Sidney Bechet
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Sidney Bechet et son saxophone soprano au club de jazz Jimmy Ryan's de Manhattan à New York en 1947
avec Freddie Moore (en) et Lloma Phillips.
Informations générales
Naissance
La Nouvelle-Orléans
(Drapeau des États-Unis États-Unis)
Décès (à 62 ans)
Garches (Drapeau de la France France)
Activité principale Jazzman
Genre musical Jazz, Dixieland, Jazz Nouvelle-Orléans, hot jazz
Instruments Clarinette, saxophone
Années actives 1908 à 1959

Sidney Bechet, né le à La Nouvelle-Orléans et mort le à Garches (en France), est un clarinettiste, saxophoniste et compositeur emblématique de jazz américain (compositeur entre autres de Petite Fleur…).

Biographie[modifier | modifier le code]

Passeport vers 1921.

Musicien cosmopolite dès sa jeunesse, Sidney Bechet est à l'origine de la première critique de jazz un peu sérieuse[non neutre]. En 1919, il est le clarinettiste soliste du Southern Syncopated Orchestra dirigé par le compositeur Will Marion Cook, qui refusait d'utiliser le mot « jazz » mais tenait beaucoup à avoir Bechet en vedette. Le chef d'orchestre suisse Ernest Ansermet, qui eut plusieurs fois l'occasion d'écouter cette formation à Londres, écrivait à propos de Bechet : « (Il) ne peut rien dire de son art, sauf qu'il suit sa propre voie… et c'est peut-être la route sur laquelle le monde entier swinguera dans l'avenir. »

À Londres en 1922.

Prodige musical, né au sein d'une famille créole de la classe moyenne (dont le nom s'orthographiait « Béchet » autrefois), il a étudié auprès de Louis dit « Papa » Tio et Lorenzo Tio fils à La Nouvelle-Orléans[1]. Il se joint, après la fermeture du district de Storyville en 1917, à l'exode vers Chicago et y travaille avec deux célèbres exilés, le trompettiste Freddie Keppard et le pianiste Tony Jackson. Puis il accompagne Cook à Londres, où il découvre le saxophone soprano, instrument plus dominant que la clarinette et avec lequel il peut aisément produire le vibrato qui est son signe distinctif. En , Sidney Bechet rejoint le groupe de Duke Ellington et commence la deuxième tournée en Nouvelle-Angleterre avec eux. Moins de trois mois plus tard, « le Duke » le renvoie après qu’il ne s'est pas présenté à trois concerts.

Dans les années 1940.

Expulsé du Royaume-Uni pour cause de bagarre dans un hôtel, Bechet retourne aux États-Unis et s'installe à New York, où le pianiste Clarence Williams veut à tout prix le faire enregistrer, en particulier aux côtés de Louis Armstrong. C'est ainsi qu'a lieu une première rencontre entre ces géants du jazz. Cependant, de nouveaux problèmes le ramènent en Europe, où il passe quatre ans au sein de la Revue nègre, créée à Paris et dont Joséphine Baker est la vedette. Pendant qu'Armstrong réalise ses enregistrements classiques, son principal rival comme soliste de jazz est en tournée en Europe et en URSS. Mais Sidney Bechet a un fort caractère et, en 1928, une bagarre éclate entre lui et le banjoïste Mike McKendrick sur qui il tire au pistolet. L'algarade fait trois blessés et le drame est évité, mais Sidney Bechet se retrouve onze mois en prison à Fresnes. À sa sortie, malgré le témoignage de Louis Aragon en sa faveur, Sidney Bechet est expulsé de France. Il se rend alors à Berlin, où il a un engagement pour passer au cinéma-dancing du Haus Vaterland.

En 1954.

En 1938, Bechet participe, au sein des New Orleans Feetwarmers, au fameux concert From Spirituals to Swing organisé par John Hammond au Carnegie Hall, aux côtés de Count Basie ou Big Joe Turner[2].

Après un retour triomphal au Festival de jazz de Paris en 1949, il décide de s'établir en France. Bechet y devient une super vedette hexagonale. Son thème Petite Fleur est un succès mondial, même si lui-même était probablement plus fier des partitions de ballets telles que La nuit est une sorcière qu'il compose pour le danseur et chorégraphe Pierre Lacotte.

À Amsterdam en 1956.

En 1951, lors d'une tournée à Alger il retrouve Elisabeth Ziegler (1910-1985), qu'il avait rencontrée à Paris en 1928. Il l'épouse le à Antibes, en grande pompe, devant la jet set de la Côte d'Azur[3]. En 1952, il a une liaison avec Jacqueline Peraldi (?-2011) de laquelle naît son fils Daniel Bechet[4] le [5] (son unique héritier)[6].

Séance de dédicace à Amsterdam en 1956.

À la fin de sa vie, en 1956, il entame une grande tournée en Belgique. Le déjà, avec l'orchestre d'André Réwéliotty, il avait donné un concert suivi d'un bal à « La Nuit d'or » à la plaine de Nimy à Mons. Albert Langue, jazzman de Mons et initiateur du Festival mondial des musiques militaires de Mons, l'accompagne dans ses concerts, à la trompette. Sidney Bechet lui demande s'il n'a pas en mémoire une musique locale qu'il pourrait jouer en Belgique pour faire plaisir à son public et personnaliser la tournée belge. Albert Langue lui joue sur un piano Le Doudou, musique emblème de la Ducasse de Mons qu'il adapte au style de musique de La Nouvelle-Orléans.
C'est un tel succès qu'il l'enregistre pour la maison de disques Vogue. Ce disque est une des meilleures ventes de 1956 et permit au Doudou d'être connu partout dans le monde.

Il meurt d'un cancer du poumon, en 1959, le jour de son soixante-deuxième anniversaire[7]. Sa dernière épouse décède en 1995. Il repose au cimetière de Garches en Île-de-France, avec une épitaphe sur sa sépulture signée de Duke Ellington :

Sépulture et épitaphe de Duke Ellington, à Garches (Île-de-France).

« Bechet to me was the very epitome of jazz… Everything he played in his whole life was completely original. I honestly think he was the most unique man ever to be in this music. Duke Ellington

(Bechet était pour moi l'incarnation même du jazz… Tout ce qu'il a joué dans toute sa vie était complètement original. Je pense honnêtement qu'il était l'homme le plus unique de l'histoire de cette musique) »

Parmi ses plus célèbres nombreux enregistrements figurent le trio Blues in Thirds, avec Earl Hines et Baby Dodds, Blue Horizon, Out of The Gallion avec Mezz Mezzrow, Petite fleur, Si tu vois ma mère, Les Oignons, Roses of Picardy, Dans les rues d'Antibes, Blues My Naughty Sweetie Gives to Me, et toutes ses versions de Summertime[8] ou de Weary Blues

Discographie[modifier | modifier le code]

A Amsterdam en 1956.
Sidney Bechet (1954).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Hommages artistiques[modifier | modifier le code]

Chanson et musique[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Buste de Sidney Bechet à Antibes par le sculpteur Abel Chrétien.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Autres hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Charles E. Kinzer, « The Tios of New Orleans and Their Pedagogical Influence on the Early Jazz Clarinet Style », 'æBlack Music Research Journal, p. 219-302"
  2. Alex Dutilh, « Jazz au Trésor : From Spirituals to Swing, Carnegie Hall 1938-39 », sur France Musique, (consulté le 17 février 2020)
  3. « Souvenirs : pourquoi klaxonner pour les mariages ? », sur ficanas.blog.lemonde.fr, (consulté le 27 octobre 2018)
  4. « Biographie de Sidney Bechet », sur jean-christian-michel.com (consulté le 27 octobre 2018)
  5. « Fiche Sidney Bechet », sur medarus.org, (consulté le 27 octobre 2018)
  6. « Biographie de Sidney Bechet », sur sidney-bechet-productions.com (consulté le 27 octobre 2018)
  7. « Ces célébrités mortes le jour de leur anniversaire », sur Le Dauphiné libéré,
  8. « Summertime Sidney Bechet Blue Note Quintet », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 30 novembre 2017)
  9. « Playlist Bechet Alone 18/04/1941 », sur Deezer (consulté le 29 août 2020).
  10. « Sidney Bechet en Suisse / in Switzerland », sur Shop | United Music Foundation (consulté le 28 août 2016)
  11. « Inauguration de la statue de Sidney Bechet à Antibes » [vidéo], sur ina.fr, Festival de jazz d'Antibes Juan-les-Pins, (consulté le 28 avril 2017).
  12. http://archives.nicematin.com/article/loisirs/antibes-sidney-bechet-une-petite-fleur-dans-la-pinede.27159.html
  13. « Une rue Sidney-Bechet à Nancy, orchestre Cocorico » [vidéo], sur ina.fr, Lorraine soir, (consulté le 28 avril 2017).
  14. « Planetary Names: Crater, craters: Bechet on Mercury », sur planetarynames.wr.usgs.gov (consulté le 14 juin 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]