Khatia Buniatishvili est la fille d’une informaticienne et d’un ingénieur électricien[1].
Émigrée géorgienne vers la France, Khatia Buniatishvili vit depuis 2011 à Paris. En , elle acquiert la nationalité française[2]. Elle ressent une profonde reconnaissance pour la France : « Je pense que la France est un pays qui mélange créativité et droits de l'homme. Les deux ensemble, c'est rare dans un pays »[3] et joue La Marseillaise le lorsque l'équipe française gagne la Coupe du monde de football[4].
Comme sa sœur, Khatia Buniatishvili commence le piano à l'âge de trois ans avec sa mère et donne son premier concert avec l'orchestre de chambre de Tbilissi à l'âge de six ans. Entre douze et quinze ans, elle arrête l'école, pour suivre les masterclass du pianiste et pédagogue français d'origine hongroise Michel Sogny : une vidéo en témoigne[11] mais elle dit en avoir gardé mauvais souvenir[12]. Avec sa sœur Gvantsa, elle participe au concert organisé en 2001 par la fondation SOS Talents[a] à Paris puis au Théâtre des Champs-Élysées dans le cadre d'une soirée présentée par Stéphane Bern[13]. De retour en Géorgie, elle poursuit ses études à l'École centrale de musique de Tbilissi, elle entre en 2004 au conservatoire d'État de Tbilissi puis à Vienne en 2006 à l’université de musique et des arts du spectacle de Vienne[9]. En 2010, elle travaillait depuis 2007 avec le pianiste Oleg Maisenberg à l'Académie de musique et d'art dramatique de Vienne[14].
Khatia Buniatishvili divise la critique : elle y est tantôt encensée, tantôt critiquée. Qualifiée de « pop-star du classique » (bien qu'elle préfère le titre de « rock star »), de « Betty Boop du piano » ou encore de « Beyoncé du piano »[33] à cause de ses tenues sexy et ses interprétations fougueuses, « avec son look de pin-up et un jeu très libre, la virtuose géorgienne dynamite les codes » : la profondeur de décolletés plus que suggestifs, plongeants devant comme derrière, le port de madone, les cheveux de jais encadrant sa bouche écarlate[34],[14],[35],[3].
La critique du magazine Paris Match écrit : « Khatia Buniatishvili éblouit par son génie musical autant que par un sex-appeal » et ajoute « Différente, Khatia Buniatishvili ne l’est pas seulement par son look, mais aussi par son interprétation qui agace parfois les puristes. Une inimitable façon de projeter des couleurs inattendues sur une partition, en s’émancipant des sacro-saintes indications »[35].
La critique du quotidien Le Monde écrit : « Khatia Buniatishvili possède une technique digitale qui lui permet de prendre un cran au-dessus les œuvres de grande virtuosité comme la Mephisto-Valse de Liszt, qu'elle joue à la façon imagée d'un cartoon. Et c'est insupportable : que de caricature sous couvert de forte personnalité »[14].
Devant ces critiques, Khatia Buniatishvili veut donner une image plus moderne, plus sexy, moins coincée du milieu de la musique classique, casser un peu les codes : « Ce que les jeunes apprécient dans mes concerts, comme dans des concerts de rock, c'est que je donne tout sur scène. Il n'y a pas de limites à la performance, comme s'il n'y avait pas de lendemain »[36].
Khatia Buniatishvili joue la plupart du temps les yeux fermés : « Sur scène […] je me donne complètement, je m’abandonne les yeux fermés, je deviens immatérielle. La sonorité est pour moi une sorte de méditation. La rigueur, le contrôle total, ce n’est pas du plaisir »[37].
Critique (5 diapasons) d'Étienne Moreau dans le magazine Diapason no 593 de juillet-août 2011, p. 91 et 92 : « […] Avec de telles facilités et une telle nature, un peu de temps, de patience aussi, fera peut-être de Khatia Buniatishvili un grand nom du piano ».
enregistrement publié en 2012 : Frédéric Chopin (Sony Classical)
Critique (3 diapasons) de Bertrand Boissard dans le magazine Diapason no 605 de septembre 2012, p. 92 : « […] Des moyens enviables, mais il reste à Khatia Buniatishvili à les dompter, et à maîtriser un style pas toujours très sûr ».
enregistrement de 2013 publié en 2014 : Motherland (Sony Classical) (œuvres de Bach, Chopin, Debussy, Dvorak, Liszt, Brahms, Ravel, Scriabine, Pärt…)
Critique (4 diapasons) de Laurent Marcinik dans le magazine Diapason no 625 de juin 2014, p. 127 et 128 : « […] Ensemble inégal, mais bien plus personnel et attachant que les vues extérieures offertes par les précédents albums Liszt et Chopin ».
Critique (3 diapasons) de Bertrand Boissard dans le magazine Diapason no 644 de mars 2016, p. 108 et 109 : « Khatia Buniatishvili est une des pianistes les plus controversées du moment : d'indéniables moyens, une personnalité affirmée mais aussi une inspiration souvent mal canalisée et un jeu parfois brouillon au concert. La tigresse géorgienne n'est pas une styliste […] ».
enregistrement de 2017 publié en 2017 : Sergueï Rachmaninov - Concertos pour piano n° 2 et 3 (Sony Classical)
Critique (4 diapasons) d'Alain Lompech dans le magazine Diapason no 657 de mai 2017, p. 117 et 118 : « […] Si les défauts de Khatia Buniatishvili ne sont pas effacés, la concentration dans le travail du disque aidant, ils se transforment ici en un tout excitant. Chaque mesure est investie par une présence agissante, chaque phrase pousse vers la suivante, chaque nuance est sentie, chaque idée soutenue. […] Buniatishvili joue comme elle est. Ses emportements, sa véhémence, son électricité comme ses moments de rêverie ne sont pas étudiés : ils sont vivants […] ».
enregistrement de 2018 publié en 2019 : Franz Schubert (Sony Classical)
Critique (2 diapasons) de Bertrand Boissard dans le magazine Diapason no 679 de mai 2019, p. 109 : « […] Lasse de s'entendre reprocher une certaine tendance à pulvériser les records de vitesse, Buniatishvili veut-elle montrer qu'elle peut aussi être une championne de la lenteur ? Elle se révèle alors incapable de soutenir le propos […] ».
enregistrement de 2020, publié en 2020 : Labyrinth (Sony), oeuvres de Morricone, Satie, Chopin, Ligeti, Bach, Rachmaninoff, Gainsbourg, Couperin, Brahms, Pärt, Glass, Scarlatti, Lizst, Cage)
Participations à d'autres enregistrements :
2010 : Hymns and Prayers, album de Stevan Kovacs Tickmayer, musiques de César Franck et Guia Kantcheli (ECM)
Critique (2 diapasons) d'Étienne Moreau dans le magazine Diapason no 594 de septembre 2011, p. 118 : « […] Chaque instrumentiste ne manque pas une occasion de se regarder dans le miroir de son propre son - un narcissisme très décevant venant d'artistes d'une telle carrure […] ».
Critique (3 diapasons) de Nicolas Derny dans le magazine Diapason no 630 de décembre 2014, p. 101 : « Si la virtuosité de Buniatishvili fait son effet dans certains passages du finale, malgré la rudesse de ses haussements de ton (péché assez peu mignon que l'on retrouve tout au long du disque), la pianiste se pose en victime consentante de la prise de son en s'effaçant trop souvent d'elle-même ».
2015 : Coldplay album Head Full Of Dreams track Kaleidoscope (Parlophone records)