La Rhapsodie espagnole, S.254, R.90, est une composition pour piano solo écrite par Franz Liszt en 1863. La pièce est très suggestive de la musique traditionnelle espagnole, et a été inspirée à Liszt par sa tournée en Espagne et au Portugal en 1845. Ferruccio Busoni a arrangé le morceau pour piano et orchestre en 1894[1]. Elle s'inspire de deux grands thèmes espagnols : la Folia (ou Folies d'Espagne) répandue entre le XVe et le XVIIe siècle sur la péninsule Ibérique et une mélodie populaire tirée d'une danse aragonaise la "Jota".
Contrairement à ses Rhapsodies hongroises, la Rhapsodie espagnole de Liszt s'apparente plus à une succession de variations brillantes sur les deux thèmes exposés.
Une première version de l'œuvre, intitulée Grande fantaisie de concert sur des mélodies espagnoles est achevée le à Lisbonne, elle sera créée par le compositeur à Marseille, la même année, sous le titre de Souvenirs d'Espagne. Toutefois il ne s'agit en réalité que d'ébauches dont certains passages seulement renvoient directement à la Rhapsodie telle que nous la connaissons aujourd'hui et qui ne sera publiée chez Siegel qu'en 1867.
Dans ce processus créatif, il convient de noter l'influence d'un autre compositeur sur Liszt : Glinka. Dans son œuvre symphonique Jota Aragonesa, le thème central correspond à la Jota de la Rhapsodie. Glinka et Liszt étaient en effet assez proche et à la mort du compositeur Russe (1857), sa sœur dédia à Liszt la partition de la Jota qu'il entreprit par ailleurs de diriger avec son orchestre à Weimar. On peut alors supposer que pareilles circonstances ont incité Liszt à reprendre la composition de sa Rhapsodie espagnole.
Elle se décompose en deux parties :
Hans von Bülow fut une fois encore un intermédiaire précieux pour Liszt. Sa volonté de programmer l'œuvre à de nombreux récitals permis de populariser l'œuvre qui obtint les faveurs des élèves de Liszt. August Göllerich[2] note dans son journal que le Liszt de la maturité « réclame le premier thème très lent, dans un tempo de menuet. »