| Nom de naissance | Joseph Étienne |
|---|---|
| Naissance |
Versailles (Royaume de France) |
| Décès |
Saint-Germain-en-Laye (Royaume de France) |
| Activité principale |
Œuvres principales
Joseph Étienne, dit Étienne de Jouy[1], né le à Versailles [2] et mort le à Saint-Germain-en-Laye, est un dramaturge et librettiste français.
Élève au collège d’Orléans à Versailles, Étienne de Jouy montre une nature si ardente qu’à l’âge de 16 ans, on l’embarque pour l’Amérique du Sud pour aller prendre du service sous les ordres du gouverneur de la Guyane. Il revient presque aussitôt en France pour achever ses études et se rengage deux ans plus tard. Il est envoyé comme sous-lieutenant d’artillerie aux Indes orientales (1787), où il a diverses aventures, qui inspirent plus tard son théâtre.
Lorsque la Révolution éclate, il retourne en France (1790). On pense qu’il contribue à la rédaction du journal Le Paquebot (1791) avant de partir avec le grade de capitaine pour l’armée du Nord. Il y sert avec distinction et est nommé adjudant-général après la prise de Furnes. Il appelle néanmoins le soupçon sur lui en refusant de porter un toast à Marat, et est arrêté et condamné à mort. Parvenant à s'évader, il se réfugie en Suisse, où son voyage le mène à Genève, à Lausanne, à Zurich et à Bâle. Il y est en contact avec divers réfugiés français. Il rentre en France au 9 Thermidor[réf. nécessaire].
Il reprend le service sous les ordres du général Menou et commande la place de Lille, mais est accusé d’intelligence avec l’envoyé britannique, James Harris, 1er comte de Malmesbury, qui a été dépêché en France pour négocier un traité de paix. Il est incarcéré quelque temps et, las de cette suspicion permanente, quitte le service en prétextant ses nombreuses blessures (1797)[réf. nécessaire].
Étienne de Jouy est librettiste de plusieurs des principaux opéras du début du XIXe siècle, notamment Guillaume Tell de Rossini (1829) et La Vestale de Spontini (1807).
Il est également journaliste, critique et chansonnier et fait partie de la Société du Caveau et du « Déjeuner de la Fourchette »[réf. nécessaire]. Il publie avec succès dans la Gazette de France des satires de la vie parisienne, réunies sous le titre L’Ermite de la Chaussée d’Antin, ou observations sur les mœurs et les usages français au commencement du XIXe siècle (1812-1814, 5 vol.) L’Ermite de la Chaussée d’Antin fut suivi de plusieurs séries similaires : Guillaume le franc-parleur (1814-1815), L’Ermite de la Guyane (1815-1817), puis L’Ermite en province (1817-1827)[réf. nécessaire]. À en croire L'Hermite en Italie (1824), qui mêle des souvenirs épars et difficiles à vérifier, il aurait voyagé en Italie de l'automne 1805 à l'automne 1807, puis de nouveau sous la Restauration. Mais ce récit pourrait être l'œuvre d'autres auteurs (Charles-Maxime de Villemarest et Louet de Chaumont, avocat, d'après Barbier et Quérard), qui cherchaient à exploiter le succès du filon des « Ermites ».
Il est élu à l’Académie française le en remplacement d’Évariste Parny, mais ne peut prononcer son discours de réception en raison des événements. Un article de la Biographie nouvelle des contemporains, dont il est l’un des fondateurs, lui vaut encore un mois de prison ; l’Académie lui manifeste sa sympathie lorsqu’il est libéré, ce qui mécontente le gouvernement. À l’Académie, il est du parti des classiques et vote contre Victor Hugo[3].
Sous la Restauration il retrouve le peintre Louis Garneray, qu'il avait connu à l'Île de France alors qu'il était lui-même officier de la garnison. Il entreprend de visiter en sa compagnie les côtes et les ports de France et ils en tirent un ouvrage intitulé Vue des Côtes et des Ports de France en 1823.
En 1821, sa tragédie Sylla triomphe, en partie grâce à l'interprétation de Talma, qui s’inspire de Napoléon Ier pour camper le rôle-titre : elle a quatre-vingts représentations de suite.
Après la Révolution de 1830, il remplit jusqu’au les fonctions de maire de Paris puis est nommé bibliothécaire du Louvre. Il meurt au château de Saint-Germain-en-Laye, où il dispose d’un appartement.