Pierre Cléreau
Biographie
Décès
Avant le Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Autres informations
Mouvement
Instrument
Orgue (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Genre artistique

Pierre Cléreau [Clereau, Cler’eau], né dans le premier tiers du XVIe siècle et mort avant le , est un compositeur, maître de chapelle, et peut-être organiste français de la Renaissance, actif en Lorraine ducale.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1554, il était maître des enfants à la cathédrale Saint-Étienne de Toul, comme l’indiquent les titres de ses livres de messe publiés cette année-là. En fait, il composa beaucoup plus tôt puisque certaines de ses chansons avaient déjà été publiées à Lyon en 1539[1]. Son emploi à Toul a cessé avant 1557 et il y fut peut-être remplacé par Fabrice Marin Caietain. Il obtint et garda jusqu’à sa mort une charge canoniale à la collégiale Saint-Georges de Nancy.

Pierre Cléreau est également mentionné comme organiste à Toul en 1558. Il est possible que le paiement d’une année de gages fait par le chapitre cathédral de Toul à un certain « Pierre Florentin » se réfère en fait à lui[2].

Cléreau a longtemps joui du mécenat des Guise, et en particulier de celui de René II de Lorraine-Guise, baron puis marquis d’Elbeuf, frère cadet de François de Guise. Il semble avoir fait son fruit du milieu poétique que celui-ci avait suscité autour de lui, avec notamment la figure du poète Rémy Belleau.

Malgré la publication en 1567 d’un recueil de cantiques d’influence protestante, il ne semble pas que Cléreau ait pris le parti de la Réforme protestante. Il est mort avant 1570.

Œuvres sacrées[modifier | modifier le code]

Contient les messes Caecilia virgo, Cantantibus organis, In me transierunt, Dum deambularet.
Outre la messe, contient les motets Libera me et Scio Domine. Les deux volumes sont dédiés à Claude II, duc d’Aumale. Il s’agit très probablement de la messe de requiem de Claude de Lorraine, premier duc de Guise mort en 1550. Sur l'œuvre et les circonstances, voir Damant 2007.

Œuvres spirituelles[modifier | modifier le code]

Ces cantiques sont composés en style homophonique ; il a été supposé[3] qu’ils ont été rassemblés par Louis Des Masures, que Cléreau aurait pu rencontrer à Toul ou à Nancy lorsque ce dernier était secrétaire de Charles III de Lorraine, avant sa conversion au protestantisme en 1561. L’influence huguenote est manifeste, puisque le cantique Dès ma jeunesse reprend la mélodie du psaume CXXIX du Psautier de Genève.

Œuvres profanes[modifier | modifier le code]

Fortune alors : une des premières chansons de Pierre Cléreau (Lyon : Jacques Moderne, 1539).
Contient 23 chansons françaises et 5 italiennes. Recueil réimprimé à partir de 1566 sous un titre plus précis :
Ces deux livres ont été refondus en un seul en 1575 (RISM C 3193, Lesure-Thibault 1955 n° 185) après élimination des pièces italiennes. On en connaît encore une édition antérieure à 1612 (Guillo 2003 n° ND-24) et une autre en 1619 (RISM C 3194, Guillo 2003 n° 1619-C), la première en deux livres, la seconde en un seul. Publiés dans The Sixteenth-Century Chanson, vol. 7 (1988).
Contient 16 chansons françaises et 4 italiennes. Ouvrage réédité en 1564 (RISM C 3190, Lesure-Thibault 1955 n° 89). Il en existe aussi des rééditions remaniées en 1570, 1575 et 1583. Publiées dans The Sixteenth-Century Chanson, vol. 7 (1988).

Toutes les œuvres profanes de Cléreau révèlent un goût poétique très sûr, et l’influence manifeste des poètes de la Pléiade, avec au premier chef Pierre de Ronsard. Les autres poètes qu’il met en musique sont Pontus de Tyard, Jean-Antoine de Baïf, Rémy Belleau, Louis Des Masures, Pietro Bembo, Luigi Tansillo et Ludovico Ariosto. Par leur style homophonique, certaines de ses chansons annoncent le style du vaudeville, où la voix supérieure est dominante, mais il emploie encore le style imitatif classique de la « chanson parisienne ». Il est le premier compositeur français à avoir composé des madrigaux.

Jehan Chardavoine a repris et adapté certaines de ses compositions, qu'il a publiées dans son Recueil des plus belles et excellentes chansons en forme de voix de ville (Paris : Claude Micard, 1575).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une de ces chansons a également été publiée simultanément à Paris et attribuée à Pierre Certon, un compositeur avec un style musical et un nom similaires : voir Dobbins 2007.
  2. Cité d’après Brooks 1996 p. 157.
  3. Voir Dobbins 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Partitions[modifier | modifier le code]