Carl Nielsen
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Carl Nielsen en 1910.

Naissance
Odense, Drapeau du Danemark Danemark
Décès (à 66 ans)
Copenhague, Drapeau du Danemark Danemark
Activité principale Compositeur
Années d'activité 1888-1931
Élèves Nancy Dalberg

Œuvres principales

La maison d'enfance de Carl Nielsen
Carl Nielsen âgé de 14 ans à Odense.
Anne Marie, femme de Carl Nielsen
Carl Nielsen devant sa maison d'enfance (1927)
Pierre tombale de Carl Nielsen au Cimetière Vestre à Copenhague.

Carl August Nielsen (né le en Fionie près d'Odense — mort le à Copenhague) est un compositeur danois. Il est l'un des plus grands représentants parmi les compositeurs scandinaves. Auteur de deux opéras, de musique de chambre et symphonique et notamment de six symphonies, composées entre 1895 et 1925 et qui reflètent son évolution stylistique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carl Nielsen vit les deux dernières années de son enfance dans une chaumière, au no 42 de la route d'Odense à Faaborg, près du village de Nørre Lyndelse, où ses parents vécurent jusqu'en 1891. Cette maison est devenue un musée. Il est issu d'une famille nombreuse et très modeste, dont il est le 7e des douze enfants[1]. Son père était ouvrier peintre en bâtiment;il était également très apprécié comme musicien du village, et il apprit à jouer du violon à ses enfants. En 1879, à l'âge de quatorze ans, Carl quitte sa famille pour occuper une place de cornettiste dans l'orchestre militaire d'Odense, situation qu'il occupe pendant quatre ans (1879–1883), avant de rejoindre Copenhague pour sa formation musicale. Il y travaille le violon avec V. Tofte et la théorie avec Johann Peter Emilius Hartmann et Orla Rosenhoff, l'histoire de la musique avec Niels Gade et P. Matthison-Hensen entre 1884 et 1889[2]. Il est ensuite violoniste au sein de la Chapelle royale de Copenhague de 1889 à 1905. Tout en travaillant avec Rosenhoff, il remporte son premier succès de compositeur avec sa Suite, opus 1 en 1888. Entre 1908 et 1914, il dirige l'orchestre du théâtre royal, puis le Musikföreningen, toujours à Copenhague, jusqu'en 1927. Il est aussi chef invité en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande[2]. De 1916 à 1919, il enseigne la théorie au Conservatoire et en est nommé directeur l'année de sa mort[2].

Carl Nielsen épouse la peintre et sculptrice Anne Marie Carl-Nielsen (née Brodersen). Ils ont deux filles, Irmeline Johanne (née en 1891) et Anne Marie Frederikke (1893) et un garçon, Hans Börge (1895). Il meurt le 3 octobre 1931 à Copenhague et il y est enterré au cimetière Vestre.

L'Association française Carl Nielsen a été fondée par le musicologue Jean-Luc Caron en 1985. Elle édite un bulletin annuel régulier[3].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Carl Nielsen laisse environ 120 opus, dont seuls 59 ont été publiés de son vivant[4]. Deux catalogues musicologiques permettent de classer l'œuvre. Celui de Dan Forg et Torben Schousboe (FS) et le catalogue thématique de 446 numéros, CNW[5].

Nielsen a écrit six symphonies dont certaines sont d'une puissance expressive remarquable. La troisième contient notamment un mouvement lent (Andante pastorale) faisant appel à une soprano et un ténor. Les adagios de la quatrième et de la sixième peuvent quant à eux évoquer ceux des futures symphonies de Dmitri Chostakovitch. La violence, l'humour noir du dernier mouvement de la quatrième symphonie, ou du premier mouvement de la cinquième se retrouveront aussi dans les productions de l'école russo-soviétique. La sixième déconcerta profondément les auditeurs et les critiques lors de sa création en raison de son caractère hermétique[6].

Nielsen, violoniste virtuose, a écrit un concerto pour violon qu'a redécouvert Yehudi Menuhin. Il a écrit des ballets (Aladdin, pour grand orchestre et chœurs mixtes), des opéras (Saül et David et surtout Maskarade) et des lieder. Contrairement à celui de son contemporain Sibelius, le langage harmonique de Nielsen ne s'enrichit pas d'une inspiration populaire, et sa musique n'est pas à l'écoute de la nature. Nielsen se considérait comme un héritier du classicisme et de Johannes Brahms, dont il appréciait la rigueur dans la construction et l'absence de sentimentalisme. On peut reconnaître toutefois dans ses trois dernières symphonies, écrites entre 1914 et 1925, l'écho de l'angoisse et des déchirements de son temps. Quant au deuxième mouvement de la dernière symphonie, il reflète le scepticisme de Nielsen vis-à-vis des nouveaux courants musicaux de son époque. Le triptyque que forment ces trois chefs-d'œuvre soutient la comparaison, du point de vue de l'unité spirituelle et de l'homogénéité de l'inspiration, avec ces monuments de la musique symphonique que sont le groupe des symphonies no  4, 5 et 6 de Piotr Ilitch Tchaïkovski et celui, plus proche encore de l'inspiration de Nielsen, des symphonies no  5, 6 et 7 de Gustav Mahler et Sibelius[7].

Opéras et musique de scène[modifier | modifier le code]

Orchestre[modifier | modifier le code]

Concertos[modifier | modifier le code]

Nielsen envisageait dès le début des années 1920, de composer cinq œuvres pour vent à destination de ses amis du Quintette à vent de Copenhague pour qui est conçu le Quintette à vent, op. 43 (1922) et « destinées à exploiter les ressources de chaque instrument en mettant en avant sa nature propre à la manière dont on traitera un personnage vivant ». Seuls deux concertos sont achevées[14] en raison de la mort du compositeur.

Le Concerto pour violon, écrit la décennie précédente, lors d'un séjour dans la propriété de Grieg, est une partition lyrique en quatre mouvements. L'œuvre composée en même temps que l'« Espansiva », est créée le même jour[15].

Œuvre chorale[modifier | modifier le code]

Voix soliste[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Les quatuors à cordes, sont au nombre de quatre, plus deux autres qui sont exclus du catalogue par l'auteur. Le premier conservé (sol mineur) est révisé plus tardivement et porte en fait le numéro deux. C'est également le cas d'une première sonate pour violon, l'instrument du compositeur. Nielsen écrit tardivement deux pages pour le violon seul[18].

Piano[modifier | modifier le code]

un homme jouant au piano
Carl Nielsen au piano dans son bureau de travail, vers 1915.

Nielsen ne pratiquait l'instrument qu'en amateur. Dans un premier temps, l'influence va de Grieg (Cinq pièces) à Brahms (op. 8) et la difficulté destine ces œuvres à de bons déchiffreurs et pianistes accomplis, telle la Suite symphonique. Dès la Chaconne, se succèdent trois chefs-d'œuvre de la musique pour clavier du XXe siècle, dans un art très personnel[20]. Pour l'essentiel, le piano de Nielsen s'inscrit dans le mouvement qui exploite de manière renouvelée les formes classiques, illustré par Reger et Busoni, avant les néo-classiques de l'entre-deux-guerre[21].

Orgue[modifier | modifier le code]

Nielsen aborde l'écriture pour orgue à la fin de sa vie. Michel Roubinet invoque trois éléments pour expliquer cela : l'absence totale de rapport avec l'Église ; l'évitement d'un affrontement avec Max Reger, maître dominant du style contrapuntique, prédilection de l'instrument et enfin, les encouragements de son ami Emilius Bangert, organiste de la Cathédrale de Roskilde. C'est ce dernier qui assure la création d’« un chef-d'œuvre d'une exceptionnelle envergure »[21] (entre 20 et 24 min), Commotio en 1931[29].

Écrits non musicaux[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Symphonies[modifier | modifier le code]

La première intégrale symphonique est l'œuvre d'Ole Schmidt en 1974, dirigeant l'Orchestre symphonique de Londres, enregistrée pour le label Unicorn et supervisée par Robert Simpson, le biographe du compositeur[31]. D'autres chefs ont enregistré l'œuvre symphonique, tels Osmo Vänskä, avec les orchestres de Lahti et l'Orchestre écossais de la BBC (BIS)[32], Thomas Dausgaard à Seattle, Colin Davis avec le symphonique de Londres (LSO-Live, 2011)[33].

Intégrales
Symphonies séparées et autres œuvres symphoniques

Bernstein est le premier à enregistrer l'« Espensiva » (no 3) avec un orchestre danois en 1965 — après les chefs danois John Frandsen et Erik Tuxen —et les autres à New York. Sa conception de la troisième est « très héroïque, un peu à la limite du texte ». Karajan, dans l'« Inextinguible » (no 4) apporte moins la conviction des chefs danois qu'« une éblouissante démonstration de virtuosité orchestrale »[34].

Concertos[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Piano et orgue[modifier | modifier le code]

Musique chorale[modifier | modifier le code]

Opéra et musique de scène[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. S. A. E. Hagen, Dansk Biografisk Leksikon, vol. 12, , 213–214 p., « Nielsen, August Carl »
  2. a b et c Baker 1995, p. 2972.
  3. Association française Carl Nielsen, sur data.bnf.fr.
  4. Langevin 1986, p. 141.
  5. (en) « CNW, Catalogue of Carl Nielsen's Works », sur kb.dk, Copenhague, Royal Danish Library/Danish Centre for Music.
  6. a et b (en-GB) « Carl Nielsen biografi · Carl Nielsen Society », sur Carl Nielsen Society (consulté le 22 décembre 2020)
  7. Langevin 1986, p. 131, 133.
  8. François-René Tranchefort, L'Opéra, Paris, Éditions du Seuil, , 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 350
  9. Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », , 1819 p. (ISBN 978-2-213-60017-8), p. 852
  10. Langevin 1986, p. 133.
  11. Tranchefort 1986, p. 565.
  12. Langevin 1986, p. 134.
  13. Langevin 1986, p. 135.
  14. Langevin 1986, p. 136.
  15. Tranchefort 1986, p. 570.
  16. a et b Langevin 1986, p. 140.
  17. En Snes danske Viser (1915), partitions libres sur l’International Music Score Library Project. et En Snes danske Viser (1915) sur runeberg.org
  18. a b et c Cobbett 1999, p. 1066.
  19. a et b Langevin 1986, p. 137.
  20. Sacre 1998, p. 2038.
  21. a b c d et e Langevin 1986, p. 138.
  22. (en) « Chaconne, opus 32 », sur kb.dk, Danish Centre for Music Editing.
  23. Sacre 1998, p. 2040.
  24. Sacre 1998, p. 2043.
  25. (en) « Tre klaverstykker », sur kb.dk, Danish Centre for Music Editing.
  26. Tranchefort 1986, p. 551–552.
  27. Sacre 1998, p. 2044.
  28. a et b Sacre 1998, p. 2046.
  29. Michel Roubinet, « Carl Nielsen », dans Guide de la musique d'orgue : sous la direction de Gilles Cantagrel, Fayard, , 840 p. (ISBN 978-2-213-02772-2), p. 606. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  30. Cantagrel 1991, p. 607.
  31. Diapason, Dictionnaire des disques et des compacts : guide critique de la musique classique enregistrée, Paris, Laffont, coll. « Bouquins », , 3e éd., xiv-1076 p. (OCLC 868546991, notice BnF no FRBNF34951983), p. 644.
  32. (OCLC 811453891)
  33. (OCLC 871462975 et 824355411)
  34. Diapason 1988, p. 644.
  35. « archives du nord - DK - Carl Nielsen ethnoromantisme », sur archivesdunord.com (consulté le 27 décembre 2018)

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Liens externes[modifier | modifier le code]