Wilhelm Bernhard Molique
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Bernhard Molique
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
Bad CannstattVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Uff-Kirchhof (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Wilhelm Bernhard MoliqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Genres artistiques
Grabmal von Bernhard Molique auf dem Uffkirchhof.jpg
Vue de la sépulture.

Wilhelm Bernhard Molique (NurembergBad Cannstatt) est un violoniste et compositeur allemand. En 1849, il s'installe à Londres et poursuit sa carrière de compositeur, de soliste et y enseigne la composition.

Parmi ses œuvres, de style plus classique que romantique, on retiendra le Concerto pour violon no 5 (1841) ou le Concerto pour violoncelle (1853) qui jouissaient d'une grande popularité, mais n'existent toujours pas au disque. De nos jours sont redécouverts ses quatuors et ses œuvres pour instruments à vent, flûte ou hautbois notamment, qui restent au répertoire pour leur virtuosité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance à Nuremberg[modifier | modifier le code]

Bernhard Molique est né le et a été baptisé à l'église Sankt Lorenz à Nuremberg sous le nom de Molik. Son père, Christian (1762–1837), était musicien municipal et venait d'Alsace du nord, sa famille provenant de Lorraine. Il jouait du violon et du hautbois. Le petit Bernhard a appris « presque tous les instruments disponibles » ainsi que le rapporte son biographe, Fritz Schröder[1], avant d’opter pour le violon. Dès l'âge de six ou huit ans – selon les sources –, il se produit en « enfant prodige ».

Autoportrait de Louis Spohr en 1815, l'année même où il donne « quelques leçons » au jeune Molique.

En 1815, âgé de 14 ans, Bernhard Molique reçoit quelques leçons de Louis Spohr alors qu'il est de passage à Nuremberg :

« À Nuremberg, Molique, âgé de 14 ans environ, se présenta à moi et me pria de lui donner des cours pendant mon séjour, ce que je fis d’autant plus volontiers que le gamin se débrouillait déjà fort bien pour son âge. Comme depuis ce temps, Molique se forma toujours plus à mon jeu par l’étude zélée de mes compositions pour le violon et se nomma dès lors élève de Spohr, j’ai mentionné cette circonstance ultérieurement. »

— Louis Spohr, Autobiographie (1861).

Il est donc impossible de dire qu'il en fut un « élève ». Cependant, Molique se réclame sa vie durant de l'influence Spohr, notamment en composition. Josef Sittard (1846–1903) soutient même que les œuvres de Molique sont « absolument supérieures » à celles de Spohr :

« En ce qui concerne la puissance et l'originalité de l'invention, du travail thématique et la noblesse de la facture, ces œuvres méritent d’être qualifiées de classiques au plein sens du terme et sont absolument supérieures aux compositions de Spohr. »

— Josef Sittard (1885[2]).

Et son biographe, Fritz Schröder affirme en 1923 que, en comparaison, Molique possède son propre style et que « son art contient quelque chose de viril, d’homogène, de grave et parfois même de rude qui fait défaut à Spohr. »

L'année suivante, le père accompagne son fils à Munich – sans doute sur recommandation de Spohr – et étudie deux ans à l’université, sous la direction de Pietro Rovelli, élève lui-même à Paris de Kreutzer. Il étudie aussi la composition avec Joseph Graetz (1760–1826), un élève de Michael Haydn et auteur de quelques opéras célèbres à l'époque.

En 1818, le jeune Molique est engagé comme violoniste au Theater an der Wien. On rapporte une visite à Beethoven, écourtée par un piano désaccordé sur lequel tapait le « grand sourd ». Molique aurait pris la fuite sans même saluer. En mars, il se produit au concert avec Franz Schubert et quatre autres fois en soliste durant son séjour. On ignore si le musicien pu entretenir d'autres relations avec le compositeur viennois. En revanche, il noua des liens avec le violoniste Karl Holz et le pianiste Ignaz Moscheles.

En 1820, Molique succède, en tant que violoniste, à Rovelli son ancien professeur, à la cour de Munich. On lui refuse un poste de premier violon alors qu'il a 24 ans et qu'on le trouve trop jeune. La même année, en 1825, il épouse Anna Maria Wanney, comédienne, fille adoptive du maître de chapelle de la cour, Peter von Winter. Bernhard et Maria ont quatre filles qui restent toutes célibataires. Caroline, l'aînée, élève de Carl Czerny devint une pianiste professionnelle.

Bernhard Molique vers 1850, gravure.

Stuttgart (1826-1849)[modifier | modifier le code]

En 1826, Molique est nommé premier violon et directeur de la musique à Stuttgart, succédant à Franz Danzi. Il y reste 23 ans pour enseigner la composition, diriger, se produire en tant que soliste et dans des formations de musique de chambre.

Durant les années 1830, Molique entreprend une tournée européenne qui le mène plusieurs fois en Autriche, en France, en Angleterre (1840, 1842, 1848), aux Pays-Bas et en Russie.

En 1848, alors au lycée, le futur chef d'orchestre Hans von Bulow (1830–1894), fréquente la maison Molique et, plus tard, joua parfois quelques trios de Molique.

Londres (1849-1866)[modifier | modifier le code]

En 1849, il donne sa démission de la cour de Wurtemberg « en raison des troubles politiques en Allemagne », et retourne à Londres pour s'y installer, avec sa famille, où il reste pendant dix-sept ans. Il y est responsable quelques saisons des Concerts du Conservatoire londonien et en 1861, lui qui n'avait jamais reçu d'enseignement méthodique, est nommé professeur de composition à la Royal Academy of Music.

Pierre tombale de Bernhard Molique au cimetière d’Uffkirchhof.

Sa santé déclinante – une tumeur au cerveau qui lui donne des maux de tête – le pousse à rentrer au pays, après un concert d'adieu le à Londres. Il se retire à Bad Cannstatt, près de Stuttgart, où il s'éteint le .

Dans sa nécrologie, le poète souabe Johann Georg Fischer écrit :

« Quiconque entendait ses compositions sentait bien qu'il était face à l'œuvre d'un homme au meilleur sens du terme. »

Molique eut pour élèves, entre autres, le violoncelliste Alfredo Piatti (1822–1901) et le violoniste Henry Blagrove (en) (1811–1872).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le catalogue de Bernhard Molique comprend environ 70 œuvres. Sont très développées les pièces pour musique de chambre (neuf quatuors à cordes) et la musique concertante, avec notamment six concertos pour violon et orchestre.

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Quatuors à cordes[modifier | modifier le code]

  1. I. Allegro
  2. II. Menuetto
  3. III. Andante non troppo
  4. IV. Rondo
  1. I. Allegro
  2. II. Menuetto
  3. III. Andante
  4. IV. Finale

Autres formations[modifier | modifier le code]

  1. I. Allegro
  2. II. Scherzo
  3. III. Andante
  4. IV. Finale
  1. I. Impromptu. Allegro Vivace Andante - Allegro Vivace
  2. II. Barcarolle et Tarantella. Andante Quasi Allegretto - Allegro Vivace Andante - Quasi Allegretto
  3. III. Rêverie. Adagio - Allegro Vivace
Cadence

Œuvres concertantes[modifier | modifier le code]

Andante du Concerto pour violon no 3, opus 10 de Bernhard Molique (deuxième page de la partie de violon)
  1. I. Allegro
  2. II. Andante
  3. III. Rondo. Vivace
  1. I. Allegro
  2. II. Andante
  3. III. Rondo. Allegro
  1. I.
  2. II.
  3. III.
  1. I. Allegro
  2. II. Andante
  3. III. Rondo. Allegro

Orchestre[modifier | modifier le code]

Vocal[modifier | modifier le code]

Écrits publiés[modifier | modifier le code]

(en) Studies in Harmony (éd. Ewer, Londres 1862) [lire en ligne]

Discographie[modifier | modifier le code]

Musique de Chambre[modifier | modifier le code]

Concertos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Éditions modernes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fritz Schröder, B. M. u. seine Intrumental kompositionen, 1923, Verz Verlag.
  2. Texte original : « Was Kraft und Originalität der Erfindung, thematische Arbeit und Noblesse der Factur betrifft, verdienen diese Werke das Prädicat klassisch in der vollsten Bedeutung des Wortes, und überragen die Spohr’schen Compositionen ganz entschieden. » Article Molique, Wilhelm Bernhard par Josef Sittard in Allgemeine Deutsche Biographie, vol. 22 (1885).
  3. Ces deux opus, 16 et 17, furent retrouvés par le clarinettiste Dieter Köcker et sont conservés à la Bibliothèque de Karlsruhe.
  4. Les trois quatuors de l'opus 18 ont été enregistrés par le label CPO.
  5. Disque 9, plage 3.
  6. Manuscrit conservé à la Bibliothèque Wurtemberg à Stuttgart.

Liens externes[modifier | modifier le code]