| Genre | Tragédie lyrique |
|---|---|
| Nbre d'actes | 1 prologue et 5 actes |
| Musique | Marc-Antoine Charpentier |
| Livret | Père François de Paule Bretonneau |
| Langue originale |
Français |
| Sources littéraires |
Bible |
| Durée (approx.) | De deux heures à deux heures et demie |
| Création |
Collège Louis-le-Grand |
Personnages
David et Jonathas, H.490, est un opéra en un prologue et cinq actes du compositeur français Marc-Antoine Charpentier. Le livret, du père François de Paule Bretonneau, S.J., s'inspire du récit de l'amitié de David et Jonathan que font les livres de Samuel dans l'Ancien Testament.
L'opéra revêt la forme de la tragédie lyrique typique de France, mais on l'a aussi qualifié de « tragédie biblique » en raison du sujet. La première eut lieu au Collège Louis-le-Grand de Paris le [1], en même temps que la tragédie latine Saul du père Étienne Chamillard (1656-1730). Les actes de l'opéra et ceux de la pièce de théâtre alternaient, les premiers se concentrant sur les conflits psychologiques des personnages et les seconds exposant toute l'action[2]. C'est ainsi que l'œuvre s'éloigne « du modèle lullyste par l'originalité de sa conception et de son langage : absence presque totale de récitatifs, pas de grands effets de machines, concentration de l'intérêt dramatique autour des personnages (importance des monologues) et de leur psychologie particulièrement mise en valeur par l'expressivité et la finesse de la composition musicale »[3]. De plus, « le prologue n'est plus un simple portique à la gloire du souverain mais une véritable introduction à l'action de la tragédie qui va suivre »[4]. L'œuvre de Charpentier eut tant de succès qu'elle fut reprise dans d'autres collèges jésuites en 1706, en 1715 et en 1741.
La partition est conservée grâce à une copie réalisée par André Danican Philidor, dit l'Aîné, bibliothécaire à la Cour de Versailles[1].
Après un peu moins de deux siècles et demi, l'œuvre fut reprise en 1981 à l'opéra de Lyon dans une mise en scène de Jean-Louis Martinoty[5]. Elle sera programmée les années suivantes en France, en Argentine, en Australie, en Autriche, au Brésil, au Chili, en Espagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Suisse. Après avoir été donnée en version de concert dans la salle Alice Tully du Lincoln Center de New York en 2004, elle a eu sa première américaine à Baltimore en 2005[6]. En juillet 2012, l'oeuvre est montée au Festival d'Aix en Provence dans une mise en scène de Andreas Homoki. L'Orchestre de l'AMA à Aix-en-Provence a programmé la Marche Triomphante et le Prélude de l'acte IV dans sa saison 2017-2018[7].
Huit ans auparavant, en 1680, Charpentier avait déjà composé sur ce même sujet une Histoire sacrée, Mors Saülis et Jonathae, H.403.
En Italie Giacomo Carissimi a composé une Histoire sacrée, David et Jonathas, à cinq voix, deux violons, et orgue.
L'opéra se passe dans les montagnes de Gilboé, entre le camp des Israélites et celui des Philistins.
Saül, roi d'Israël, visite la Pythonisse sous un déguisement pour connaître l'issue de sa prochaine bataille contre les Philistins. La Pythonisse évoque l'Ombre de Samuel, qui prédit à Saül qu'il perdra tout : enfants, amis, gloire, couronne.
Banni par la jalousie de Saül, David s'est réfugié chez les Philistins. Il retourne à leur camp après une victoire. Un chœur de guerriers, de bergers et de captifs qu'il a libérés chantent ses louanges (Marche triomphante). David souhaite seulement que Jonathas, son meilleur ami et le fils de Saül, soit sauvé, quoi qu'il arrive. Achis annonce à David que Saül et lui sont convenus de se rencontrer pour déterminer s'ils feront la paix ou la guerre.
Pendant la trêve, David et Jonathas se cherchent et se trouvent. Le général israélite Joabel, jaloux du premier, s'efforce de le persuader de combattre, mais en vain. Il complote contre lui et décide de dire à Saül que le projet de paix n'est qu'une ruse de David.
Joabel convainc facilement Saül que David trame sa ruine. Le roi accuse David de trahison, et celui-ci se retire, voyant que sa présence irrite Saül.
Saül décide de combattre les Philistins et de détruire David. Les deux armées, animées par Joabel, désirent ardemment la guerre. David se sépare à regret de Jonathas en promettant qu'il fera tout son possible pour les sauver, lui et son père.
La bataille s'engage, et Saül perd. Jonathas est mortellement blessé et meurt dans les bras de David. Saül se jette sur sa propre épée pour éviter la capture. Achis apprend à David que Saül lui cède ainsi son royaume, mais cette nouvelle ne le console guère d'avoir tout perdu en perdant Jonathas.