Domènec TerradellasDomenico Terradeglias
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Portrait de Domènec Tarradellas, par Beniamino Parlagreco, 1885
Nom de naissance Domènec Miquel Bernabé Terradellas
Naissance
Barcelone, Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Décès (à 38 ans)
Rome, Flag of the Papal States (pre 1808).svg États pontificaux
Activité principale Compositeur
Formation Conservatorio dei Poveri di Gesù Cristo de Naples
Maîtres Francesc Valls, Francesco Durante, Gaetano Greco

Domènec Terradellas (Barcelone, - Rome, ), est un compositeur d'opéra hispano-italien du XVIIIe siècle. Il est originaire de Catalogne et connu[1] internationalement sous le nom de Domenico Terradeglias.

Biographie[modifier | modifier le code]

Domènec Miquel Bernabé Terradellas est né au sein d'une famille paysanne. Il a été scolarisé et a reçu les premiers ordres cléricaux à la Cathédrale de Barcelone. Il a très probablement été élève de Francesc Valls. À dix-neuf ans, il s'est établi à Naples, où il a poursuivi ses études musicales avec Francesco Durante et Gaetano Greco au Conservatoire dei Poveri di Gesù Cristo (1732-1740). Au bout de peu de temps, il a créé à Naples sa première œuvre, l'oratorio Giuseppe riconosciuto (1736). En 1739, il a présenté l'oratorio Ermenegildo martire et Astarto, son premier opéra, et, l'année suivante, sa composition comique Gli intrighi dellà cantarine. Le succès de La Merope (1743) a eu pour conséquence que le cardinal Acquaviva, à qui il avait dédié la Cerere en 1740, a conseillé qu'on l'engage en 1743 comme maître de chapelle de l'église de San Giacomo degli Spagnuoli à Rome. Durant les deux années pendant lesquelles il a occupé ce poste, il a composé une grande quantité de musique sacrée, jusqu'à ce qu'il se démette de cette charge pour des problèmes personnels.

Durant les années 1746 et une partie de 1747, il a résidé à Londres, où il a été nommé directeur du King's Theater. Là il a présenté avec succès ses opéras Annibale in Capua, Mitridate et Bellerofonte. Après un bref passage par Bruxelles, il s'est établi pour un temps à Paris. Là il a pris contact avec l'opéra français (qui ne lui a pas plu), avec Rameau et avec Rousseau, lequel en a fait l'éloge[2] dans sa "Lettre sur la musique française". De retour en Italie, il a créé en 1750 à Turin Didone abbandonata et Imeneo in Atene à Venise. Établi à Rome, il a présenté en 1751 Sesostri, re d'Egitto, peut-être sa meilleure œuvre, disparaissant peu après à l'âge de trente-huit ans. La manière et les causes de sa mort[3] ont donné naissance à une légende noire.

On lui attribue une douzaine d'operas serias et un nombre égal d'œuvres comiques, créés dans les théâtres les plus prestigieux de l'époque. À côté de cela, il a composé de la musique sacrée (messes, psaumes, motets, un Te Deum) de style italianisant quand il exerçait comme maître de chapelle à Rome. À Bruxelles on conserve quelques motets qu'il a composé durant son bref séjour dans la cité. Il est considéré comme un des représentants les plus significatifs de l'École de Naples ainsi que comme une des figures clé de l'évolution de l'opéra vers le classicisme à côté d'autres auteurs comme Niccolò Jommelli, David Pérez ou Johann Adolf Hasse.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Domènec Terradellas, caricature de Pier Leone Ghezzi, 1743

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Domingo Terradellas est la forme normalisée en castillan et Domènec Terradellas la forme normale en catalan. Dans des œuvres de référence et sur internet il est possible de rencontrer de nombreuses combinaisons des trois formes du prénom et des trois formes du nom.
  2. Lettre sur la musique française (1743) "....Le musicien, passant brusquement d'un ton ou d'un mode à un autre, et supprimant, quand il le faut, les transitions intermédiaires et scolastiques, sait exprimer les réticences, les interruptions, les discours entrecoupés, qui sont le langage des passions impétueuses, que le bouillant Métastase a employé si souvent, que les Porpora, les Galuppi, les Cocchi, les Jumella, les Pérez, les Terradeglias, ont su rendre avec succès, et que nos poètes lyriques connoissent aussi peu que nos musiciens...". Voir le texte complet dans [1].
  3. Selon Carreras i Bulbena (qui reproduit l'acte de décès, voir la bibliographie) le compositeur est décédé le 21 mai, après avoir reçu les Saints Sacraments, et a été enterré dans l'église de San Laurencii in Lucine. Cinquante ans après, cependant, l'Allgemeine musikalische Zeitung du 12 mars 1800 affirme que le cadavre de Terradellas avait été retiré du Tibre après que le compositeur Niccolò Jommelli l'ait assassiné d'un coup de poignard; la cause de l'agression aurait été la jalousie professionnelle, car les opéras du disparu avaient plus de succès que les siennes. Aucun musicologue sérieux n'accepte cette version. Sans pouvoir la confronter aux archives de l'époque, il reste plausible d'imaginer, cependant, que des bandits ont pu agresser Terradellas et l'ont jeté dans le fleuve; repêché encore en vie, il serait mort dans son lit. On a aussi envisagé la possibilité d'un suicide.
  4. Voir une analyse plus complète de l'œuvre dans le contexte de l'époque sur la page de la Real Compañía opéra de Cámara de Barcelone.
  5. (ca) Roger Alier, L'òpera a Barcelona : orígens, desenvolupament i consolidació de l'òpera com a espectacle teatral a la Barcelona del segle XVIII, Barcelone, Institut d'Estudis Catalans, , 651 p. (ISBN 84-7283-165-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]