Mixtur est une composition pour orchestre, quatre générateurs d'ondes sinusoïdales et quatre modulateurs en anneau de Karlheinz Stockhausen. Composée en 1964, elle est créée le à Hambourg sous la direction de Michael Gielen.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Mixtur est un exemple de la « forme momentanée », composée d'unités formelles qui sont « reconnaissable par un caractère personnel et unique »[1].

L'orchestre est divisé en cinq groupes : percussions, bois, cuivres, cordes jouant avec l'archet et cordes en pizzicato. Les sons de chaque groupe (sauf les percussions) sont captés par micros, reliés à des modulateurs en anneau et modulés avec d'ondes sinusoïdales, produisant transformations spectaculaires des timbres, inflexions microtonales des hauteurs, et – lorsque la fréquence des sons sinusoïdaux tombent en dessous de 16 Hz – transformations rythmiques aussi[2].

L'œuvre est divisée en vingt moments, chacun avec un titre reflétant les caractéristiques musicales, comme "points", "percussions", "vertical", "blocs", "translation", "pizzicato", "cuivres", "strates", ou "do aigue". Ces moments sont exécutées dans l'ordre donné dans la partition, ou dans l'ordre inverse[3].

En outre, chaque moment a un « ton central » (dans certains moments, il existe deux « tons centraux »), un « hauteur manquant » (ou parfois deux « hauteurs manquant »), une durée totale, une proportion de silence, une «  densité » (nombre de groupes d'orchestre participants), et une mixture de timbres (en allemand, un « Mixtur » – par conséquent le titre de l'œuvre). La division de l'orchestre en cinq groupes – H = Holz (bois), B = Blech (cuivres), P = pizzicato, Sch = Schlagzeug (percussions) – est déterminante pour la forme globale de la composition[4] :

Les moments de Mixtur
nom son(s) central(centraux) hauteur(s) manquante(s) durée silence (proportion) densité timbres
1 Mixtur
[mixture]
do6 fadièse 12 0 4 H/B/P/S
2 Schlagzeug
[percussions]
30 1 Sch
3 Blöcke
[blocs]
si4 fa 78 ½ 3 H/P/S
4 Richtung
[direction]
dodièse5 sol 48 2 Sch/P
5 Wechsel
[changement]
ladièse5 mi 18 4 H/B/P/S
6 Ruhe
[calme]
4 soldièse 78 0 2 B/S
7 Vertikal
[vertical]
la3 dièse 12 3 Sch/P/S
8 Streicher
[cordes]
dièse3 la 18 1 S
9 Punkte
[points]
soldièse4 – mi2 ré – ladièse 30 3 H/B/S
10 Holz
[bois]
sol2 – fa1 dodièse – si 48 ½ 1 H
11 Spiegel
[miroir]
fadièse3 do 48 0 4 H/B/P/S
12 Translation fa1 – sol2 fadièse – fa 30 ½ 2 H/P
13 Tutti mi2 – soldièse4 sol, mi 78 5 Sch/ H/B/P/S
14 Blech
[cuivres]
dièse3 soldièse 12 1 B
15 Kammerton
[diapason]
la3 dièse 18 3 H/P/S
16 Stufen
[niveaux]
ladièse5 30 0 4 H/B/P/S
17 Dialog 4 la 18 ½ 2 Sch/B
18 Schichten
[strates]
dodièse5 ladièse 48 3 B/P/S
19 Pizzicato si4 dodièse 78 1 P
20 Hohes C
[do aigu]
do6 si 12 2 H/S

Quand les vingt moments sont exécutés dans l'ordre numérique ascendant, c'est appelé « en avant »; quand descendent, « en arrière ». Toutefois, la séquence des événements au sein de chaque moment est le même dans aucune des versions. Certains moments peuvent aussi s'échanger. Par exemple, le moment nº 1 avec le nº5, le moment nº 11 avec le nº 16 et le nº 15 avec soit le nº 3 ou nº 20. Les moments 14 et 15 peuvent être joués simultanément à la place du nº 5. Dans ce cas, les cuivres du moment 5 remplacent le tout de moment 14 et les autres instruments prennent la place de moment 15. Quand l'ordre est inversé ou lorsque les échanges ont eu lieu, certains détails dans les moments voisins sont modifiés. Par exemple, le ton central de moment 11 (« Spiegel »), le fadièse3, doit être poursuivi par n'importe quel moment il suit (c'est peut-être moment 12, 10, 17, 15, 5, 3, ou 20, en fonction de la permutation des instants choisis et la direction de la version)[5].

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stockhausen 1963, 200
  2. Stockhausen 1971, 52.
  3. Rigoni 1998, 220.
  4. Kohl 1981, 52–62.
  5. Kohl 1981, 64.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]