, elle intègre The People's Chorus of Philadelphia dans laquelle elle est très régulièrement soliste. Elle effectua son éducation primaire à la Stanton Grammar School, et en fut diplômé en 1912. Comme de nombreuses familles ouvrières afro-américaines, les parents de Marian Anderson ne pouvaient pourvoir financièrement à une éducation supérieure. Il est à noter, que les établissements d'enseignement secondaire et universités enseignaient la musique et que beaucoup d'universités disposaient de leurs propres chorales, telle la Fisk University. Par conséquent, la possibilité d'entrer dans une de ces institutions constituait une opportunité, y compris pour une carrière artistique, particulièrement pour les musiciens afro-américains. Néanmoins, les directeurs de People's Chorus of Philadelphia, ainsi que le pasteur de l'église, révérend Wesley Parks organisèrent une levée de fonds pour permettre à Marian Anderson d'intégrer la South Philadelphia High School, et de suivre des cours de chant privés avec Giuseppe Boghetti(en) et Agnes Reifsnyder[8],[9].
Marian Anderson en 1920.
En 1921-1922, elle se présente à la Philadelphia Music Academy, une université des arts ségréguée, elle y est refusée à cause de sa couleur[8]. Elle poursuit néanmoins sa formation musicale par des cours privés, et les concerts avec le soutien de la communauté de son église[réf. nécessaire].
En 1925, elle obtient une première consécration en gagnant le premier prix d'un concours de chant sponsorisé par le New-York Philarmonic. Cette victoire lui permet d'effectuer un concert avec l'orchestre le 26 août 1925. Cette performance est particulièrement remarqué du public, des médias, et des critiques de musique. De plus, cet événement lui offre une nouvelle opportunité, la rencontre avec un manager, Arthur Judson. Malgré le contexte raciste qui freine sa carrière, elle chante au Carnegie Hall, en 1928. A la suite d'un concert à l'Orchestra Hall, en 1929, elle obtient une bourse de l'organisation philanthropique, Roosenvald Found[réf. nécessaire].
En , Marian Anderson chante lors d'un concert organisé par Eleanor Roosevelt[10] devant le Lincoln Memorial[11], après qu'il lui a été refusé d'accéder à la salle où elle devait chanter, par les Filles de la Révolution américaine[12] (Daughters of the American Revolution ou DAR). Après quoi la « première dame » des États-Unis démissionne de l'organisation féminine.
Marian Anderson en 1943.
En 1943 elle épouse l'architecte Orpheus H. Fisher[13].
Dans les années 1950-1960, Marian Anderson devient une figure incontournable des negro spirituals et du gospel, elle est également connue en Europe, où tout comme Roland Hayes avant elle et Paul Robeson, elle participe à la transmission de ce style de musique en Europe. Elle inspira ainsi plus d'une figure du gospel francophone comme John William.
Elle meurt le chez son neveu James DePreist, directeur de l'Oregon Symphony music.
Elle est une figure majeure de la lutte des artistes afro-américains contre les préjugés raciaux et fut un modèle pour des artistes lyriques comme Leontyne Price, Grace Bumbry, Jessye Norman, etc.
Dans son roman d'exofictionLe cas Eduard Einstein, l'écrivain Laurent Seksik la fait rencontrer le physicien Albert Einstein en 1938. Il la reçoit chez lui, au 112, Mercer Street, à la suite du concert qu'elle donne au Hall McCarter et après que le Grand Hotel Nassau lui a fait savoir qu'aucune chambre n'était disponible, l'établissement refusant à l'époque les personnes de couleur[23].
« On perd énormément de temps à haïr des gens. » (extrait du journal The New York Times - )
« Nous avons tous un don, ne serait-ce que celui d’être un ami sur qui l’on peut compter. »
« La prière commence où les capacités humaines finissent. »
« Les préjugés sont comme un cheveu sur la joue. Vous ne pouvez le voir, vous ne pouvez le toucher, mais vous essayez toujours de l’enlever car c’est une sensation irritante. »