National Association for the Advancement of Colored People
Label
MGM, RCA Victor, United Artists, Blue Note Qwest/Warner Bros.
Partenaire commercial
Duke Ellington, Cab Calloway, Harry Belafonte, Tony Bennett, Vic Damone, Judy Garland, Billy Strayhorn, Lady Day, Sammy Davis Jr., Barbra Streisand, Teddy Wilson ,Noble Sissle, Ralph Cooper
Lena Horne[1] est la fille de Teddy Horne et d'Edna Scottron Horne[2], un couple mixte d'ascendance afro-américaine, amérindienne et européenne[3],[4],[5],[6]. Les membres de la famille Horne font partie de l'élite afro-américaine qui a reçu une éducation universitaire[7].
Grâce à sa mère, elle est embauchée en 1934 comme danseuse et choriste dans la troupe du Cotton Club[11], célèbre cabaret de Harlem où elle devient chanteuse trois ans plus tard.
Lena Horne se fait ensuite remarquer sur Broadway par la comédie musicale Dance With Your Gods, puis elle est embauchée comme chanteuse au sein du big-band de Noble Sissle. En 1939, elle remonte sur la scène de Broadway dans la revue Lew Leslie's Blackbirds of 1939, puis, en 1940, elle est embauchée comme chanteuse par Charlie Barnett pour son big-band le Charlie Barnet Orchestra[11], mais à cause des lois ségrégationnistes des états du Sud, elle ne peut chanter dans certaines villes.
Après un premier rôle dans un film musical de 1938, intitulé « The Duke is Tops »[13], Lena Horne est la première femme afro-américaine à signer un contrat de longue durée avec un studio d'Hollywood[14], la Metro-Goldwyn-Mayer, contrat où des clauses sont imposées par la National Association for the Advancement of Colored People stipulant qu'elle ne peut être cantonnée à des seconds rôles habituellement confiés aux actrices afro-américaines comme ceux de domestiques, de nourrices, d'Africains « sauvage » [12]. Elle y fait ses débuts en 1942 dans Panama Hattie[15] et devient célèbre en 1943 pour son interprétation de Stormy Weather[16] de Ted Koelher et Harold Arlen dans le film du même nom[17],[18],[19]. Elle apparaît ensuite dans de nombreuses comédies musicales de la MGM, toutefois elle n'aura que peu de premiers rôles du fait de sa couleur de peau, par peur du boycott dans les États du Sud ségrégationnistes. C'est ainsi qu'il ne lui sera confié principalement que des rôles de chanteuse dont les séquences pouvaient être coupées lors des projections dans les salles de cinéma du Sud[20].
Lena est surnommée « la tigresse » en raison de sa silhouette féline[23],[24].
Sélectionnée pour jouer le rôle de Julia LaVerne dans la version de 1951 de Show Boat, elle est éliminée à cause de sa couleur de peau, le rôle échoit finalement à Ava Gardner[25],[26].
Dans les années cinquante, elle et son époux Lennie Hayton sont accusés d'« activités anti-américaines » par Commission parlementaire aux activités anti-américaines, ce qui vaudra à Lena Horne une traversée du désert émaillée de quelques disques qu'elle parvient tout de même à enregistrer pour la RCA.
C'est en 1957, et grâce à la revue Jamaïca[27], qu'elle renoue avec le succès, malgré un puissant boycott[28]. Elle enchaînera avec des tournages et un certain nombre de revues jusque dans les années 1970.
Elle fait un retour dans les années 1990 avec deux albums enregistrés pour le label Blue Note.
Lena Horne participant à la Marche sur Washington.
La carrière de Lena Horne est marquée contre le racisme et les lois ségrégationnistes[29].
Dès son enfance, elle subit le racisme, pour les blancs elle n'était qu'une « négresse » et pour certains de ses camarades afro-américains elle était trop blanche[22]. Ballottée entre ses diverses racines (afro-américaine, amérindienne, européenne), elle aurait pu être désorientée, mais elle a la chance d'être entourée par des grands parents militants des droits civiques et qui l'ont aidée à se positionner à refuser d'être une presque blanche[30],[31].
Elle continue son expérience du racisme au Cotton Club, les musiciens étaient des afro-américains, mais la salle leur était strictement interdite[32].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle devient une pin-up et un symbole de la « black beauty /beauté noire »[33], en faisant une tournée pour les troupes, elle découvre que ses concerts sont ségrégués, pire elle découvre que des prisonniers de guerre allemands sont devant alors que soldats afro-américains sont repoussés au fond de la salle, scandalisée elle interrompt sa tournée[34] pour ne visiter que des cantonnements de soldats afro-américains[35].
En 1937, Horne épouse Louis Jones. Ils ont deux enfants, Gail et Theodore[9]. Le couple divorce en 1944.
En 1947, elle épouse l'arrangeur et compositeur Lennie Hayton, qui décède en 1971[2]. Le mariage s'est fait discrètement à Paris, car les mariages mixtes étaient interdits en Californie[28]. Lennie Hayton, un juif américain, est l'un des premiers chefs d'orchestre arrangeurs de la Metro Goldwyn Mayer. Malgré les préjugés racistes, l'union dure jusqu'à la mort de Hayton en 1971, en effet, les directeurs exécutifs des studios désapprouvent cette union inter-raciale et le couple est mis au ban. Dans sa biographie coécrite avec Richard Schickel, Horne raconte les pressions énormes et les injures qu'ils durent subir.
« "Don't be afraid to feel as angry or as loving as you can, because when you feel nothing, it's just death." » / Ne soyez pas effrayé d'éprouver de la colère, de l'amour ou ce que vous pouvez, parce que lorsque vous n'éprouvez plus rien, c'est juste que vous êtes morts[42]
« Yet it was the rape of slave women by their masters which accounted for our white blood, which, in turn, made us Negro ‘society. » / c'est parce que les maîtres ont violé leurs esclaves que le sang des blancs coule en nous, et en retour cela fait de nous la "société nègre"[43].
« I was lucky, as many of my generation was, in having a man like Dr. King in our lives. He came at a time that we needed to take a long look at each other and see how similar we were. » / J'ai eu la chance, comme beaucoup de ma génération l'a été, d'avoir un homme comme le Dr King dans nos vies. Il est venu à un moment où nous avions besoin de prendre le temps de nous regarder les uns les autres et de voir comment nous étions semblables[44].
« "Always be smarter than the people who hire you." » / Soyez toujours plus fins que les gens qui vous embauchent[45].
« Malcolm X made me very strong at a time I needed to understand what I was angry about. He had peace in his heart. He exerted a big influence on me. » / Malcolm X m'a rendu très forte à un moment où j'avais besoin de comprendre contre quoi j'étais en colère. Il avait la paix dans le cœur. Il a exercé une grande influence sur moi[46].
« My identity is very clear to me now. I am a black woman. I’m free. I no longer have to be a ‘credit.’ I don’t have to be a symbol to anybody; I don’t have to be a first to anybody. I don’t have to be an imitation of a white woman that Hollywood sort of hoped I’d become. I’m me, and I’m like nobody else. »[31]
Qui peut être traduit par :
Maintenant, pour moi, mon identité est très claire.
Je suis une femme noire.
Je suis libre.
Je n'ai plus besoin d'être une caution.
Je n'ai pas besoin d'être un symbole pour qui que ce soit.
Je n'ai pas besoin d'être une première pour qui que ce soit.
Je n'ai pas besoin d'être une imitation d'une femme blanche comme Hollywood le désirait.
1958 : lauréate du Tony Award décerné par l'American Theatre Wing, dans la catégorie « meilleure actrice dans un premier rôle dans une comédie musicale » pour sa prestation dans la comédie musicale Jamaica[47].
(en-US) James Haskins et Kathleen Benson, Lena : A Personal and Professional Biography of Lena Horne, Chelsea Mich., Stein and Day, , 230 p. (ISBN0-8128-8524-4),
(en-US) Lena Horne et Richard Schickel, Lena, Limelight Editions, , 300 p. (ISBN0-87910-066-4),
(en-US) Brett Howard, Lena Horne, Los Angeles (Calif.), Melrose Square Publishing Company, , 222 p. (ISBN0-87067-572-9),
(en-US) Leslie Palmer et Nathan Irvin Huggins, Lena Horne, Chelsea House Publications, , 127 p. (ISBN0-7910-0226-8),
(en-US) Gail Buckley, The Hornes : An American Family, Applause Books, , 288 p. (ISBN1-55783-564-0),
(en-US) Megan E. Williams, « The "Crisis" Cover Girl: Lena Horne, the NAACP, and Representations of African American Femininity, 1941—1945 », American Periodicals, vol. 16, n° 2, , p. 200-218 (lire en ligne),
(en-US) Shane Vogel, « Performing "Stormy Weather": Ethel Waters, Lena Horne, and Katherine Dunham », South Central Review, Vol. 25, No. 1,, , p. 93-113 (lire en ligne)
(en-US) Megan E. Williams, « "Meet the Real Lena Horne": Representations of Lena Horne in "Ebony" Magazine, 1945–1949 », Journal of American Studies, Vol. 43, No. 1, , p. 117-130 (lire en ligne),
(en-US) Megan E. Williams, « "Lena Not the Only One": Representations of Lena Horne and Etta Moten in the Kansas City "Call", 1941-1945 », American Studies, vol. 51, n° 1/2, , https://www.jstor.org/stable/41287810 (lire en ligne)
↑(en-GB) Interview by Liz Hoggard, « Clarke Peters: ‘Many people aren’t aware of Lena Horne’s struggle’ », The Guardian, (ISSN0261-3077, lire en ligne, consulté le )
↑(en-GB) « Whitewashing and black-face in the movies: Hollywood's colourful history of race-bending », The Telegraph, (ISSN0307-1235, lire en ligne, consulté le )
↑ a et b(en-US) Aljean Harmetz, « Lena Horne, Sultry Singer and Actress, Dies at 92 », The New York Times, (ISSN0362-4331, lire en ligne, consulté le )
↑(en-GB) Matthew Weaver et Associated Press, « Lena Horne, singer and black activist, dies », The Guardian, (ISSN0261-3077, lire en ligne, consulté le )
↑(en-US) « For Lena Horne, a Home at Last », The New York Times, (ISSN0362-4331, lire en ligne, consulté le )
↑(en-US) The Associated Press, « Lena Horne Obituary », Legacy, (lire en ligne)
↑(en-US) James Barron, « Lena Horne Is Remembered at Funeral Mass », The New York Times, (ISSN0362-4331, lire en ligne, consulté le )