Buttstett est d’abord formé à Bindersleben et à la Ratsschule d’Erfurt avant d’étudier, dès 1678, avec Johann Pachelbel. Buttstett se voit confier son premier poste d’organiste à la Reglerkirche en 1684. Trois ans plus tard, il est choisi comme organiste à la Kaufmannskirche et épouse, en , Martha Lämmerhirt, une lointaine cousine de la mère de Jean-Sébastien Bach ; ils ont dix enfants entre 1688 et 1704, dont Johann Samuel, qui est probablement le père de Franz Vollrath Buttstett (1735–1814).
En 1691, Buttstett est nommé organiste de la Predigerkirche (poste qu’occupait Pachelbel jusqu’en 1690) et devient le principal organiste de la ville. Il reçoit le titre de Ratsorganist en 1693 et effectue une remarquable carrière, longue de 36 ans, durant laquelle il se distingue comme organiste et compositeur d’œuvres pour clavier, mais également de musique vocale.
À l’instar de son maître Pachelbel, Buttstett réunit de nombreux disciples autour de lui, dont le fameux lexicographe, organiste et compositeur Johann Gottfried Walther, un cousin de Jean-Sébastien Bach[1],[2].
Buttstett est surtout connu comme l’auteur de Ut Mi Sol, Re Fa La, Tota Musica et Harmonia Aeterna, œuvre publiée en 1716 dans laquelle il réagit contre Das Neueröffnete Orchestre rédigé par Mattheson en 1713, ouvrage « progressiste » qui, selon Buttstet, instaurait le chaos[3],[4]. À la publication de Buttstett qui prônait les techniques musicales du passé contre la musique galante, Mattheson répondit par Das beschützte Orchestre (1717) ; la réplique de Buttstett, Offentliche Erklärung (1718) passa inaperçue[5].
Les œuvres pour clavier de Buttstett – en particulier ses quelque 40 chorals – dénotent une influence de Pachelbel et montrent qu’il connaissait les pièces d’orgue de l’École d’Allemagne du Nord, notamment celles de Reinken. Buttstett est aussi l’auteur de Musicalische Clavier-Kunst und Vorraths-Kammer, publié en 1713 et en 1716. Dans la préface de ce recueil, le compositeur affirme que les sept pièces qu’il contient ne représentent qu’une petite partie des fugues, ricercars, fughettes, préludes, chorals, toccatas, sonates, ouvertures et suites qu’il a déjà composés ou qu’il a l’intention de composer. Ces partitions n’ont pas été retrouvées[6],[2].
Ut, mi, sol, re, fa, la, tota musica et harmonia aeterna, oder Neu-eröffnetes, altes, wahres, eintziges und ewiges Fundamentum Musices : entgegen gesetzt dem Neu-eröffneten Orchestre, und in 2 Partes eingetheilet. In welchen und zwar im 1. Th. des Herrn Authoris des Orchestre irrige Meynungen [...], Erfurt, 1716
Der wider das Beschützte Orchestre ergangenen öffentlichen Erklärung, Erfurt, 2/1718
Œuvres d'orgue - Helga Schauerte-Maubouet, à l'orgue Johann Moritz Weisse de l'église de Römhild et Silbermann-Hildebrandt (1721) des églises Saint-Georges et Sainte-Marie (1722) de Rötha (1997, Syrius SYR 141334) (OCLC249199216) — Premier enregistrement mondial.
Das ist meine Freude et Jetzt ist das Mahl bereit, cantates pour soprano d'après la « Großfahner-Collection » - Maria Jonas, soprano ; Chursächsische Capelle Leipzig (4-, CPO 777 5462) (OCLC847796920) — avec des œuvres de Georg Friedrich Künstel, Johann Pachelbel et Georg Philipp Telemann.
Ernst Ziller, Johann Heinrich Buttstädt : (1666-1727), (thèse) Halle, 1934 (OCLC755043017).
Walter Blankenburg, « Der Titel und das Titelbild von J.H. Buttstetts Schrift », dans Die Musikforschung, III, 1950, p. 64–66.
Ernst Ziller, « Der Erfurter Organist Johann Heinrich Buttstädt : 1666–1727 », dans Beiträge zur Musikforschung, Hildesheim, 1971 (OCLC221419007).
Walter Blankenburg, « Zum Titelbild von Johann Heinrich Buttstetts Schrift UT–MI–SOL–RE–FA–LA, tota musica et harmonia aeterna (1716) », Heinrich Sievers zum 70. Geburtstag, Tutzing, 1978, p. 21–28
(en) Scott M. Elsholz (Thèse de doctorat), Opening a forgotten cabinet: Johann Heinrich Buttstett’s Musicalische Clavier=Kunst und Vorraths=Kammer (1713), Université de l'Indiana, [lire en ligne] [PDF].
↑Julie Anne Sadie (Dir.) (trad. de l'anglais), Guide de la musique baroque, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 736 p. (ISBN2-213-59489-9, OCLC34495042), p. 271.
↑Friedrich Blume, « Buttstett, Johann Heinrich », dans : Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Kassel-Basel, 1989, vol. 2, col. 535.