Paul JuonPaul Fiodorovitch Juon
Nom de naissance Павел Фёдорович Юон
Naissance
Moscou, Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Décès (à 68 ans)
Vevey, Drapeau de la Suisse Suisse
Activité principale Compositeur, enseignement
Formation Conservatoire de Moscou
Maîtres Jan Himaly, Sergueï Taneïev, Anton Arenski
Élèves Nikos Skalkottas
Famille Constantin Juon (frère)
Récompenses prix Mendelssohn, prix Beethoven

Paul Fiodorovitch Juon ou Youon (en russe : Павел Фёдорович Юон), né le à Moscou et mort le (à 68 ans) à Vevey, est un compositeur russe, surnommé le « Brahms russe ». Son frère Constantin Juon (ou Youon) est un peintre réputé, demeuré dans son pays natal.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Juon est d'origine suisse, issue de Masein village voisin de Thusis. Le grand-père du compositeur, Simon Juon, émigre vers 1830 en Courlande (Lettonie) pour y travailler comme pâtissier dans la confiserie d'un compatriote établi à Goldingen, aujourd'hui Kuldiga. Le père du musicien, Théodore Juon (1842-1912) se fixe à Moscou comme employé, puis directeur d'une compagnie d'assurances[1]. L'un de ses fils, Edouard, frère de Paul, publie à Berne en 1925 un ouvrage consacré à l'histoire familiale[2], ainsi qu'un arbre généalogique en 1930[3].

En 1889, Paul Juon entre au Conservatoire de Moscou. Il étudie le violon avec le professeur Jan Himaly et la composition avec Sergueï Taneïev et Anton Arenski. Il est alors le condisciple de Serge Rachmaninov. En 1894, il décide de partir pour Berlin afin de travailler avec Woldemar Bargiel (le demi-frère de Clara Schumann) et de se perfectionner au violon. Il reçoit le prix Mendelssohn de composition en 1896.

Pour subvenir à ses besoins, il accepte un poste de professeur à Bakou mais finit par préférer s'établir à Berlin en 1898 où l'éditeur Robert Lienau publie ses premières œuvres. En 1900, il traduit en allemand les "Études pratiques d'harmonie" d'Arensky. C'est pour ce travail qu'il reçoit en 1901 une bourse de la Fondation Liszt. La même année, il publie son propre traité d'harmonie pratique (qui sera réédité en 1919) et il traduit la biographie de Tchaïkovsky écrite par son frère Modeste. En 1906, Joachim le nomme à la chaire de composition de la Musikhochschule de Berlin où il restera professeur jusqu'en 1934. Il passe la plus grande partie de la guerre comme interprète au centre de détention des prisonniers de guerre de Heiligenbeil en Prusse orientale. Il est admis en 1917 dans le cercle très prisé des « compositeurs allemands » et, en 1919, élu membre de l'Académie des Beaux-Arts de Berlin. Très recherché et apprécié en Europe durant les années 1920, il obtient (avec Josef Haas) le prix Beethoven en 1929.

En 1934, pour des raisons familiales et politiques, il demande sa retraite anticipée. Le régime nazi refuse de la lui verser. Il rejoint alors une partie de sa famille en Suisse à Vevey où il se fait construire, par l'architecte Fernand Kurz, une villa d'esprit néoclassique à l'angle du Boulevard Saint-Martin et de l'avenue Levade[1]. Il y passe les dernières années de son existence. Il meurt en 1940, oublié des Russes après la révolution de 1917 et des Allemands du fait du nazisme ainsi que de l'Europe alors en pleine guerre.

En 1998, est créée la Société internationale Juon, avec publication du catalogue thématique de ses œuvres par Thomas Badrutt (2e édition révisée et complétée en 2010).

Parmi ses élèves se trouvent Hans Chemin-Petit, Werner Richard Heymann, Nikos Skalkottas, Henry Jolles, Pantcho Vladiguerov, Philipp Jarnach, Heinrich Kaminski, Lauri Ikonen, Max Trapp, Yrjö Kilpinen, Gerhart von Westerman, Hans Moltkau, Giannis Konstantinidis, Wilhelm Guttmann, Karl Ulrich Schnabel et Stefan Wolpe

Œuvres[modifier | modifier le code]

Piano[modifier | modifier le code]

  1. Trotzig, Zärtlich
  2. Traurig
  3. Geschwätzig
  4. Lustig
  1. Idylle
  2. Capriccietto
  3. Canzona
  4. Impromptu
  5. Tanz
  1. Schelmenweise
  2. Besinnlichkeit
  3. Nächtlicher Aufzug
  4. Nordischer Mittsommertag
Quatre mains

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Flûte
Violon
Alto
Violoncelle
Trios
Quatuors à cordes
Quatuors, Quintettes et Sextuor avec piano
Instruments à vent

Concertos[modifier | modifier le code]

Orchestre[modifier | modifier le code]

Orchestre à cordes
Musique de scène

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  1. Das verlaßene Mägdlein
  2. Das Mädchen
  1. Klage der Gattin
  2. Erinnerung
  3. Jugend
  4. Wiegenlied
  5. Phantasus
  1. Regen
  2. Märchen
  3. Der einsame Pfeifer
  1. Paradies
  2. Die drei Schwestern
  3. Tröstung
Opéra

Orchestration[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Historique

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Nicolet, «Le souvenir de Paul Juon, compositeur d'origine suisse», Vibiscum 8 2000, pp. 163-169.
  2. Eduard Juon, Einiges über den Ursprung des Graubündner Geschlechts der "Juon", sowie über unsere nächsten Vorfahren insbesondere / Für seine Kinder, Neffen, Nichten und Kindeskinder gesammelt und dargestellt von Eduard Juon, Berne, Büchler & Co., 1925.
  3. Stammbaum des Maseiner Zweiges des Graubündner Geschlechtes Juon établi par Eduard Juon, dessiné par Edith Juon. Berne, 1930.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Christof Escher

Liens externes[modifier | modifier le code]