Balalaïka
Image illustrative de l’article Balalaïka
Balalaïka prima de 1981

Variantes historiques Domra
Classification Instrument à cordes
Famille Instrument à cordes pincées
Instruments voisins Guitare, luth
Tessiture Balalaika Range2.svg

La balalaïka (Russe : балалайка) est un instrument de musique à cordes pincées populaire de Russie. C'est un luth à manche long à la caisse typiquement triangulaire. Le mot balalaïka vient du russe balakat, qui signifie bavarder, plaisanter, taquiner.

Elle se joue le plus souvent au doigt et parfois avec un plectre et se décline en plusieurs tailles. La plus courante, la balalaïka prima, comporte trois cordes, les deux cordes basses accordées à l’unisson en mi et la troisième, aiguë, en la. Elle est souvent associée aux orchestres de balalaïkas.

Histoire[modifier | modifier le code]

Domra, ancêtre de la Balalaïka

L'ancêtre de la balalaïka s'appelle la domra et date du XVIe siècle. Elle aurait été introduite en Russie par les Tatares.

Quand, en 1648, le tsar de Russie Alexis Mikhaïlovitch décréta par un édit l’interdiction de jouer d’un instrument ou d’en posséder un, les musiciens furent alors persécutés et envoyés en exil, et leurs instruments brûlés. C’est alors qu'apparut la balalaïka, cet instrument de musique très facile à produire. Les premières traces écrites de son existence remontent à 1688, quand des gardes du Kremlin, alors forteresse de Moscou, ont arrêté deux serfs ivres jouant de la balalaïka. Vu son impopularité, le tsar n’eut d’autre choix que de révoquer l’édit et de faire revenir la musique dans les traditions russes.[réf. nécessaire]

Elle est généralement utilisée dans la musique traditionnelle russe[1], et enseignée dans des conservatoires dédiés à la balalaïka en Russie, mais certains musiciens continuent encore à élaborer de nouvelles techniques et à repousser les limites de l'instrument, tel Alexeï Arkhipovski, inventant de nouvelles sonorités à l'instrument grâce aux effets qu'il lui applique, principalement le "delay".

En 2010, la balalaïka a connu un coup de projecteur en France, grâce à Alexeï Arkhipovski, lors de son passage dans l'émission de Jean-François Zygel, La Boîte à musique, dans la rubrique de l'émission intitulée L'instrument rare[2].

Lutherie[modifier | modifier le code]

Balalaïka contrebasse
Balalaïka basse
Balalaïka prima, Garmon et Corne de berger

Au début, la balalaïka avait une forme hémisphérique, comme son instrument d'inspiration, la domra. Puis, l'instrument étant populaire et comme elle était plus facile à construire de façon triangulaire, on généralisa alors cette forme lors de sa production.

La balalaïka possède un manche fretté comme le manche d'une guitare, une caisse arrondie à l'arrière de l'instrument, une toute petite ouïe, un large chevalet et, si l'instrument est de bonne facture, un protège-table relevant la main sur lequel le musicien peut faire appui, grâce à quoi il pourra utiliser certaines techniques de jeu.

Telle qu'utilisée de façon académique dans les conservatoires en Russie, la balalaïka possède trois cordes. La première, la plus aiguë, est en métal et les deux autres, généralement accordées à l'unisson une quarte plus bas, sont en nylon. Plus rarement, il peut arriver que toutes soient en métal.

Qualités[modifier | modifier le code]

La qualité des instruments variant selon leur prix, leur provenance, on trouve plusieurs qualités de balalaïkas :

Modèles[modifier | modifier le code]

Comme dans la famille des violons, il existe différentes tailles de balalaïkas : sept modèles, de la piccolo à la subcontrebasse, permettent de créer des orchestres de balalaïkas, appelés les balalaïkastromusas. Les trois tailles les plus utilisées étant la balalaïka prima, la secunda, plus grave, utilisée plutôt pour faire des accords d'accompagnement, et la contrebasse.

Les sept modèles de balalaïkas et leurs accordages sont :

Jeu[modifier | modifier le code]

Elle se joue au doigt pour la prima et avec un plectre pour les autres tailles.

Un répertoire particulier a été développé pour cet instrument assez souple en outre pour s'adapter à tous types de musiques.

Musiciens[modifier | modifier le code]

Vassili Goulak, «Николы не кохай кацапа.», carte postale de 1918 environ: (en ukrainien) "Les dix commandements de la jeune fille. Septième commandement: Ne jamais se mettre avec un katsap". Une jeune fille donne un vigoureux coup de pied à un homme figurant le stéréotype du Russe, avec sa balalaïka, sa casquette de fonctionnaire impérial russe et un costume bigarré au lieu de la vychyvanka traditionnelle ukrainienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cédric Gras, Anthracite (Roman), Paris, Stock, , 335 p. (ISBN 978-2-234-07978-6), p. 225
  2. Les différentes vidéos de cette intervention ont été diffusées sur les sites de partage de vidéos tel que YouTube, et ont été dans leur globalité visionnées plus de 70 000 fois. Cette intervention a fait découvrir à de nombreux Français cet instrument et ses possibilités sonores [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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