Le titre Papaoutai utilise une forme de jeu de mots abstrait appelé trompe-oreilles. Ce mot inventé joue entre les deux sens : « Papa où t'es ? » et « empapaouter » signifiant « duper quelqu'un » en argot, rappelant ainsi l'attitude volage du père et les souffrances du fils.
Papaoutai[2] est une chanson au style house, avec des influences de pop, rythmes africains (proches de ceux du Congo), et on peut même y déceler un brin de variété, au début du 1er couplet notamment. Stromae raconte dans la chanson l'absence d'un père, histoire qu'il a lui-même vécue. Né d'une mère belge et d'un père rwandais, il avait un père volage, tué lors du génocide de 1994[3]. Le chanteur avoue lors d'une interview pour Libération avoir pleuré lors de l'écriture « sans doute pour le côté vécu »[3].
Charlotte Pons du Point note dans la critique de l'album, que comme pour la chanson Bâtard, Stromae excelle « dans l'art des mots qui exorcisent les maux » avec cette chanson qui parle de l'« enfant qu'il a dû être »[4]. Marianne Grosjean de la Tribune de Genève note qu'avec Formidable, il s'agit d'une des chansons « les plus abouties » de l'album Racine carrée (2013)[5]. Pour Valérie Lehoux de Télérama le « bondissant Papaoutai sur le départ du père » fait partie des chansons « dont les textes, pas forcément poétiques, ont le don de taper dans le mille »[6].
En France, quatre semaines après l’intégration du titre dans le top 100, il entre dans le top 10 à la 6e place le [7]. Après six semaines de progression entre la 3e et 2e place, le titre se classe 1er des ventes de single en France le [7]. Il déclasse ainsi avec 12 795 ventes Blurred Lines de Robin Thicke, lui vendu à 9 532 exemplaires[8]. En deuxième semaine comme numéro un, il vend 14 300 exemplaires, en hausse de 12 % sur une semaine[9]. En fin d'année, 201 000 copies ont été vendues en France[10].
Le clip vidéo pour Papaoutai sort le sur le site de partage YouTube. En , le clip a dépassé la barre des 400 millions de vues sur ce site. Celui-ci a été réalisé par Raf Reyntjens et les chorégraphies élaborées par Marion Motin[11]. Reyntjens a raconté que Stromae et lui avaient d'abord pensé à utiliser une poupée et des effets spéciaux mais après ont décidé que Stromae incarnerait la poupée[12]. Le clip met en scène un jeune garçon à la recherche de son père. Dans un décor inspiré des années 1950 car il contient des voitures comme la BMW Isetta et 2 Fiat 500, la vidéo met en relief le mimétisme de plusieurs enfants avec leur père. Stromae apparaît quant à lui tel un mannequin, père sans vie qui se réveille seulement quelques instants dans l'imagination de son enfant.
Le clip a reçu des critiques positives. Charts in France écrit : « Coloré et chorégraphié, le clip de Papaoutai joue sur l'esthétisme rétro et une palette d'émotions »[13]. Le magazine Le Vif/L'Express souligne l'esthétique soignée de la vidéo et écrit : « Chaque plan propulse le spectateur dans un univers des années 1960. Un thème lourd, que le chanteur fait glisser sous sa plume avec une facilité déconcertante »[14]. Le quotidien La Capitale écrit : « Ce qui impressionne, outre l’esthétique de l’image, la qualité du texte et le refrain hypnotique, ce sont les chorégraphies des danseurs. Stromae fait ici à nouveau mouche comme pour le clip de Formidable »[15]. La vidéo de Papaoutai, publiée sur YouTube, est la vidéo francophone la plus vue au monde[réf. nécessaire] avec plus de 817 millions de vues.
Un remix en featuring avec la rappeuse Angel Haze a été réalisé[1]. Le groupe néerlandais Cut_ a également repris la chanson dans un style indie pop en la traduisant en anglais[26],[27]. Cette version a atteint la 86e place du classement français[28].
En , le groupe américain Pentatonix accompagné de la violoniste Lindsey Stirling reprennent Papaoutai. Sous forme parodique, le chansonnierFrédéric Fromet reprend l'air et certaines paroles de la chanson dans Où t'es kippa, où t'es ?, sorti en .
↑ a et bSabrina Champenois, « «Le titre renvoie aux origines numériques et j’aime la géométrie» », Libération, (lire en ligne, consulté le 19 août 2013).