Khatia Buniatishvili
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Khatia Buniatishvili en 2008.
Nom de naissance ხატია ბუნიათიშვილი
Naissance (34 ans)
Batoumi, Drapeau de la République socialiste soviétique de Géorgie RSS de Géorgie
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Lieux de résidence Paris, France
Activité principale Pianiste
Site internet khatiabuniatishvili.com

Khatia Buniatishvili (en géorgien : ხატია ბუნიათიშვილი, /xɑtˈiɑ buniɑtʰiʃvili/), née le à Batoumi en République socialiste soviétique de Géorgie, est une pianiste géorgienne, française depuis 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Khatia Buniatishvili est la fille d’une informaticienne et d’un ingénieur électricien[1].

Émigrée géorgienne vers la France, Khatia Buniatishvili vit depuis 2011 à Paris. En , elle acquiert la nationalité française[2]. Elle ressent une profonde reconnaissance pour la France : « Je pense que la France est un pays qui mélange créativité et droits de l'homme. Les deux ensemble, c'est rare dans un pays »[3] et joue La Marseillaise le lorsque l'équipe française gagne la Coupe du monde de football[4].

Elle parle couramment le géorgien[5], le russe[6], l'allemand[7], le français et l'anglais[8].

Elle a une sœur ainée, Gvantsa, née en 1986[9], qu'elle considère comme sa jumelle tant elles sont proches[10].

Lors d'un entretien sur la chaîne KTO, Khatia Buniatishvili indique que sa citation préférée est issue de l'épopée Le Chevalier à la peau de panthère, du poète géorgien du XIIe siècle Chota Roustavéli : « Ce que tu donnes t'appartient, ce que tu détiens est perdu ! »[10].

Formation[modifier | modifier le code]

Comme sa sœur, Khatia Buniatishvili commence le piano à l'âge de trois ans avec sa mère et donne son premier concert avec l'orchestre de chambre de Tbilissi à l'âge de six ans. Entre douze et quinze ans, elle arrête l'école, pour suivre les masterclass du pianiste et pédagogue français d'origine hongroise Michel Sogny : une vidéo en témoigne[11] mais elle dit en avoir gardé mauvais souvenir[12]. Avec sa sœur Gvantsa, elle participe au concert organisé en 2001 par la fondation SOS Talents[a] à Paris puis au Théâtre des Champs-Élysées dans le cadre d'une soirée présentée par Stéphane Bern[13]. De retour en Géorgie, elle poursuit ses études à l'École centrale de musique de Tbilissi, elle entre en 2004 au conservatoire d'État de Tbilissi puis à Vienne en 2006 à l’université de musique et des arts du spectacle de Vienne[9]. En 2010, elle travaillait depuis 2007 avec le pianiste Oleg Maisenberg à l'Académie de musique et d'art dramatique de Vienne[14].

Premières représentations[modifier | modifier le code]

Dès 2002, elle est invitée à participer à divers festivals de musique dont celui de Montreux en 2002[15], puis le festival de Gstaad (en 2003, 2004, 2011 et 2012), en tant que soliste ou comme concertante dans l'orchestre du festival, tenant les parties de piano et même d'orgue dans des œuvres orchestrales, sous la direction de Iouri Temirkanov. En 2008, après son prix au concours international de piano Arthur Rubinstein, elle débute aux États-Unis au Carnegie Hall de New York avec le Concerto pour piano no 2 de Frédéric Chopin, et donne en 2009 son premier récital au Festival de La Roque-d'Anthéron, auquel elle est réinvitée en 2010 et 2011.

Outre sa carrière de soliste, elle se produit aussi comme chambriste, notamment en duo avec le violoniste Renaud Capuçon, mais aussi en trio avec le violoniste Gidon Kremer et la violoncelliste Giedrė Dirvanauskaitė (en), en quintette avec le quatuor Pavel Haas, ou encore à quatre mains et deux pianos avec sa sœur Gvantsa Buniatishvili. Le , à l'issue de l'interprétation du 3e concerto pour piano et orchestre de Beethoven qu'elle donne avec l'orchestre régional de Cannes-Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle est sollicitée par les musiciens, comme marraine de l'orchestre, succédant à Brigitte Engerer[16]. Le , elle revient jouer avec l'orchestre de Cannes, le Concerto pour piano no 10 de Mozart, accompagnée de sa sœur Gvantsa avec qui elle joue depuis l’âge de 9 ans[17]. Elle se produit à Paris aux concerts de la tour Eiffel des , et .

Sollicitation des médias[modifier | modifier le code]

Khatia Buniatishvili est très sollicitée par les médias : on la voit sur les plateaux de télévision ou à la une des magazines, tant en France qu'à l'étranger grâce à la possibilité qu'elle a de parler couramment cinq langues. Elle « rejoint le cercle très restreint des artistes de musique classique qui se font entendre au-delà de la sphère des mélomanes avertis »[18]. En France, elle est ainsi par exemple l'invitée en 2017 des émissions À la bonne heure de Stéphane Bern[19], de la chaîne KTO[20], de la chaîne France 24[21], de la chaîne Arte[22], de l'émission Le Petit Journal de Yann Barthès[23] ; en 2018, de l'émission 20 h 30 le dimanche de Laurent Delahousse[24] ; en 2019, de la chaîne TV5 Monde[25], de l'émission C à vous d' Anne-Élisabeth Lemoine[26], de l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier[27], « star » de l'émission Le Grand Échiquier d'Anne-Sophie Lapix sur France 2[28] où elle joue avec sa sœur Gvantsa[29] ; en 2020, de Radio Classique[30], de France Musique[31], d'Ophélie Meunier sur RTL[32]

Style de jeu[modifier | modifier le code]

Khatia Buniatishvili divise la critique : elle y est tantôt encensée, tantôt critiquée. Qualifiée de « pop-star du classique » (bien qu'elle préfère le titre de « rock star »), de « Betty Boop du piano » ou encore de « Beyoncé du piano »[33] à cause de ses tenues sexy et ses interprétations fougueuses, « avec son look de pin-up et un jeu très libre, la virtuose géorgienne dynamite les codes » : la profondeur de décolletés plus que suggestifs, plongeants devant comme derrière, le port de madone, les cheveux de jais encadrant sa bouche écarlate[34],[14],[35],[3].

La critique du magazine Paris Match écrit : « Khatia Buniatishvili éblouit par son génie musical autant que par un sex-appeal » et ajoute « Différente, Khatia Buniatishvili ne l’est pas seulement par son look, mais aussi par son interprétation qui agace parfois les puristes. Une inimitable façon de projeter des couleurs inattendues sur une partition, en s’émancipant des sacro-saintes indications »[35].

La critique du quotidien Le Monde écrit : « Khatia Buniatishvili possède une technique digitale qui lui permet de prendre un cran au-dessus les œuvres de grande virtuosité comme la Mephisto-Valse de Liszt, qu'elle joue à la façon imagée d'un cartoon. Et c'est insupportable : que de caricature sous couvert de forte personnalité »[14].

Devant ces critiques, Khatia Buniatishvili veut donner une image plus moderne, plus sexy, moins coincée du milieu de la musique classique, casser un peu les codes : « Ce que les jeunes apprécient dans mes concerts, comme dans des concerts de rock, c'est que je donne tout sur scène. Il n'y a pas de limites à la performance, comme s'il n'y avait pas de lendemain »[36].

Khatia Buniatishvili joue la plupart du temps les yeux fermés : « Sur scène […] je me donne complètement, je m’abandonne les yeux fermés, je deviens immatérielle. La sonorité est pour moi une sorte de méditation. La rigueur, le contrôle total, ce n’est pas du plaisir »[37].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Participations à d'autres enregistrements :

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La fondation SOS Talents accompagne de jeunes pianistes venant de milieux modestes, originaires pour la plupart de pays d'Europe de l'Est.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Khatia Buniatishvili - La biographie de Khatia Buniatishvili avec Gala.fr », sur gala.fr (consulté le ).
  2. Katia Buniatishvili, France 2, magazine On n'est pas couché, 22 avril 2017.
  3. a et b Sophiee Granel sur le site de la chaîne France Info, « Khatia Buniatishvili : rencontre avec la rock star de la musique classique », (consulté le ).
  4. Khatia Buniatishvili joue La Marseillaise.
  5. Entretien en géorgien.
  6. Entretien en russe.
  7. Entretien en allemand.
  8. Entretien en anglais.
  9. a et b « Khatia et Gvantsa Buniatishvili ! Agence Artistique Jacques Thelen », sur jacquesthelen.com (consulté le ).
  10. a et b Emmanuelle Dancourt reçoit Khatia Buniatishvili dans l'émission « V.I.P » sur la chaîne KTO, 8 avril 2017, [écouter en ligne].
  11. Khatia Buniatishvili en 1999 dans une Mastercalss avec Michel Sogny.
  12. Entretien avec Khatia Buniatishvili en 2017 (en allemand, sous-titré en anglais).
  13. « Michel Sogny présente ses élèves Yana Vassilieva et Khatia Buniatishvili Théâtre des Champs-Elysées » (consulté le )
  14. a b et c Marie-Aude Roux, « Khatia Buniatishvili, pianiste à trop forte personnalité », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le ).
  15. Sylvie Bonnier, « Les surdoués du clavier ont rendez-vous à Montreux » in La Tribune de Genève du , [lire en ligne].
  16. Aurore Busser, « Khatia Buniatishvili, nouvelle marraine de l'ORCPACA », Nice-Matin,‎ .
  17. Philippe Depetris, « Khatia Buniatishvili : l'important c'est l'émotion », Nice-Matin,‎ .
  18. Présentation sur le site violonsurlesable.com.
  19. Khatia Buniatishvili, invitée de l'émission À la bonne heure de Stéphane Bern, le .
  20. Entretien avec Khatia Buniatishvili sur la chaîne KTO, le .
  21. Entretien avec Khatia Buniatishvili sur la chaîne France 24, le .
  22. Khatia Buniatishvili, invitée de l'émission 28 minutes sur Arte, le .
  23. Khatia Buniatishvili, invitée de l'émission Le Petit Journal de Yann Barthès, le .
  24. Khatia Buniatishvili, invitée de l'émission 20 h 30 le dimanche de Laurent Delahousse, le .
  25. Khatia Buniatishvili, invitée de l'émission 64' Le Monde en français sur TV5 Monde, le .
  26. Khatia Buniatishvili, invitée de l'émission C à vous d' Anne-Élisabeth Lemoine, le .
  27. Khatia Buniatishvili, invitée de l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier, le .
  28. Khatia Buniatishvili, star du Grand Échiquier d'Anne-Sophie Lapix sur France 2 le .
  29. Extrait de l'émission Le Grand Échiquier le .
  30. Khatia Buniatishvili invitée de Radio Classique, le .
  31. Khatia Buniatishvili invitée de France Musique, le .
  32. Khatia Buniatishvili, invitée d'Ophélie Meunier sur RTL, le .
  33. Éric Bureau, « Musique classique : Kathia Buniatishvili, la pianiste affranchie », sur le site du quotidien Le Parisien, (consulté le ).
  34. Valérie de Buchet, « Khatia Buniatishvili, la Betty Boop du piano », sur le site du magazine Madame Figaro, (consulté le ).
  35. a et b Marie-France Chatrier, « Khatia Buniatishvili: l'envol virtuose », sur le site du magazine Paris Match, (consulté le ).
  36. Aliette de Laleu, « Scandale, ma pianiste joue du Rachmaninov en jupe sexy (et alors?) », sur le site du magazine en ligne Slate, (consulté le ).
  37. Thérèse Courvoisier, « Ses mains ont la parole », sur le site du quotidien Tribune de Genève, (consulté le ).Inscription nécessaire
  38. Tribune de Genève, le 14 mai 2011.
  39. (en) Biographie sur le site Borletti-Buitoni Trust.
  40. Echo Klassik prize winners 2016.
  41. Florence Michel, « Kaléidoscope, par Khatia Buniatishvili », ResMusica, 12 mars 2016.