| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré |
Mars 2002 – juin 2002 à Conway Studio (San Rafael, Californie) et Barefoot Studio (Hollywood, Californie) |
| Durée |
59:19 (sans prégap) 60:52 (avec prégap) |
| Genre | Stoner rock, stoner metal, rock alternatif, desert rock, metal alternatif, hard rock |
| Producteur | Josh Homme, Adam Kasper, Eric Valentine |
| Label |
Interscope Ipecac Recordings (IPC43) (Vinyl) |
Albums de Queens of the Stone Age
Songs for the Deaf est le troisième album du groupe de stoner/rock alternatif Queens of the Stone Age paru en 2002.
L'enregistrement sera singulièrement marqué par la participation de Dave Grohl (ex-batteur de Nirvana et leader des Foo Fighters) à la batterie. Comme sur leur précédent album, Mark Lanegan contribue au chant, tout comme le bassiste Nick Oliveri.
Il sera classé 17e place du Billboard 200[1]. Les singles No One Knows (en) et Go with the Flow seront classés respectivement aux 1re et 7e places des charts du Billboard (Modern Rock Tracks)[2]. Ces deux titres obtiendront une nomination aux 45e et 46e éditions des Grammy Awards dans la catégorie « Grammy Award de la meilleure performance hard rock ». No One Knows sera battu par All My Life, single des Foo Fighters, groupe principal de Dave Grohl[3].
Cet album sera celui de la consécration internationale, et le premier du groupe à être certifié disque d'or aux États-Unis. Pièce emblématique de leur discographie, il sera considéré (tant par le public que le groupe lui-même) comme leur travail le plus abouti[4].
L'album a fait l'objet d'une édition spéciale double LP pour les États-Unis, par Ipecac Recordings.
« Cet album est en marche depuis nos débuts, confesse Homme à un webzine en 2002, pas cette idée des stations de radio, ça n'est pas le centre du concept, le concept tient dans la diversité globale de la chose. [...] Je vois nos 3 premiers albums comme une suite logique; le premier marquait la fin de Kyuss, le second nous ouvrait un nouveau champ de possibilités, et celui-ci nous emmène encore plus loin »[5].
Et en effet, tout semble changer avec cet album.
Le guitariste Brendon McNichol et le batteur Gene Trautmann y dispensent leurs dernières contributions (sur Millionaire pour Gene), tandis que le couple d'artistes Alain Johannes et Natasha Shneider, des compagnons de longue date de Josh (et membres à part entière des Desert Sessions), rejoignent le groupe.
Parallèlement, et d'une manière plus notoire, ce sera le dernier album enregistré avec le bassiste/chanteur Nick Oliveri, plus tard brouillé avec Josh et qui se consacrera alors entièrement à son projet personnel, et surtout celui qui marque l'apparition de Dave Grohl comme batteur officiel durant l'élaboration de l'opus et les premières dates de tournée qui suivirent. Selon son propre ressenti, jouer de la batterie pour un groupe était quelque chose qui lui manquait (« j'avais les boules qu'ils ne m'aient pas invité sur "Rated R", avoue Dave, j'ai toujours adoré ce groupe, leurs chansons sont vraiment cools à jouer »[6]), et il marque pour se faire un hiatus temporaire avec les Foo Fighters (dont la sortie du nouvel album One by One est reportée à la fin de l'année).
Il quitte l'aventure en (avant même la sortie officielle de l'album) après un ultime concert au Fuji Rock Festival, brièvement remplacé par Kelli Scott (Blinker the star), lequel sera à son tour changé pour Joey Castillo, ex-Danzig, premier batteur "long terme" de la formation[7], au sens où tous les musiciens ayant occupés ce poste précédemment n'auront participé à l'élaboration que d'un album tout au plus.
Également, Jeordie White (connu pour ses collaborations avec Marilyn Manson et Nine Inch Nails entre autres) tenta de rejoindre la bande, mais ce fut Troy Van Leeuwen qui décrochera la place de second guitariste, et ce durant les tournées qui suivirent.
« Tous ceux qui nous rejoignent restent autant de temps qu'ils veulent, assure Nick à propos de l'évolution permanente de la formation, c'est à eux de voir [...], tant qu'ils s'impliquent à fond, personne n'est obligé de partir. Un nouveau morceau à nous présenter ? S'il est bon, on le gardera. Tant que tout le monde prendra du plaisir à ça, on continuera notre chemin pour un bout de temps »[8].
Enfin, la production revient à Eric Valentine, qui a auparavant collaboré avec Nick sur quelques albums du groupe Dwarves. Cependant, sa participation à cet opus ne sera pas jugé suffisante, Homme assurant « qu'il est crédité en tant que producteur, mais qu'il se limitait à un "début" de production ». Le gros du travail est donc réalisé par le groupe lui-même[9].
« On continue à faire ce qu'on a toujours fait; écrire des chansons que l'on voudrait écouter mais que personne ne vend pour l'instant, on doit donc s'y coller, explique Nick. Notre but n'est pas de répondre à une demande, je n'ai jamais cherché à vendre ma marchandise du genre "et si on écrivait un single ?", je ne sais même pas ce que ça veut dire, ça ne m'intéresse pas ». Il ajoute cependant avec ironie que si « nous vendons notre âme au diable en se faisant du blé avec des CD, on reste preneurs ! »[8]
Dès les premières secondes d'écoute, on devine que l'album ne se contentera pas d’enchaîner les morceaux comme n'importe quel autre; la particularité réside dans les interludes radios qui colorent l'opus et invitent l'auditeur dans un voyage à travers le désert californien, des lumières de Los Angeles jusqu'aux étendues désertes de Joshua Tree, berceau du groupe et de Josh, qui a plusieurs fois entamé ce périple en voiture;
« Je n'avais pas de lecteur CD, se rappelle-t-il, juste une radio qui oscillait entre des émissions religieuses bizarres et de la très, très mauvaise musique, alors que je roulais au beau milieu de nulle part. J'ai donc appris à apprécier les moments de silence, et tout à coup la station se mettait à cracher et tu te retrouvais sur un nouveau canal. J'ai voulu adapter ça à un album »[5].
Les interludes sont entrecoupées par les interventions de faux animateurs radios, une idée qui lui est aussi venue assez soudainement;
« J'avais une soirée "DJ" après l'enregistrement des morceaux, c'était genre "allez les gars, buffet gratuit !", avec ce stand installé à la nuit tombante. Les gens improvisaient et on les enregistrait, on n'avait qu'à les laisser se prendre au jeu ». Il s’avérera selon lui que l'idée globale des interludes radios « était le seul moyen de relier ces morceaux, qui semble tous provenir d'une même émission si on les écoute distraitement »[9].
Cette interprétation n'est pas de l'avis de Nick qui résume la chose à sa façon : « aucune radio ne veut nous diffuser, j'imagine qu'on est en droit de les pourrir », prétendant que les DJs de l'album se contentent « d'annoncer les titres et de fustiger les stations qui diffusent toujours les mêmes choses en boucle »[10].
Note : Il y a régulièrement entre les chansons des interludes où l'on entend des morceaux de bavardage à la radio.
| Pays | Ventes | Certification | Date |
|---|---|---|---|
| 500 000 + | 27/01/2003 | ||
| 70 000 + | 2003 | ||
| 40 000 + | 16/02/2008 | ||
| 100 000 + | 01/07/2004 | ||
| 600 000 + | 15/03/2019 |