Joseph Holbrooke
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Joseph Holbrooke, vers 1910.
Nom de naissance Joseph Charles Holbrooke
Naissance
Croydon, Surrey, Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Décès (à 80 ans)
Londres, Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Activité principale Compositeur, chef d'orchestre, pianiste
Activités annexes Critique musical
Descendants Gwydion Brooke (bassoniste)

Joseph Charles Holbrooke (Croydon, - Londres, ) est un compositeur britannique ainsi qu'un chef d'orchestre et un pianiste. Il est un des représentants du renouveau de la musique anglaise avant Britten, notamment de l'opéra. Regardé comme l'un des compositeurs britanniques les plus en vue avant guerre, il souffre d'une disgrâce quasi totale aussi brusque que déconcertante vers 1920. La redécouverte de ses partitions reste encore à faire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Holbrooke est né d'abord Joseph Charles Holbrook à Croydon dans le Surrey, au nord de Londres, sans doute par accident, lors d'une tournée de son père, artiste de music-hall et de sa famille (deux sœurs ainées : Helen et Mary). Il changea ensuite son nom pour Joseph Holbrooke, et plus tard pour Josef Holbrooke, selon l'orthographe allemande, lorsqu'il y résidait. Sa mère, d'origine écossaise et chanteuse professionnelle, meurt de phtisie en 1880, l'enfant a deux ans.

Formation[modifier | modifier le code]

Joseph reçut sa première éducation musicale, au piano et au violon, par son père, compositeur de « quelques œuvres insignifiantes »[1] et bon pianiste, mais doté d'un caractère rigide et sévère ; également prénommé Joseph, ont confondit d'ailleurs les deux lorsque le fils commença à enseigner lui-même.

Holbrooke se produisit en tant que pianiste pour la première fois en 1890 au Collins Music Hall d'Islington (Londres), où son père travaillait depuis près de dix ans. L'enfant chante à l'église St Anne à Soho, où il impressionne par son do aigu émis avec aisance[2]. Parallèlement, il joue avec son père au music-hall.

Le jeune Joseph est avide d'apprendre et collectionne les partitions des concertos de Beethoven ou les sonates de Clementi. Il apprécie à cette époque, le Stabat Mater (1841) de Rossini et le Jugement dernier (1812) de Spohr.

Ses talents se développent rapidement et il entre à la Royal Academy of Music en remportant la bourse Sterndale Bennett (1893). Il eut pour maître, au piano, Frederic Westlake et, pour la composition, le Lisztien et wagnérien Frederick Corder (1852-1932). Corder eut pour élèves Bantock et Bax.

Un autre professeur a produit nombre d'élèves célèbres : Stanford. On lui doit rien moins que d'avoir été le maître de Vaughan Williams, John Ireland, Gustav Holst et Frank Bridge. Le musicologue et journaliste Peter Pirie, synthétise les deux manières :

« la méthode de Corder était progressive, mais trop facile à vivre. Tous ses élèves, même les plus doués, tel Bax, en ont souffert. Stanford était peut-être un meilleur professeur, mais il a aussi été cruellement répressif, réactionnaire, et insensible... »

— Peter J. Pirie, Bantock and His Generation, The Musical Times 109/1506, août 1968, p. 715[3].

À l'époque, l'ambition de Joseph est de devenir chef d'orchestre, mais l'idée est peu prise en sérieux par ses professeurs. Et comme ses premières compositions montrent une affinité pour les harmonies peu conventionnelles, il est vite placé en disgrâce avec le très conservateur Alexander Mackenzie... Relégué en fin de concert, il substitue une œuvre de Schumann par trois de ses propres compositions. Le lendemain il est réprimandé par le Principal pour produire une musique morbide, aux harmonies horribles, au manque de mélodie et un style inacceptable[4]. Cette situation est frustrante pour lui, et il se sentira ensuite peu à sa place à l'Académie.

Il se produit pour la première fois en concert au St James's Hall. En tant que compositeur, il donne à entendre - entre autres - un trio en sol majeur pour piano et cordes (1895) resté manuscrit et interprète aussi un quatuor avec piano en sol mineur (opus 21), un sextuor pour piano et cordes en forme de danses (opus 20a), ainsi que des pièces pour piano reprises pour former l'opus 18.

Holbrooke obtient ses prix, piano et composition, après seulement trois ans, et quitte l'institution. Il a dix-neuf ans et il est temps pour lui de voler de ses propres ailes.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Joseph obtient d'abord un modeste poste pour jouer quelques solos et accompagner des chansons comiques pour une tournée dans le pays. Le parcours s'arrête abruptement au bout de six semaines, et Joseph retourne pour quelque temps auprès de son père muni de son maigre salaire.

Le poème orchestral intitulé The Raven (Le Corbeau) inspiré du poème d'Edgar Allan Poe, est créé le , par Augustus Manns le chef ordinaire du Crystal Palace. C'est un triomphe pour un jeune compositeur qui s'essaie au grand orchestre et le début d'une longue série d'opus inspirés par l'écrivain américain. L'œuvre marque le lancement de sa carrière.

En 1901, Holbrooke remporte le Lesley Alexander Prize avec un Sextuor Israfel, pour piano et flûte, hautbois, clarinette, cor, basson et piano, opus 33a inspiré d'un texte de E.A. Poe[5]. Il s'agit en fait d'un arrangement d'une œuvre composée du temps de ses études avec Frederik Corder originellement composée sous la forme d'un quintette pour flûte, clarinette, cor, basson et piano. Pour le sextuor, il ajoute la partie de hautbois. Il en existe également un arrangement pour cordes et piano.

L'argent du prix est immédiatement investi dans deux concerts de musique de chambre au Steinway Hall. Le programme est consacré au Trio en sol mineur, opus 21 (retravaillé en quatuor plus tard), le Quintette In Memoriam, opus 46 (transformé en sextuor), le Quintette Dances opus 20a (métamorphosé en sextuor) et quelques ouvrages de moindre importance. Holbrooke interprète Islamey de Balakirev et la sombre Première Sonate de Scriabine. Compositeur, Holbrooke était un excellent pianiste puisqu'il jouait le premier concerto de Tchaikovski.

Holbrooke travaille à la même époque à deux projets : The Skeleton in Armour, d'après un texte de Longfellow[6] (1841). La pièce fut créée à New Brighton en 1902 sous la direction de Bantock, rebaptisée The Viking, conformément au sujet. Le second travail sont les variations sur un vieil air anglais, chanson de nourrice, Three Blind Mice opus 37a[7].

À l'occasion de la création des Viking, le critique Ernest Newman devint l'un des grands admirateurs du compositeur et défendit aussi les Variations qui furent créées à Londres au Concert promenade. Quant à Bantock, il en devint l'ami et l'invitant à Birmingham, lui ouvrit grande les portes de sa bibliothèque.

Ce séjour lui permit de se familiariser avec les œuvres de Richard Strauss, notamment l'humoristique Don Quixote (1897).

Il épouse Dorothy Hadfield de Rotherham (connue sous le diminutif de Dot) en 1903. De cette union naissent quatre enfants : Mildred (1905), Anton (1908), Barbara (1910) et Gwydion (1912-2005). Ce dernier a changé son nom en Gwydion Brooke et est un bassoniste renommé dont la carrière s'étala de 1932 à 1979 (brutalement arrêtée, à la suite d'un cambriolage[8]).

Pour la saison des concerts symphoniques de 1905 de Leeds, Holbrooke compose le poème orchestral Ulalume d'après un texte de E.A. Poe[9]. Dirigée par Henry Wood, l'œuvre laissa perplexe beaucoup de critiques qui eurent du mal à apprécier l'inspiration poétique et les harmonies étranges et nébuleuses, écrivant des stupidités et des choses injustes à son propos[10].

À la suite de cette œuvre, Holbrooke eut des doutes sur la capacité de l'orchestre à susciter l'émotion chez l'auditeur, surtout pour ceux ne connaissant pas le poème inspirant la musique[11]. Son poème orchestral suivant ajoutera un chœur. Il s'agit de Byron, pour chœur et orchestre, opus 39. Inspiré d'un poème de Keats, la création eut lieu au Leeds Festival le . Les beautés du chœur à quatre voix à l'origine de la réussite. Le poème publié en 1848 commence par ces mots :

Byron! how sweetly sad thy melody!
Byron! how sweetly sad thy melody!
Attuning still the soul to tenderness,
As if soft Pity, with unusual stress,
Had touch'd her plaintive lute, and thou, being by,
Hadst caught the tones, nor suffer'd them to die.
– Keats, To Lord Byron, 1814.

Créé la même année, Queen Mab opus 45, est inspiré de quelques dialogues entre Roméo et Mercucio du Roméo et Juliette de Shakespeare. Cette brillante partition connaîtra un succès important : Nikisch la donne à Berlin en 1913, Pierné à Paris en 1917 et Max von Schillings à Vienne en 1922, malgré les grandes difficultés accumulées dans les parties de bois et de cuivres[12].

L'année 1906, semble très favorable au compositeur. Le Birmingham Music Festival lui commande une œuvre chorale de grande envergure. Il s'agit de la cantate The Bells, opus 50, inspirée d'un texte de E.A. Poe. L'œuvre éponyme de Rachmaninoff est composée dix ans plus tard, en 1913. Les dimensions de l'orchestre et des chœurs (300 à 500 chanteurs) sont comparables aux Gurre-Lieder (1911) de A. Schönberg. La composition en est terminée au début de septembre 1903 et elle est créée au Festival de 1906 sous la direction de Hans Richter en même temps que The Apostles de Elgar. Holbrooke dédie d'ailleurs son œuvre à son ami Sir Edward Elgar. Le festival présente également la première partie d'une œuvre monumentale de son ami Bantock, Omar Khayyam.

Son premier Concerto pour piano (opus 52), intitulé The Song of Gwyn ap Nudd sur un poème inspiré de la mythologie galloise de T. E. Ellis (qui figure sur la partition) est commencé en 1906, puis complété, pour la partie de piano, le  ; celle d'orchestre est achevée le . L'œuvre qui se présente sous la forme d'un poème orchestral (le sixième), est en trois parties comme le poème. Se succèdent : l'invocation à la nuit et le défi, éveil des spectres, le combat et enfin la déroute des troupes de la nuit au lever du jour. La création a lieu à Londres au Queen's Hall le , par le London Symphony Orchestra sous la direction de T. Beecham qui défendit souvent les œuvres du musicien et le compositeur au piano. L'œuvre est reprise au même endroit, le par Harold Bauer au piano et Holbrooke à la baguette. La partition est révisée de nombreuses fois et de manière majeure en 1920. Frederic Lamond a beaucoup joué ce concerto et l'œuvre fait même l'objet d'un enregistrement en 78 tours.

En 1907, le festival de Belgique joue un certain nombre d'œuvres du musicien dans le cadre d'un cycle dévolu aux compositeurs britanniques.

Henry Wood en 1908 (Illustrated London News du 8 février 1908)
Première symphonie

Le est créé par Henry Wood sa première Symphonie Homage to Edgar Allan Poe opus 48. Commencée dès 1902, complétée en 1906 et terminée en 1908, chaque mouvement de l'œuvre se fonde sur un poème différent du poète américain, le premier étant intitulé le Palais Hanté, extrait de La Chute de la maison Usher. Les premier et dernier mouvements sont précédés d'un prélude orchestral. La critique fut cette fois conquise par l'œuvre.

Holbrooke, raconte la rencontre avec le texte du poète et critique irlandais Herbert Trench d'où sortira sa première symphonie[13] :

« Quand j'ai lu « Apollo and the Seaman », j'en ai été très impressionné. J'ai confié à l'auteur que certaines parties qui me touchaient fortement en tant que musicien et que je voulais l'utiliser comme matériau pour une symphonie dramatique. »

L'œuvre composée en 1907 est conçue pour chœur d'hommes (150 à 200) et orchestre et porte l'opus 51. Elle est créée la même année au Queen's Hall à Londres l'orchestre étant dirigé par le jeune chef Thomas Beecham au premier concert et par le compositeur au suivant. Un certain nombre de problèmes marquèrent la préparation des concerts et la première. La partition en effet réclamait un sarrussophone, instrument peu connu en Angleterre et un bon interprète pour le jouer... Cette situation motiva un voyage à Paris que Holbrooke fit, accompagné de Beecham. Ils trouvèrent la personne nécessaire en Monsieur Doloville, fin artiste et professeur. Malheureusement, revenu à Londres, on découvrit que l'instrument était incapable de jouer les notes les plus graves exigées par le texte et ces notes furent oubliées à l'exécution[14]. En outre, la symphonie était accompagnée d'une projection de diapositives qui présentait le poème. L'idée n'était pas de Holbrooke, mais de Trench. Lors de la première, les plaques furent projetées par la lanterne magique avec un décalage par rapport avec la musique ce qui fit sourire le chef et bon nombre d'auditeurs. Le problème fut résolu pour le concert suivant. Malgré tout, Holbrooke jugea qu'il était impossible de solliciter deux sens aussi opposés que l'oreille et l'œil en même temps dans une œuvre chorale.

Le Chaudron d'Annwn[modifier | modifier le code]

C'est lors de la création de la symphonie que Holbrooke fait la connaissance du richissime Lord Howard de Walden (1880–1946) qui devient son mécène. Howard de Walden est aussi écrivain : son nom de plume est T.E Ellis, et il donne le texte de mélodies et surtout de l'opéra trilogie The Cauldron of Annwn (« Le Chaudron d'Annwn »). Ils élaborent la trilogie ensemble, entre le début des années 1910, jusqu'à la création du troisième volet, en 1929. Le texte s'inspirant d'anciennes légendes du Pays de Galles : le cycle du Mabinogion.

partition
Thème Fanfare de guerre, extrait de Bronwen, opéra de Joseph Holbrooke et sa signature.

La première partie, The Children of Don, est créé au London Opera House par Arthur Nikisch en 1912. Dylan, le second volet est donné en par Beecham ; et repris par le Volksoper de Vienne en , sous la direction de Weingartner, puis encore à Salzbourg par Kaiser. Enfin, Bronwen le troisième opéra est créé par la Carl Rosa Opera Company, en à Huddersfield.

Bien que les dimensions de la trilogie rendent ces opéras difficiles à monter, il est injustifié[15] que Joseph Holbrocke reste ainsi dans l'ombre depuis des décennies.

Howard de Walden est très généreux avec le musicien : il soutient la création de ses œuvres et l'édition de ses partitions. De Walden déclarait que Holbrooke était « le meilleur musicien britannique depuis Purcell »[16]. Il aide aussi Holbrooke dans son dévouement aux jeunes compositeurs britanniques par de nombreux concerts : entre 1900 et 1923 il donne 135 concerts de musique anglaise à la British Music Society[17].

En outre, Holbrooke eut la chance de partir en voyages avec son mécène. En Méditerranée, en Amérique du Sud et en Afrique...

En 1915, Holbrooke a trente-sept ans. Il entreprend un voyage aux États-Unis pour suivre les traces de E.A Poe. Hélas, pendant le voyage à Chicago, il se fait renverser par une voiture et, la jambe cassée, garde le lit à l'hôpital, renonçant à son pèlerinage littéraire.

Holbrooke avait reçu un certain nombre de surnoms. Le plus couramment utilisé était Wagner cockney, c'est-à-dire un équivalent londonien de parigo[18]. Mais aussi Moussorgsky anglais, Richard Strauss anglais ou Berlioz anglais.

En 1917, est créé à Leeds son Concerto pour violon opus 59, dit The Grasshopper. Il porte pour sous titre The Lyrical. Le soliste est John Dunn et Holbrooke dirige l'orchestre. L'œuvre, commencée dès 1909, est révisée pour Leeds en 1916 et révisé encore en 1928.

Le livre de George Lowe paru en 1920, le considérait comme l'une des figures majeures de l'école anglaise : « Nous avons trois génies en Angleterre de nos jours, Elgar, Holbrooke et Bantock »[19],[20].

Il se lie à des personnalités sulfureuses tels que Cyril Scott et Eugène Goossens.

Le journaliste[modifier | modifier le code]

Holbrooke était un ardent défenseur de la musique anglaise qu'il interprétait en tant que soliste ou en musique de chambre, mais il la défend aussi par ses articles de journaliste. Son style est impulsif et galvanisé, son langage comparable à « des coups de marteau »[21]. Il s'exprime sur les grands maîtres classiques et les compositeurs de son temps (Strauss, H. Wolf), avec beaucoup de sympathie pour la création de son pays. Ses jugements n'ont pas toujours cet aspect raisonné attendu mais sans être jamais amer, s'il est parfois cynique ou sévère c'est sans perdre son humour[22].

Après 1920[modifier | modifier le code]

En 1920 Holbrooke et le violoniste Vasco Ackeroyd donnent une série de récitals à la Jamaïque et publie dans la foulée une série de vingt mélodies pour piano. Dans les Four futurist dances (opus 59c) il utilise librement les douze notes de la gamme à la façon de Schœnberg.

dessin : caricature de Holbrooke
Caricature de Joseph Holbrooke (dessin paru dans Daily Sketch, le 8 janvier 1923).

À partir de 1920[23],[24], Holbrooke est atteint de surdité, ce mal allant en empirant. De plus, autres temps, autre mœurs, s'il a connu la popularité avant 14, il n'en reste pas moins que l'entre-deux-guerres voit son influence décliner, comme le style romantique.

La personnalité de Holbrooke est sans doute aussi responsable de cette désaffection. Il était impulsif, entièrement centré sur lui-même et sa musique[25]. Holbrooke n'était pas un homme de compromis et il refusait parfois la création d'une œuvre s'il n'était prévu suffisamment de répétitions[26]. Ce caractère tranchant lui valut des inimitiés nombreuses, mais aussi de solides amitiés dans le monde musical.

Thomas Beecham fut fort critique et considérait Holbrooke comme : « un musicien naturellement doué, mais handicapé par des conceptions esthétiques défaillantes et un manque total de sens critique[27]. » Cependant, en considérant le nombre de remaniements, transformations et arrangements divers pour de nombreuses œuvres du musicien, on peut douter de la pertinence absolue de cette remarque.

Par exemple, il compose une œuvre de chambre importante pour clarinette en 1911. La genèse de cet opus est assez confuse[28], notamment la constitution des mouvements en raison des différentes occasions à laquelle Holbrooke revient sur la partition. Jusque vers 1914, il existe un quintette pour cor et cordes, Fate. Il est constitué de deux mouvements externe et de variations au centre. Après cette date, il est transformé en deux quintettes avec clarinette de chacun deux mouvements. À l'occasion de l'enregistrement Kell de 1939, Holbrooke se décide à remplacer le dernier mouvement du quintette n° 2 par un arrangement du finale d'un quatuor à vent. L'enregistrement qui en résulte est donc constitué du premier mouvement du n° 2, le premier mouvement du n° 1 et d'un autre mouvement. En 1956, lorsque Jack Brymer veut enregistrer l'œuvre pour la radio, le compositeur entrevoit une possibilité d'ajouter un nouveau mouvement lent : une adaptation d'une mélodie intitulée Homeland sur un texte de Gerald Cumberland. L'autre mouvement lent étant Eileen Shona devenu indépendant sous forme de l'opus 74.

Son fils (Gwydion) disait qu'il composait sans cesse, « comme si quelqu’un lui tenait la main »... Holbrooke bénéficia d'une chance appréciable de voir publier presque toutes ses œuvres. Malgré le peut de représentation de ses œuvres, Holbrooke continue néanmoins à composer dans les années 1940.

En 1946, il perd coup sur coup son mécène Lord Howard de Walden et son ami de longue date, Granville Bantock.

À la fin de sa vie Holbrooke entreprend de rassembler ses œuvres en rachetant les droits dispersés chez divers éditeurs. Il fonde la Modern Music Library chargée de publier ses œuvres aussi bien les partitions que les enregistrements audio. Après sa mort, son fils Gwydion transforme la maison d'édition en Blenheim Press (diffusé par Emerson Edition) qui a les mêmes buts. Cependant, la publication des manuscrits autographes rend l'interprétation parfois difficile et il faudrait des éditions de qualité. En outre, tous les opus ne sont pas disponibles, ce qui empêche l'intérêt des interprètes pour Holbrooke de se développer à la juste valeur des œuvres[29].

Holbrooke meurt au début d', trois semaines avant Vaughan Williams.

Catalogue des œuvres[modifier | modifier le code]

L'œuvre musicale de Holbrooke est considérable. Elle inclut huit symphonies et des poèmes symphoniques, deux concertos pour piano, de la musique de chambre (quatuors à cordes, quintette avec piano, un quintette avec clarinette et cordes et un quatuor avec piano). Il laisse aussi huit opéras dont une trilogie basée sur l'épopée galloise de Mabinogion.

Trente cinq pièces sont inspirées d'œuvre d'Edgar Allan Poe, notamment une œuvre pour chœur et orchestre The Raven et The Bells, ainsi qu'un ballet pour Le Masque de la mort rouge.

De nombreuses mélodies rappellent ses origines familiale : sa mère était chanteuse et son enfance a été ponctué des tournées de music-hall.

Piano Deux pianos Orgue Violon Violoncelle Trios Quatuors Quatuors à cordes Quintette Sextuors
Symphonies Poèmes symphoniques Ballets Concertos Mélodies Chœur Opéras

Clavier[modifier | modifier le code]

Piano[modifier | modifier le code]

Deux pianos[modifier | modifier le code]

Orgue[modifier | modifier le code]

Unique œuvre originale pour orgue est l'opus 63. Holbrooke arrange cependant pour l'orgue diverses pièces : le Nocturne, by the Sea extrait de l'opus 18, la Novelette opus 42 n° 10, Souvenir de printemps opus 23 n° 6 et l'introduction de l'acte II de l'opéra Dylan.

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Violon et piano[modifier | modifier le code]

Violoncelle et piano[modifier | modifier le code]

Clarinette et piano[modifier | modifier le code]

Trios[modifier | modifier le code]

Quatuors[modifier | modifier le code]

Quatuors à cordes[modifier | modifier le code]

Quintettes[modifier | modifier le code]

Sextuors[modifier | modifier le code]

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres avec orchestre[modifier | modifier le code]

Symphonies[modifier | modifier le code]

Poèmes orchestraux[modifier | modifier le code]

Le terme « poème orchestral » est de Holbrooke lui-même, respectons-le, et n'utilisons pas celui de « poème symphonique » traditionnellement retenu depuis Liszt. Comme le propose Lowe[36], cela suggère une certaine liberté par rapport à la forme classique.

Ballets[modifier | modifier le code]

Variations[modifier | modifier le code]

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Concertos avec orchestre[modifier | modifier le code]

Musique vocale[modifier | modifier le code]

Mélodies[modifier | modifier le code]

Musique pour chœur[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

La discographie est très pauvre et ne rend pas compte de l'œuvre de Holbrooke dans son ensemble. Il manque notamment un enregistrement complet de Cauldron, cycle de trois opéras.

Enregistrements historiques (78 t Paxton)
piano rolls[51]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le mot est de George Lowe, dans Lowe 1920, p. 1 : « His Father was a fine pianist, and the composer of a few works of a trifling nature. »
  2. Lowe 1920, p. 2.
  3. Cité par Webb 2009, p. 9.
  4. Lowe 1920, p. 6–7.
  5. Israfel est l'ange à la trompette de la tradition islamique et un poème de Poe de 1831. On dispose en français de la traduction de Mallarmé. ([1])
  6. (en) D. L. Ashliman, « Norse Ballads of Henry Wadsworth Longfellow ». Le poème de Longfellow suit une histoire, qui ne tient plus aujourd'hui. À la suite de la découverte du squelette en armure en 1832 certains avaient interprété cette sépulture comme celle d'un Viking.
  7. Pour ces trois souris aveugles, voyez l'article en anglais
  8. (en) Bill Newman, « Gwydion », sur mvdaily.com, .
  9. [2]
  10. Lowe 1920, p. 16.
  11. Lowe 1920, p. 145.
  12. Lowe 1920, p. 16 et 149 sqq.
  13. Lowe 1920, p. 185.
  14. Lowe 1920, p. 21.
  15. New Grove : « Although the length, large forces and complex librettos of The Cauldron of Annwn have made the trilogy difficult to revive, Holbrooke’s reputation for large-scale works is unjustified. » A.H. Forbes & Rob Barnett.
  16. (en) Michael Freeman, « Holbrooke incognito », sur musicweb-international.com, .
  17. Webb 2009, p. 23.
  18. Gefen 1992, p. 247.
  19. Lowe 1920, p. xiv.
  20. « We have three such of genius in England to-day in Elgar, Holbrooke, and Bantock. »
  21. Données essentiellement pour The Saturday Review, New age et English Review et occasionnellement pour d'autre journaux. Il signait parfois Phœnix, Saint Joseph, The Raven, ou Ixion (Lowe 1920, p. 40).
  22. Lowe 1920, p. 41.
  23. Webb 2009, p. 7.
  24. « Frederic James dans son article paru dans The Clarinet soutient que la perte d'audition de Holbrooke a commencé plus tôt. » Joseph Dee Webb fait remarquer aussi que son accident aux États-Unis serait dû à sa surdité.
  25. Lowe 1920, p. 37.
  26. (en) Rob Barnett, « Chamber Works », sur musicweb-international.com, .
  27. Gérard Gefen, Histoire de la musique anglaise, Paris, Fayard, coll. « Les Chemins de la musique », , 332 p. (ISBN 2-213-02997-0, OCLC 27422593, notice BnF no FRBNF36661407), p. 248.
  28. « The Clarinet Quintet has perhaps the most convoluted history of Holbrooke’s works for clarinet. » Cité dans Webb 2009, p. 23.
  29. Webb 2009, p. 30–31.
  30. Qu'on peut traduire par fantaisies ou caprices.
  31. Lowe 1920, p. 87.
  32. Jane Ellsworth et Robert Barnett sont en désaccord sur la date.
  33. Eilean Shona est une île au large de la côte ouest de l'Écosse.
  34. a et b Webb 2009, p. 22.
  35. « Sons of the Greeks, arise, / The glorious hour's gone forth, / And whorthy of such ties, / Display who gave us birth. / Sons of the Greeks! let us go / In arms against the foe / Till their hated blood shall flow / In a river past our feet. ».
  36. Lowe 1920, p. 127.
  37. Il existe une réduction pour piano sur pianola
  38. (en) « Per quel paterno amplesso », sur lieder.net
  39. Instrumentation
  40. (en) « Salutation », sur lieder.net
  41. (en) « The Garret », sur lieder.net
  42. (en) « The girl in the tea shop », sur lieder.net
  43. (en) « Tame Cat », sur lieder.net. L'œuvre a été enregistrée : Tame Cat and Other Songs by British Composers par Sylvia Eaves, soprano; Thea King, clarinette, Courtney Kenny, piano (2006, Cameo Classics, CC9020CD)
  44. (en) « She's up and gone, the graceless girl! », sur lieder.net
  45. (en) « I will not have the mad Clytie », sur lieder.net
  46. (en) « Jean Richepin's Song », sur lieder.net.
  47. Lewis Foreman, « Livret très complet sur Holbrooke et l'œuvre, traduit par Michel Fleury » [PDF], sur hyperion-records.co.uk
  48. 4* Classica n° 126.
  49. (en) Rob Barnett, « The Piano Music - Volume 1 », sur musicweb-international.com, .
  50. (en) « Joseph Holbrooke - Early Recordings » (version du 3 mars 2016 sur l'Internet Archive)
  51. (en) Julian Dyer, « The Autograph Metrostyle » (version du 11 août 2011 sur l'Internet Archive) (février 2011)

Liens externes[modifier | modifier le code]