Chargé d'un orchestre d'étudiants, il composa de nombreuses œuvres instrumentales pour cette formation, suscitant l'enthousiasme de Rossini, qui avait assisté à l'un de ses concerts. Après avoir donné trois ballets au Teatro San Carlo de Naples, il y créa en 1819 son premier opéra, L'apoteosi d'Ercole, qui bénéficia d'une distribution prestigieuse réunissant Colbran, Pisaroni, David et Nozzari, et il connut un grand succès avec son deuxième ouvrage, Violenza e Constanza (1820).
Quatre autres opéras suivirent, créés à Naples mais aussi à Rome et à Bologne (Maria Stuarda, 1821), avant un triomphe à la Scala de Milan avec Elisa e Claudio (1821). La production de ce dernier ouvrage à Vienne lui valut d'être convié à donner trois opéras au Kärntnertortheater, parmi lesquels Doralice (1824) qu'admirait Hegel. Parallèlement, il donna de nombreux ouvrages aux théâtres italiens, comme Amleto à la Scala de Milan en 1822 ou Caritea, regina di Spagna à la Fenice de Venise en 1826.
La testa di bronzo, donné à Lisbonne en 1827 lui valut une invitation à séjourner dans la péninsule Ibérique où il donna Gabriella di Vergy à Lisbonne l'année suivante et Francesca da Rimini à Madrid en 1831. Quand il revint en Italie, il dut affronter la rude concurrence de Bellini et de Donizetti, du second en particulier qui, triomphant à Naples, l'écarta du San Carlo après Zaira en 1831. En 1833, il obtint un poste de maître de chapelle de la cathédrale de Novare, en Piémont, où il résida jusqu'en 1840.
Saverio Mercadante.
Il continua à composer des opéras et remporta un succès considérable à Turin avec I Normanni a Parigi (1832), suivi dans la même ville par Francesca Donato (1835) et donna successivement six opéras à la Scala parmi lesquels Ismalia (1832), Il conte d'Essex (1833) et La gioventù d'Enrico V (1834), sans oublier Venise où il donna Emma d'Antiochia (1834).
À l'invitation de Rossini, il se rendit à Paris et donna I briganti au Théâtre italien (1836), qui fut un échec malgré une distribution réunissant Grisi, Rubini, Tamburini et Lablache. Durant son séjour à Paris, il se familiarisa avec le grand opéra à la française, assistant notamment à des représentations de La Juive d'Halévy et d'ouvrages de Meyerbeer, qui l'amenèrent à infléchir son propre style pour tendre à davantage d'intensité dramatique.
De retour en Italie, il triompha à la Scala avec Il giuramento (Le Serment, 1837), l'un de ses opéras les plus connus. En 1838, il fut préféré à Donizetti pour diriger le conservatoire de Naples, poste qu'il occupa effectivement à partir de 1840. Cet événement précipita le départ de Donizetti pour Paris. À ce moment, Bellini était mort depuis trois ans, et Mercadante régna alors en maître incontesté sur l'opéra italien. Dans La Chartreuse de Parme (1839) Stendhal parle d'un homme "chantant un air délicieux de Mercadante, alors à la mode en Lombardie" (chapitre IX).
Invité à nouveau au San Carlo (Elena da Feltre, 1839), il obtint la même année son plus grand succès avec Il bravo à la Scala. Mais, il subissait la concurrence de Giovanni Pacini (Saffò, 1840) ; surtout, s'allumait déjà l'étoile montante de Giuseppe Verdi (son Nabucco est de 1842) qui ne devait pas tarder à éclipser celle de Mercadante. Certains des opéras qu'il donna encore eurent du succès (Orazi e Curiazi, 1846) mais la plupart peinaient à susciter l'enthousiasme de jadis, tandis que ses ouvrages plus anciens tombaient progressivement dans l'oubli.
Quand il eut atteint la soixantaine, sa vue commença à baisser fortement et il devint à peu près complètement aveugle à partir de 1863. Il ne mourut qu'à la fin de 1870, entouré du respect général mais considéré comme appartenant à un monde révolu. En dépit de quelques productions occasionnelles, la plupart de ses opéras quittèrent alors le répertoire.
Violenza e costanza, ossia I falsi monetari, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro Nuovo, 19 janvier ; nouvelle production sous le titre : Il castello dei spiriti, Lisbonne, Theatro do Barao de Quintella nas Larangeiras, 14 mars
Anacreonte in Samo, dramma per musica en 2 actes, livret de Giovanni Schmidt d'après Anacréon chez Polycrate de Jean-Henri Guy, Naples, Teatro San Carlo, 30 juin
Scipione in Cartagine, melodramma serio en 2 actes, livret de Giacomo Ferretti, Rome, Teatro Argentina, 26 décembre ; nouvelle version sous le titre Gli Sciti, Naples, Teatro San Carlo,
Maria Stuarda regina di Scozia, dramma serio en 2 actes, Bologne, Teatro Comunale, 29 mai
Elisa e Claudio, ossia L'amore protetto dall'amicizia, melodramma semiserio en 2 actes, livret de Luigi Romanelli d'après Rosella de F. Casari, Milan, Teatro alla Scala, 30 octobre
Andronico, melodramma tragico en 2 actes, livret de Dalmindo Tindario (Giovanni Kreglianovich) d'après Dom Carlos de Saint-Réal et Andronic de Campistron, Venise, Fenice, 26 décembre ; remanié l'année suivante comme : Alfonso ed Elisa (1822)
Alfonso ed Elisa, librettiste inconnu d'après Fillipo de Vittorio Alfieri (refonte d’Andronico), Mantoue, Teatro Nuovo, 26 décembre ; nouvelle version révisée sous le titre : Aminta ed Argira, Reggio Emilia, Teatro Comunale,
Didone abbandonata, dramma per musica en 2 actes, livret de Pietro Metastasio, Turin, Teatro Regio, 18 janvier ; nouvelle version revue (avec dénouement heureux) : Milan, Teatro alla Scala, ; troisième version à Naples (?)
Gli Sciti, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola d'après Les Scythes de Voltaire (refonte de Scipione in Cartagine), Naples, Teatro San Carlo,
Costanzo ed Almeriska, dramma per musica en 2 actes, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro San Carlo, 22 septembre (ou 22 novembre ?)
Le nozze di Telemaco ed Antiope, action lyrique en 7 scènes, livret de Calisto Bassi, Vienne, Kärntnertortheater, 5 novembre (pastiche de divers compositeurs)
Il podestà di Burgos, melodramma giocoso en 2 actes, livret de Calisto Bassi, Vienne, Kärntnertortheater, 20 novembre ; nouvelle version sous le titre : Il signore del villaggio, livret d'Andrea Leone Tottola, Naples, Teatro del Fondo, ; troisième version sous le titre : Eduardo ed Angelica, Naples, Teatro del Fondo, 1828
Les Noces de Gamache, opéra bouffon en 3 actes, livret de J.-H. Dupin et T. Sauvage d'après Cervantes, musique « arrangée pour la scène française par M. Guénée » à partir de L'apoteosi d'Ercole et Elisa e Claudio, Paris, Théâtre de l'Odéon, 9 mai (pastiche)
Erode, ossia Marianna, dramma tragico en 2 actes, livret de Luigi Ricciutti d'après Marianne de Voltaire, Venise, Fenice, 12 décembre (ou 27 décembre ?)
Ipermestra (I), dramma tragico en 2 actes, livret de Luigi Ricciutti d'après Eschyle[3], Naples, Teatro San Carlo, 29 décembre
Caritea, regina di Spagna, ossia La morte di Don Alfonso re di Portogallo (autre titre : Donna Caritea), melodramma serio en 2 actes, livret de Paolo Pola, Venise, Fenice, 21 février
La testa di bronzo, ossia La capanna solitaria, melodramma heroi-comico en 2 actes, livret de Felice Romani[4], Lisbonne, théâtre privé du baron di Quintella at Laranjeiras, 3 décembre
Ipermestra (II), drama heroico en 2 actes, librettiste inconnu d'après Pietro Metastasio, Lisbonne, Teatro Nacional de São Carlos, 29 septembre ; nouvelle version : Gênes, Teatro Carlo Felice,
I normanni a Parigi, tragedia lirica en 2 actes, livret de Felice Romani, Turin, Teatro Regio, 7 février
Ismalia, ossia Amore e morte, melodramma en 3 actes, livret de Felice Romani d'après Ismalie, ou la Mort et l'amour (1828) de Prévost d'Arlincourt, Milan, Teatro alla Scala, 27 octobre
Francesca Donato, ossia Corinto distrutta, melodramma en 3 actes, livret de Felice Romani d'après Lord Byron, Turin, Teatro Regio, 14 février ; version révisée : Naples, Teatro S. Carlo, 1845
I briganti, melodramma serio en 3 actes, livret de Jacopo Crescini d'après Die Räuber de Schiller, Paris, Théâtre-Italien, 22 mars ; nouvelle version : Milan, Teatro alla Scala, ; révision avec compléments : 1853
La vestale, tragedia lirica en 3 actes, livret de Salvatore Cammarano, Naples, Teatro San Carlo, 10 mars ; reprise sous le titre Emilia : Rome, 1842 ; comme San Camillo, azione sacra : Rome, 1851
La solitaria delle Asturie, ossia la Spagna ricuperata, melodramma en 5 actes, Venise, La Fenice, 12 mars
Il reggente, tragedia lirica en 3 actes, livret de Salvadore Cammarano d'après Gustave III d'Eugène Scribe, Turin, Teatro Regio, 2 février ; version révisée avec compléments : Trieste, Teatro Grande, 11 novembre
Leonora, melodramma en 4 actes, livret de Marco d'Arienzo d'après Leonore de G. A. Bürger, Naples, Teatro Nuovo, 5 décembre ; sous le titre Il cacciatore delle Alpi : Ferrare, 1859
Il Vascello de Gama, melodramma romantico en un prologue et 3 actes, livret de Salvadore Cammarano d'après Le Naufrage de la Méduse (1839) de Louis François Charles Desnoyer, Naples, Teatro San Carlo, 6 mars
La schiava saracena, ovvero Il campo di Gerosolima, melodramma tragico en 4 actes, livret de Francesco Maria Piave, Milan, Teatro alla Scala, 26 décembre ; version révisée : Naples, Teatro San Carlo, 1850
Virginia, tragedia lirica en 3 actes, livret de Salvatore Cammarano d'après Vittorio Alfieri, Naples, Teatro San Carlo, 7 avril (composé en 1849-1850, interdit par la censure)