| Nom de naissance | Danielle Charaudeau |
|---|---|
| Naissance |
Paris 18e |
| Activité principale | Auteur-compositeur-interprète, actrice |
| Genre musical | Chanson française, protest song, reggae |
| Instruments | Guitare |
| Années actives | 1959 à aujourd'hui |
| Labels | Exxos |
| Influences |
Jack Kerouac (« son frère spirituel ») Bob Dylan Leonard Cohen Bob Marley |
| Site officiel |
Valérie Lagrange.com Agence CinéArt/TalentBox |
Valérie Lagrange, nom de scène de Danielle Charaudeau, née à Paris le , est une auteure-compositrice-interprète, actrice et écrivaine française.
À la fin des années 1950, elle est touchée par des nouveaux courants qui arrivent des États-Unis, que ce soient le rock 'n' roll d'Elvis Presley ou la fureur de vivre de James Dean. Mais c'est dans le film très français La Jument verte, du réalisateur Claude Autant-Lara, qu'elle fait ses débuts en 1959 aux côtés de Bourvil. C'est d'ailleurs grâce à ce film, où plusieurs scènes se déroulent dans une grange, qu'elle devient Valérie Lagrange[1].
Elle enchaîne avec des films comme Le Gigolo, Hardi ! Pardaillan et Les Tribulations d'un Chinois en Chine, mais monte aussi sur les planches le temps de jouer dans Le Misanthrope. Claude Lelouch lui donne, en 1966, un rôle dans Un homme et une femme. Parallèlement, elle enregistre plusieurs super 45 tours et connaît le succès avec La Guerilla[2] de Serge Gainsbourg, Encore un jour de notre amour et Le Même jour de Pierre Barouh et Francis Lai. Mais elle est à l'écoute d'autres voix, celles des protest singers américains, notamment Bob Dylan et Joan Baez. Elle découvre également le Rhythm and blues d'Otis Redding et de Wilson Pickett. En 1963, elle double Sabine Sinjen en français pour le film Les Tontons flingueurs.
Elle posa également pour le premier numéro du magazine de charme Lui en novembre 1963.
L'après-Mai 68 est décisif pour Valérie qui abandonne l'industrie du spectacle qu'elle ne réintégrera jamais plus vraiment. C'est sa « parenthèse enchantée », le temps de la vie communautaire et des voyages hippies initiatiques. En Europe, c'est l'époque des festivals pop et psychédéliques d'Amougies[3] et de Wight auxquels Valérie assiste. À la suite d'une manifestation lycéenne, elle enregistre avec les musiciens d'Elton John un titre précurseur du reggae en France, Si ma chanson pouvait (1970).
Elle va en Nouvelle-Guinée pour jouer dans le film emblématique du mouvement hippie, La Vallée, de Barbet Schroeder (1972). À peine revenue du tournage — mouvementé — de ce long métrage, elle est programmée au premier festival de Bièvres, seul « festival pop entièrement gratuit » de ces années-là. Elle est l'une des deux têtes d'affiche, avec Maxime Le Forestier qui y donne son premier grand concert. Elle séjourne aussi en Provence et aux îles Baléares. Ses pas la mènent également en Inde et en Italie. Valérie, authentique hippie, se reconnaît comme une sœur spirituelle de Jack Kerouac.
En 1973, pendant une soirée au château d'Hérouville, elle rencontre le jeune guitariste Louis Bertignac avec qui elle a une relation. Grâce à cela, son amant devient guitariste de Jacques Higelin. Plus tard, en 1975, Louis lui présente son ami Jean-Louis Aubert avec qui elle aura une liaison. Le trio vit en colocation dans un appartement dans le quartier de la Bastille appartenant à Bernard et David Guetta pendant quelques mois.[4]
En 1975, elle fait une rencontre capitale, celle d'un « ange tombé du ciel » à qui elle va « dévouer sa vie », une prémonition de 1973 : le brillant guitariste anglais Ian Jelfs du groupe Alice. Ian et Valérie partent en tournée avec Graeme Allwright et interprètent des chansons de Leonard Cohen, de Bob Dylan et de Donovan. Ce sont ensuite les premiers concerts « dans la rue et les restaurants » de Ian et de Valérie et leurs repas au Bouillon Chartier. Valérie joue, « pour gagner un peu de sous », dans quelques films, La Vallée de Barbet Schroeder en 1972 sur une musique de Pink Floyd et dans lequel elle est Hermine. Elle tourne aussi avec son ami Claude Lelouch : Le Chat et la Souris, Le Bon et les Méchants, Si c'était à refaire. Avec son amant Jean-Louis Aubert et son nouveau compagnon Ian, elle forme un groupe à trois le temps de quelques concerts. Ils jouent des reprises de rock, du Rhythm and blues, mais aussi le reggae de Bob Marley. C'est le début des années punk, le « No Future ». Le groupe se sépare avant de passer des vacances ensemble à Ibiza[4]. Jean-Louis laisse le couple continuer seul et part fonder son prochain groupe avec Louis, Téléphone.
Valérie et Ian se sont mariés le .
En 1979, grâce à l'éditeur Philippe Constantin, leurs maquettes musicales sont présentées au directeur de Virgin à Londres, Richard Branson. C'est le début d'un conte de fées avec la première production française de Virgin à la suite du contrat signé par Ian et Valérie le , l'album Valérie Lagrange est produit par Mike Howlett, bassiste du groupe Gong. C'est avec le groupe anglais The Sinceros qu'ils enregistrent à Londres leur album qui sort en mars 1980. La chanson Faut plus me la faire est un tube, le solo de guitare y est joué par Steve Hillage aussi de Gong. Et c'est un disque d'or pour fêter la création de Virgin France qui ouvre ses bureaux à Paris la même année. Les albums s'enchaînent sur un tempo reggae. Cela n'empêche pas Valérie de rester attentive aux causes humanitaires. C'est elle qui est à l'origine, en 1985, du disque SOS Éthiopie du collectif français Chanteurs sans frontières[5] conduit par Renaud.
Cependant les albums Lagrange n'ont pas les faveurs de la nouvelle équipe de Virgin France et son contrat est résilié en 1986. C'est le retour « sur la route ». Pour Valérie, ce sont des prestations épisodiques théâtrales avec Les Loups à Lyon et cinématographiques avec Mes nuits sont plus belles que vos jours. Mais pour Ian, c'est une descente dans les enfers de l'alcool. Le , à la suite d'une absorption massive d'alcool et de calmants, il sombre dans un coma profond de trois semaines, veillé par Valérie, et se réveille tétraplégique et muet. Elle se consacre alors totalement à sa lente rééducation.
Le retour de Valérie à la chanson, désormais sans Ian, est très difficile. Cependant, elle rencontre Benjamin Biolay en 2000 et ils collaborent durant plusieurs mois à l'album Fleuve Congo qui paraît en avril 2003 avec, en préface, les aveux de Valérie « Je crois en l'homme », sa déclaration à Ian Mon amour pour toi, et un hommage à son compagnon de route de toujours, Kerouac. Elle est nommée en février 2004 aux Victoires de la musique comme artiste féminine de l'année. Valérie parraine aussi, avec le « hippie Sylvain », le premier Festival Hippie organisé en France à Saint-Jean-d'Angély (2005).
Elle a un fils, Jérôme, lui-même père de Zachary (né en 1989), de Félix (né en 1996), de Lou (née en 2003), et de Sacha (née en 2005).
Le , elle épouse Ian Jelfs en compagnie de quelques amis.
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Paroles de Valérie Lagrange et musique de Ian Jelfs sauf : — 1, 2 : paroles et musique de Valérie Lagrange — 3, 5, 7 : paroles de Valérie Lagrange et musique de Ian Jelfs/Valérie Lagrange — 8 : paroles de Valérie Lagrange et musique de Rob Freeman — 10, 11 : paroles de Valérie Lagrange et musique de Rob Tolchard
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1993 : Moitié ange-Moitié démon (CD Spalax Music/Phonogram)
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1998 : Best of Valérie Lagrange (CD Virgin Records) Paroles de Valérie Lagrange et musique de Ian Jelfs sauf : — 1 : paroles de Valérie Lagrange et musique de Ian Jelfs/Valérie Lagrange — 2, 4, 5, 9 : paroles et musique de Valérie Lagrange — 3, 8 : paroles et musique de Bob Dylan — 10 : paroles de Valérie Lagrange et musique de Rob Freeman
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1998 : L'Intégrale Valérie Lagrange (double CD Virgin Records) 31 chansons période 1980-1985 plus Au cœur de l'amour (1998)
CD 1 : 1980-1981
CD 2 : 1983-1998
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Voix sur le titre en face A, Éthiopie (paroles de Renaud et musique de Franck Langolff). |