Pierre Cochereau
Image dans Infobox.
Fonction
Directeur
Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Instrument
Maître
Genre artistique

Pierre Eugène Charles Cochereau, né à Saint-Mandé (Val de Marne) le et mort le [1] à Lyon, est un organiste, un improvisateur, un pédagogue et compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Cochereau choisit la musique après ses études secondaires et une année de droit. Après avoir commencé l'orgue avec Marie-Louise Girod, et travaillé ensuite avec André Fleury, il entre au Conservatoire national de musique de Paris où il reçoit l'enseignement de Marcel Dupré, Maurice Duruflé et Noël Gallon. Il y obtient les premiers prix d'orgue, d'harmonie, d'écriture et d'histoire de la musique. Marcel Dupré avait très tôt reconnu son talent, et dira de lui, plus tard, qu'il était un phénomène sans équivalent. Dès 1942, il est titulaire de l'orgue de Saint-Roch et devient en 1955 titulaire des grandes orgues de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, sans concours. Il avait en réalité déjà joué cet instrument, au cours d'une messe, improvisant un offertoire, sous les yeux de Léonce de Saint-Martin, alors titulaire.

Il fera de cette tribune parmi les plus célèbres, un lieu d'accueil pour les organistes du monde entier auxquels il cédera ses claviers tous les dimanches après-midi pour des auditions d'une heure au cours desquelles tous les styles d'œuvres pour orgue auront droit de cité. Ces concerts remarquablement présentés par Jehan Revert, maître de chapelle de Notre-Dame, seront à sa demande systématiquement enregistrés, ce qui fait de ces archives un témoignage inestimable du « jeu » organistique aux XXe et XXIe siècles. Il faisait preuve pour le répertoire propre à cet instrument d'un remarquable éclectisme, admettant lors de ces auditions les œuvres les plus modernes à son époque d'Arvo Pärt à Iannis Xenakis, en passant par des compositeurs sous-estimés tels Georges Delerue qui lui écrivit (et pour Roger Delmotte) une Sonate pour trompette et orgue.

Au long des trente années qu'aura duré son titulariat, Pierre Cochereau aura eu à cœur d'entretenir puis de relever « son » orgue, chef-d’œuvre (1868) du facteur Aristide Cavaillé-Coll. À cette fin, il fera d'abord appel à Jean Hermann puis, à la mort de celui-ci, à Robert Boisseau et Jean-Loup Boisseau. Sous son égide, puis celle de ses successeurs, ceux-ci (auxquels il convient d'associer Bertrand Cattiaux) feront de cet instrument d'exception ce qu'il est aujourd'hui. Mais comme il fallait s'y attendre, les avis seront très partagés quant aux adjonctions qu'il « subit » dans les années 1960-1970 (impliquant entre autres son électrification et sa réharmonisation et le dépavillonnage des fonds, donc la transformation profonde d'un chef-d’œuvre de Cavaillé-Coll) et aux travaux ultérieurs, qui par certains aspects reviendront d'ailleurs en arrière.

Contrairement à la plupart de ses collègues de l'époque, Pierre Cochereau était, avec les Souberbielle, Jean-Albert Villard et quelques autres organistes un peu plus jeunes, tels Michel Chapuis, Francis Chapelet ou encore Xavier Darasse pour ne citer que les plus emblématiques, très compétent en matière de facture d'orgue, qu'elle soit orientée vers un retour à la « tradition » ou empreinte de modernité, et le travail manuel ne lui était pas étranger, pas plus que ne lui étaient étrangères les compétences en matière d'administration.

Il est aussi directeur du Conservatoire du Mans de 1949 à 1956, de celui de Nice de 1961 à 1979 et est enfin chargé de créer ex nihilo à Lyon, à côté du CNR, le second Conservatoire national supérieur de musique en France, dont il restera le directeur jusqu'à sa mort en 1984. En plus d'être un grand organiste aux interprétations à la fois brillantes et respectueuses de la tradition du répertoire d'orgue classique, romantique et contemporain, il est particulièrement réputé pour ses dons exceptionnels et son solide métier d'improvisateur. Du fait de leur richesse d'invention et de leur perfection formelle, nombre de ses improvisations ont été publiées en partition et réenregistrées par d'autres interprètes, ce qui est rare (un autre cas connu étant les improvisations de Charles Tournemire).

Pierre Cochereau fut aussi, beaucoup plus simplement, un « organiste d'église » aussi présent à sa tribune que sa carrière de concertiste et de pédagogue le lui permettait. Sa connaissance approfondie du chant grégorien et plus généralement de la musique liturgique faisait de ses interventions au cours des offices, soit en accompagnant soit en improvisant, d'inoubliables moments de musique.

Pierre Cochereau fut le premier à sortir « physiquement » l'orgue de ses lieux de prédilection, en faisant des tournées, accompagné le plus souvent de son ami trompettiste Roger Delmotte, avec son orgue « itinérant » à tuyaux, d'une dizaine de jeux (facteur : Philippe Hartmann) qu'il transportait dans une remorque attelée à l'une de ses toujours somptueuses automobiles.

Pierre Cochereau fut aussi avec Pierre Firmin-Didot cofondateur du Grand Prix de Chartres, concours d'orgue de renommée internationale, qui eut pour originalité d'instituer à côté du traditionnel prix d'interprétation, un tout aussi important prix d'improvisation.

Même si nombre d'improvisateurs prétendent être son « fils spirituel », Pierre Cochereau est partiellement méconnu de nos jours. Son œuvre musicale écrite est de qualité, mais peu abondante. Il laisse en revanche, sur des centaines de bandes ReVox bien conservées, une immense quantité d'improvisations (et aussi, mais en moins grand nombre, d'œuvres du répertoire) enregistrées au cours des offices et en concert à Notre-Dame. L'écoute analytique de la somme de ces enregistrements effectués sur une période allant globalement de 1965 à sa mort et réalisés avec talent et assiduité par François Carbou devrait permettre de comprendre et d'apprécier la réalité de cet artiste unique et, malgré les honneurs de son vivant, mystérieusement atypique et particulièrement flamboyant.

Pierre Cochereau est décédé d'une rupture d'anévrisme[2] dans la nuit du 5 au à Lyon, à l'âge de 59 ans.

Il avait eu avec sa femme Nicole deux enfants qui sont aussi devenus musiciens : Jean-Marc, (1949-2011), chef d'orchestre et directeur du conservatoire à rayonnement régional de Tours, et Marie-Pierre, harpiste.

Une rue porte son nom à Montpellier ainsi qu'une avenue à Roquevaire. Le conservatoire à rayonnement régional de Nice porte également son nom.

Décorations[modifier | modifier le code]

Officier de la Légion d'honneur, Officier de l'Ordre national du Mérite, Officier de l'Ordre des Arts et Lettres, Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, Grande Médaille de Vermeil de la Ville de Paris, Médaille d'honneur de la Ville de Dijon.

Catalogue des œuvres[modifier | modifier le code]

Orgue seul[modifier | modifier le code]

Orgue avec autres instruments[modifier | modifier le code]

Chœur[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Transcriptions des improvisations de Pierre Cochereau[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de décès no 155 de la page 46/242, cote du registre 2E3655. Il faut cliquer sur "Accéder aux registres" puis sur "Personnalités" puis sur "C" et on cherche le nom., en ligne sur le site des archives municipales numérisées de Lyon.
  2. François Carbou, livret du coffret CD Cochereau, l'organiste de Notre-Dame, disques du Solstice.
  3. « Pierre Cochereau 1924-1984 : Boléro sur un thème de Charles Racquet, pour orgue et percussions », (consulté le ), p. 4.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]