Né à Łódź le dans une famille de la grande bourgeoisie juive, Alexandre Tansman est un compositeur, auteur d’une œuvre monumentale comportant plus de 300 opus, parmi lesquels une trentaine directement inspirés de la tradition juive[2].
Après des études à Łódź en numerus clausus, il part pour Varsovie où il mène de front des études de droit et de philosophie et de musique au Conservatoire. Il remporte les trois premiers prix de composition en 1919[3]. Installé à Paris (fin 1919), il est joué dès les années 1920 et 1930.
Tansman est l’un de ces créateurs polonais dont l’art est effectivement entré dans la composition de la vie artistique mondiale. C’est Tansman qui, à côté de Szymanowski étant plus âgé de quinze ans de lui, était le premier créateur qui a lié la musique polonaise à un nouveau langage et à l’esthétique du XXe siècle. Tansman a dépassé de manière plus conséquente que Szymanowski la poétique du son du XIXe siècle et les modèles allemands[6].
Très cosmopolite et parlant sept langues,[Interprétation personnelle ?] il entreprend un tour du monde en 1932-1933 et s'intéresse tant à l'Extrême-Orient qu'au jazz[Interprétation personnelle ?]. Lors de cette tournée, il rencontre notamment Gandhi. En 1937, veuf de sa première épouse Anna, il épouse Colette Cras, fille du compositeur et contre-amiral Jean Cras qui mourra en 1953[8]. Le 1er juin 1938, un décret signé par le président de la République française, Albert Lebrun, lui confère la nationalité française. Comme l'était devenu deux ans plus tôt Igor Stravinsky, comme le deviendra l'année suivante Bruno Walter, Alexandre Tansman devenait citoyen français[9].
Sa carrière est nettement divisée par la Seconde Guerre mondiale.[Interprétation personnelle ?] En raison de l'antisémitisme, il se voit contraint de se réfugier avec sa famille à Nice jusqu'en . Il parvient ensuite à s'exiler aux États-Unis grâce à un comité organisé par Chaplin, Toscanini, Koussevitzky, Stokowski, Mitropoulos et Golschmann[10]. Dès son arrivée, il reçoit la « Elizabeth Sprague Coolidge Medal for Eminent Services to Chamber Music » pour sa 4e Sonate pour piano[11]. Il y résidera jusqu’en . Durant ces presque cinq ans d’exil, il écrit plusieurs musiques de films, et surtout de nombreuses œuvres importantes, dont trois symphonies[7]. Il multiplie les tournées, dirigeant et jouant dans les villes les plus importantes.[Interprétation personnelle ?]
De retour d'exil des États-Unis, il se fixe définitivement en France, où il poursuit une brillante carrière européenne. En France, le philosophe français Vladimir Jankélévitch fut un admirateur et un ami fidèle de Tansman. Vers la fin des années 1970, il est de moins en moins joué en France, en raison peut-être de son langage musical, certes moderne et savant, mais aussi luxuriant, à une époque où apparaît le minimalisme, et taxé à tort de néoclassicisme.[Interprétation personnelle ?]. En 1967, la S.A.C.E.M. lui décerne le prix Hector Berlioz. En 1977, il est élu membre de la classe des Beaux-Arts de l’Académie Royale de Belgique en remplacement de Dimitri Chostakovitch, la France le nomme Commandeur des Arts et des lettres en 1986, en Pologne il reçoit la médaille du Mérite de la Culture et il est nommé post mortem« Docteur honoris causa de l’Académie Musicale de Łódź »[12].
L'héritage artistique de Tansman comporte plus de 300 œuvres pour les formations instrumentales et vocales les plus diverses, parmi lesquelles 7 opéras, 11 ballets, 6 oratorios, 80 partitions orchestrales (dont 9 Symphonies), de nombreuses œuvres de musique de chambre, 8 Quatuors à cordes, 8 Concerti pour tous les instruments, une centaine de pages pour le piano, de nombreuses musiques de scène et de la musique de film, beaucoup d’œuvres à l'intention des enfants[7].
«On ne peut pas effacer de sa vie les années d’enfance et de jeunesse, les traditions culturelles, la mémoire du milieu dans lequel on a grandi», déclare Alexandre Tansman dans l’interview qu’il a accordé à Janusz Cegiella. Il le termine par les mots suivants : « Volens nolens, ma musique est-elle connue en Pologne ou non, j’appartiens à la culture polonaise ». Je pourrais, à vrai dire, terminer ici et, me basant sur cette citation constater que l’œuvre créatrice de Tansman n’appartient qu’aux Polonais. Il a cependant déclaré dans la phrase suivante : « Je suis citoyen français et je suis redevable à la France de mon évolution créatrice, de ma vie intime ainsi que de ma réputation internationale »[13].
Depuis 1996, dans sa ville natale de Łódź, l'Association pour la Promotion de la Culture (sous la direction artistique de Andrzej Wendland) organise tous les deux ans un prestigieux concours international de musique et un festival portant son nom[14].
Igor Stravinsky, Paris, Amiot-Dumont, coll. « Jeunesse de la Musique », , 314 p. (notice BnF noFRBNF31432366)
Une voie lyrique dans un siècle bouleversé : Textes réunis par Mireille Tansman-Zanuttini, préfacés et annotés par Gérald Hugon, Paris, L'Harmattan, , 466 p. (ISBN978-2-7475-9045-7, notice BnF noFRBNF40049427)
Regards en arrière, Itinéraire d'un musicien cosmopolite au XXe siècle : Texte édité par Cédric Segond-Genovesi ; avec la collaboration de Mireille Tansman Zanuttini et Marianne Tansman Martinozzi, Château-Gontier, Aedam Musicae, , 527 p. (ISBN978-2-919046-08-9, notice BnF noFRBNF43543914)
Irving Schwerke, Alexandre Tansman, compositeur polonais, Paris, Éditions Max Eschig, 1931. Liste d'œuvres inédites et courte bibliographie.
Janusz Cegiełła, Dziecko szczęścia. Aleksander Tansman i jego czasy [L'enfant de la chance: Alexandre Tansman et son époque], Warszawa, Państwowy Instytut Wydawniczy, 1986.
Gerald Hugon, Alexandre Tansman (1897-1986). Catalogue de l'œuvre, Paris, Éditions Max Eschig, 1995.
Anna Granat-Janki, Forma w twórczości instrumentalnej Aleksandra Tansmana [La forme dans l'œuvre instrumentale d'Alexandre Tansman], Wrocław, Akademia Muzyczna, 1995.
Andrzej Wendland, Gitara w twórczości Aleksandra Tansmana [La guitare dans les œuvres d'Alexandre Tansman], Łódź, Ars Longa Edition, 1996.
Janusz Cegiełła, Dziecko szczęścia. Aleksander Tansman i jego czasy [L'enfant de la chance: Alexandre Tansman et son époque], vol. 1-2, Łódź, 86 Press, 1996. Liste d'œuvres et bibliographie.
Aleksander Tansman. Życie i twórczość [Vie et Œuvre] 1897-1985, actes du colloque national, ed. Marta Szoka, Łódź, Akademia Muzyczna, 1997.
Hommage au compositeur Alexandre Tansman (1897-1986), textes réunis par Pierre Guillot, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 2000.
Lionel Pons, avec la collaboration de Jean Alain Joubert et France-Yvonne Bril, Alexandre Tansman ou l'expression et l'équilibre, Montrem, Les Amis de la musique française, 2005.
Wojciech Wendland, W 89 lat dookoła świata. Aleksander Tansman u źródeł kultury i tożsamości [Le tour du monde en 89 ans: Alexandre Tansman à l'origine de la culture et de l'identité], Łódź, Astra Editions, Aleksander Tansman Association for the Promotion of Culture, 2013.
Remi Huppert, La partition de l'exil, roman historique, Paris, Editions Michel de Maule, 2017.
Marianne Tansman Martinozzi, avec la participation de Mireille Tansman Zanuttini et Antonin Vercellino, La Guitare dans la vie d'Alexandre Tansman, Lyon, Éditions Habanera, 2018.
Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : Édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1769 p. (ISBN978-2-36890-577-7, notice BnF noFRBNF45607052)
Contient 3 correspondances de Ravel à Tansman (1925) n°1861, 1882, 1899 et 1 correspondance de Tansman à Ravel (1933) n°2453
↑Andrzej Wendland, dans Aleksander Tansman. Życie i twórczość [Vie et Œuvre] 1897-1985, actes du colloque national, ed. M. Szoka, Łódź, Akademia Muzyczna, , 138 p. (ISSN0860-5335), « Data urodzin Aleksandra Tansmana [La date de naissance d'Alexandre Tansman] », p. 13-20
↑Janusz Cegiełła, Dziecko szczęścia. Aleksander Tansman i jego czasy [L'enfant de la chance : Alexandre Tansman et son époque], Warszawa, Państwowy Instytut Wydawniczy, , 518 p. (ISBN83-06-01256-9), p. 63-67
↑Tadeusz Kaczyński, dans Hommage au compositeur Alexandre Tansman (1897-1986), ed. P. Guillot, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , 254 p. (ISBN2-84050-175-9, ISSN1275-2622), « Entre la Pologne et la France », p. 31-32
↑Gerald Hugon, dans Hommage au compositeur Alexandre Tansman (1897-1986), ed. P. Guillot, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , 254 p. (ISBN2-84050-175-9, ISSN1275-2622), « Présentation du compositeur et de son œuvre », p. 20
↑Wojciech Wendland, W 89 lat dookoła świata. Aleksander Tansman u źródeł kultury i tożsamości [Le tour du monde en 89 ans : Alexandre Tansman à l'origine de la culture et de l'identité], Łódź, Astra Editions, Aleksander Tansman Association for the Promotion of Culture, , 251 p. (ISBN978-83-938620-0-9), p. 247-248
↑ abc et dGerald Hugon, Alexandre Tansman (1897-1986). Catalogue de l'œuvre, Paris, Éditions Max Eschig, , 124 p.
↑Alexandre Tansman, Regards en arrière. Itinéraire d’un musicien cosmopolite au XXe siècle, Chateau-Gontier, Editions Aedam Musicae, , 527 p. (ISBN978-2-919046-08-9), p. 252-271
↑Gerald Hugon, dans Hommage au compositeur Alexandre Tansman (1897-1986), ed. P. Guillot, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , 254 p. (ISBN2-84050-175-9, ISSN1275-2622), « Présentation du compositeur et de son œuvre », p. 22
↑Janusz Cegiełła, Dziecko szczęścia. Aleksander Tansman i jego czasy [L'enfant de la chance : Alexandre Tansman et son époque], vol. 2, Łódź, 86 Press, , 466 p. (OCLC606419738), p. 15-36
↑Clavier, volume 29, Instrumentalist Company, 1990, p. 19
↑Gerald Hugon, Hommage au compositeur Alexandre Tansman (1897-1986), ed. P. Guillot, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , 254 p. (ISBN2-84050-175-9, ISSN1275-2622), « Présentation du compositeur et de son œuvre », p. 27
↑Tadeusz Kaczyński, dans Hommage au compositeur Alexandre Tansman (1897-1986), ed. P. Guillot, Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, , 254 p. (ISBN2-84050-175-9, ISSN1275-2622), « Entre la Pologne et la France », p. 30