| Nom de naissance | Rosa Noémie Emma Calvet |
|---|---|
| Naissance |
Decazeville, Empire français |
| Décès |
(à 83 ans) Millau ou Montpellier, État français |
| Activité principale |
artiste lyrique soprano |
| Style | opéra |
| Années d'activité | 1882-1926 |
| Collaborations | Jules Massenet |
| Formation | Théâtre de la Monnaie, Bruxelles |
| Maîtres | Jean-Baptiste Caylus |
| Distinctions honorifiques | Légion d'honneur |
Répertoire
Rosa Noémie Emma Calvet, dite Emma Calvé, est une cantatrice française (soprano) née le à Decazeville (Aveyron) et morte le à Millau (Aveyron) ou à Montpellier.
Elle s'illustra notamment dans le rôle-titre de Carmen de Georges Bizet.
Née à Decazeville en 1858[1] et élevée dans les Causses du Larzac, elle suit les cours de Mathilde Marchesi et de Rosine Laborde à Paris et les derniers cours de Jean-Baptiste Caylus à Bruxelles où elle débute à La Monnaie en 1882 dans le rôle de Marguerite de Faust.
À partir de 1892, elle chante régulièrement au Royal Opera House de Londres et au Metropolitan Opera de New York. Elle crée le rôle de Suzel dans L'amico Fritz de Mascagni à Rome, le [2].
Sa large tessiture lui permet de passer des emplois de soprano lyrique à ceux de soprano dramatique. Massenet crée pour elle le rôle d'Anita dans La Navarraise et lui confie celui de Sapho dans l'opéra du même nom. Carmen, qu'elle chante plus de mille fois, suffit à établir sa célébrité, notamment aux États-Unis. Elle entonne ainsi La Marseillaise à New York en 1916, devant 30 000 personnes.
Adulée dans le monde entier, Calvé vit « comme une reine ». Elle chante en Inde, au Japon, en Australie. Elle fréquente régulièrement le salon littéraire de Geneviève Halévy où elle rencontre Réjane, Lucien Guitry et le romancier Paul Bourget. On trouve même sa photographie dans les tablettes de chocolat Poulain. Elle crée une école de chant dans le château de Cabrières, près de Compeyre, qu'elle acquiert en 1894, et revend à un industriel gantier quelques années plus tard. En 1904, à l’occasion de la millième de Carmen, elle renonce à l’opéra, tout en continuant jusqu’en 1926 à donner des concerts dans le monde entier.
Réputée pour sa personnalité dynamique, passionnée d'hindouisme et d'occultisme[3],[Note 1], elle passe pour fréquenter le cabaret du Chat noir, à Paris, en compagnie d’Alfons Mucha, de Papus, qui en 1893 l'initie au martinisme[4], en même temps que Camille Flammarion et que l'écrivain Jules Bois avec lequel elle vit une longue liaison tumultueuse.
La cantatrice aurait fréquenté le mystérieux abbé Bérenger Saunière, curé du village audois de Rennes-le-Château. Le prêtre l'aurait rencontrée, selon Gérard de Sède, lors de son voyage à Paris pour faire décrypter les parchemins trouvés dans l'église Marie-Madeleine. Ils se seraient revus dans l'Aude. Néanmoins, aucune preuve formelle ne vient attester cette liaison.
On lui attribue aussi ainsi qu'à Jules Bois une participation active à la création de l'AMORC, sans qu'il y ait la moindre preuve.
Elle séjourne à Peyreleau (Aveyron), dans la maison nommée Le Vieux Logis de 1935 à 1939. En novembre 1941, Emma Calvé entre à la clinique du Dr Parès à Montpellier. Michel de Bry (journaliste à Radio Cité) l'enregistre le 4 janvier 1942, lisant une page de ses Mémoires, celle où elle raconte qu'au Au bazar des Alliés, à New York, en juin 1916, 30 000 personnes vinrent l'entendre chanter La Marseillaise[5].
Elle meurt le , âgée de 83 ans. Selon certaines sources, elle meurt à Millau[6],[7]; d'autres situent son décès à Montpellier : « Minée par la maladie, elle s’éteignit dans une quasi-solitude à Montpellier, dans la clinique du docteur Parès, avenue Gambetta, à quelques centaines de mètres de la somptueuse villa Harmonie, qu’elle avait habitée au temps de sa splendeur insouciante. On lui diagnostiqua un cancer du foie. Emma Calvé fut enterrée dans le cimetière de Millau. »[8].
En 1931 elle est faite Chevalier de la Légion d'honneur[9].
La Principauté de Monaco lui a rendu hommage en émettant un timbre-poste à son effigie, en 2017, car elle avait chanté à l'Opéra de Monte-Carlo. Le dessin est dû à Cyril de La Patellière et se trouve au Musée de Millau.
Le passage Emma-Calvé lui rend hommage dans le 12e arrondissement de Paris.
La version fictive d'Emma Calvé joue un rôle important dans le film d'animation de Michel Ocelot Dilili à Paris, sorti en 2018[10].