| Origines stylistiques | Metal progressif, mathcore, metalcore |
|---|---|
| Origines culturelles |
Années 2000 Europe, États-Unis |
| Instruments typiques | Basse, batterie, chant, guitare, percussions |
| Voir aussi | Death metal technique, metal expérimental, mathcore, post-metal |
Le djent est un sous-genre musical de heavy metal, dérivé plus précisément du metal progressif[1],[2],[3]. Le mot « djent » est tiré de l'onomatopée produite par le son d'une guitare accordée basse, à haut gain et forte distorsion, utilisant la technique du palm mute, employé par des groupes comme Meshuggah et SikTh. Le terme est à l'origine inventé par le guitariste Misha "Bulb" Mansoor, actuel guitariste de Periphery (mais à l'époque impliqué dans son projet solo intitulé "Bulb"). Le mot est également utilisé pour définir le style usant de cette sonorité et au son lui-même, ou à la scène dans lequel il s'implique[4].
Le groupe suédois Meshuggah est souvent considéré comme un des fondateurs de la technique djent[4]. C'est sur leur premier album "Contradictions Collapse" sorti en 1991 que les premiers gimmicks et le son djent apparaissent. Fear Factory apporte également à la même période quelques caractéristiques de la scène, tel que des riffs lourds joués en accordage grave, et la présence d'une batterie électronique sur leurs enregistrements, à l'instar de Meshuggah. Néanmoins, aucun groupe ne reprend ces gimmicks avant le début des années 2000, ou des groupes de metal progressif tel que SikTh et Textures adoptent le son et les rythmiques djent, sans néanmoins en faire la pierre angulaire de leur musique. C'est à l'aube des années 2010 que la scène djent se développe réellement, notamment depuis Internet sur des forums, avec l'aide d'internautes enthousiastes comme Misha Mansoor, dont le succès du groupe Periphery amènera le djent « du monde virtuel au monde réel[4]. ». D'autres groupes tels que, Animals as Leaders[2], TesseracT[5],[6],[7], Volumes participeront activement au développement du genre.
La scène s'accroît rapidement[8] et les premiers internautes de la scène, qui comprennent les membres de Chimp Spanner (en), Gizmachi, et Monuments, participent à des tournées et font paraître leurs albums[4],[9]. D'autres groupes considérés djent incluent After the Burial, A Life Once Lost[10], Veil of Maya[11], Vildhjarta[12], Xerath[13], Vola. Le groupe Born of Osiris se dit également inspiré du mouvement djent[8].
La technique fondatrice du djent consiste en l'application d'une distorsion et d'un gain particulièrement élevé, le tout en restant très propre et précis (notamment grâce à l'utilisation de Noise Gates), associé à un sous accordage conséquent (allant du Drop A au drop E à l'octave), sur une guitare électrique à 7 cordes ou plus (souvent 8). Cela entraîne au jeu un son mat, particulièrement saturé, aux sonorités agressives, mais néanmoins très propre et tranchant. Le style dérivé, en raison de ses apparentés avec le metal progressif, mais aussi le metalcore et le deathcore, se caractérise souvent par une complexité rythmique et technique[7] conséquente. Il utilise typiquement le palm mute, des riffs syncopés[4] et des polyrythmes[1],[14]. Au deathcore, le djent emprunte souvent les thématiques rythmiques récurrentes du breakdown, ou certains phrasés. Au metalcore il emprunte plutôt des rythmiques groovy et dansantes. Le djent est une musique souvent assez chargée, avec de nombreuses nappes d'atmosphères en fond rajoutant du relief à la musique, les musiciens se doivent donc d'utiliser des backing tracks en concert. Beaucoup de musiciens de la scène djent sont férus de jazz et de rock progressif. De nombreux artistes opèrent un mélange des sonorités, tel que Plini, Sithu Aye, Tigran Hamasyan, Clément Belio, Intervals, The Omnific, Hago, et Polyphia.
Certains membres de la communauté metal critiquent et condamnent ouvertement le terme « djent », ou remettent en question sa validité en tant que genre musical. Le groupe de post-metal Rosetta ironisait en déclarant : « Peut-être qu'on devrait appeler le doom metal 'DUNNN'[15]. » Le chanteur du groupe Lamb of God, Randy Blythe, explique : « Le djent n'existe pas, ce n'est pas un genre[16]. » Cette affirmation est plutôt légitime, dans le sens où le djent représente surtout un son particulier et une façon de jouer et de penser la musique, qui peut être incorporé à tout style de metal et même de musique. Par exemple, on retrouve du djent dans la musique jazz du compositeur Tigran Hamasyan, le morceau Entertain me est un bon exemple. D'ailleurs, on retrouve souvent dans la formation live de Tigran le guitariste Yoel Genin et le bassiste Guy Bernfeld, tous deux jouant dans le groupe Hago (groupe qui mélange djent, fusion, et jazz).