Elle fut qualifiée de « the most exciting woman in the world » (la femme la plus stimulante / provocatrice/ passionnante du monde[1]) par Orson Welles.
Eartha Kitt dans le rôle de Catwoman dans la série télévisée Batman, en 1967.
Eartha Kitt[2] est l'enfant du viol d'Anna Mae, Riley, Kitt alors qu'elle avait 14 ans, d'ascendance afro-américaine et cherokee, par un homme blanc dont on ne connait pas l'identité. Son beau père est William Kitt. Sa mère et son beau père sont des métayers pauvres. Ses parents lui donnent le prénom de Eartha pour remercier la terre (earth) de la bonne récolte précédant sa naissance[3]. Eartha va subir deux abandons successifs, son beau-père quitte sa famille, puis le nouveau compagnon de sa mère force sa mère à la placer chez des parents alors qu'elle a six ans[4]. Elle et sa demi sœur Anna Pearl, pour payer leurs frais de garde, participent aux récoltes de coton, font la cuisine et du jardinage[3],[5].
Après bien des tribulations, à ses huit ans, elle est recueillie par sa tante Mamie Lue Riley dans le quartier italo-portoricain de Harlem à Manhattan[6],[3].
Elle travaille en 1943 avec la troupe de danse de Katherine Dunham et fait des tournées au Mexique, en Amérique du Sud et en Europe. Elle quitte la troupe et s'installe à Paris pour être chanteuse de cabaret (notamment au Bœuf sur le toit) et commence à se faire un nom. La jeune créole, à l'enfance malheureuse, persévère et devient une vedette internationale d'élégance et de sensualité dès les années 1950. En 1950, elle est choisie par Orson Welles pour incarner Hélène de Troie dans Time runs, une adaptation du Docteur Faustus de Christopher Marlowe. L'accueil critique est excellent et Eartha tourne en Allemagne et en Turquie. De retour en Amérique, elle accède à la popularité en jouant dans New faces of 1952, une revue à Broadway, et en sortant ses premiers disques.
Artiste polyvalente à la voix rauque et suave, elle a chanté dans dix langues différentes et s'est produite dans une centaine de pays. En 1953, Eartha Kitt enregistre C'est si bon avec l'orchestre d'Henri René(en) pour son album That Bad Eartha(en). Le à New York, elle enregistre « Santa Baby » avec Henri René et son orchestre, chanson qui deviendra un classique de Noël. En 1954-55, elle est applaudie dans la comédie musicale « Mrs. Patterson » à Broadway puis, en 1957, elle joue au cinéma avec Sidney Poitier dans The Mark of the hawk. En 1967, elle personnifie le personnage de Catwoman dans la populaire série télévisée Batman.
En 1968, elle crée un malaise lors d'un déjeuner organisé à la Maison Blanche par la Première dame, Lady Bird Johnson, en se prononçant contre la guerre du Viêt Nam[7]. Cet incident l'ayant mise à l'index aux États-Unis, elle est contrainte à poursuivre sa carrière à l'étranger jusqu'en 1974. Dans les années 1980, ses tubes font le tour de la planète : « Where Is My Man » (1983), « I Love Men » (1984), « This Is My Life » (1986) et « I Don't Care » (1986).
Eartha Kitt en 2006.
En 1996, elle déclarait à l'Associated Press : « Les spectacles sont presque tous devenus fades. Leur réussite dépend des gadgets et des lumières. Aujourd'hui, vous n'avez pas besoin d'avoir du talent pour avoir du succès. Je pense que nous devions avoir quelque chose à offrir, si nous voulions que notre valeur soit reconnue et récompensée. ». Cette même année, elle apparaît dans l'épisode « Escapade à Paris » (A Pup in Paris) de la sitcom « Une nounou d'enfer » (The Nanny).
Sa dernière apparition sur les scènes de Broadway remonte à fin 2006.
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Eartha Kitt se montre active pour un grand nombre de causes sociales dans les années 1950 et 60. C'est ainsi qu'elle fonde la Kittscille Youth Foundation, une organisation à but non lucratif destinée à aider les enfants défavorisés du quartier de Watts à Los Angeles[13]. Elle s'implique également avec un groupe de jeunes d'Anacostia, dans la banlieue de Washington, appelé Rebels with a cause (Rebelles avec une cause), aidant le groupe à nettoyer les rues et à créer des zones de loisir afin d'éloigner les jeunes des problèmes, et en témoignant avec eux devant le Comité de l'éducation et du travail du Sous-comité général de la Chambre pour l'éducation.
Kitt était également membre de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté. Ses critiques de la guerre du Viêt Nam et son implication contre la pauvreté et autour des émeutes raciales de 1968 peuvent être considérées comme faisant partie d'un large engagement au-delà du militantisme pour la paix [14]. Comme un certain nombre de personnalités politiques de son époque, Eartha Kitt était sous surveillance de la CIA à partir de 1956. Après la découverte de son dossier de la CIA par le New York Times en 1975, elle autorise le journal à imprimer certaines parties du rapport, en déclarant : « Je n'ai rien à craindre et je n'ai rien à cacher »[15].
Kitt devint plus tard une ardente défenseure des droits LGBT et soutient publiquement le mariage entre personnes du même sexe, qu'elle considérait comme un droit civil : « Je soutiens le [mariage gay] parce que nous demandons la même chose. Si j'ai un partenaire et que quelque chose m'arrive, je veux que ce partenaire profite des avantages de ce que nous avons récolté ensemble. C'est une affaire de droits civils, n'est-ce pas ?[16] ». Elle a ainsi participé à de nombreuses manifestations de financement en faveur des communautés LGBT, notamment à un important événement organisé à Baltimore avec George Burns et Jimmy James [17]. Scott Sherman, agent chez Atlantic Entertainment Group, a déclaré : « Eartha Kitt est fantastique... apparaît dans de nombreux événements LGBT pour défendre les droits civils ». Dans une entrevue avec le Dr. Anthony Clare en 1992, Kitt parle de l'homosexualité selon les termes suivants :
Nous sommes tous des personnes rejetées, nous savons ce que c'est que d'être refusés, nous savons ce que c'est que d'être opprimés, déprimés et ensuite accusés, et je suis très consciente de ce sentiment. Rien dans le monde n'est plus douloureux que le rejet. Je suis une personne rejetée, opprimée et je la comprends donc du mieux que je peux, même si je suis hétérosexuelle[18].
En 2007 et 2008, elle remporte deux Emmy Awards de la meilleure interprète dans un programme d'animation pour « The Emperor's New School ». Elle remporte un troisième Emmy à titre posthume en 2010 pour sa performance dans « The Wonder Pets ».
1950 : Eartha Kitt tient le rôle d'Hélène de Troie dans Time Runs, adaptation de la pièce de théâtre La Tragique Histoire du docteur Faust de Christopher Marlowe, sous la direction d'Orson Welles dont la première est donnée à New York[36].
↑(en-GB) Adrian Jack, « Obituary: Eartha Kitt », The Guardian, (ISSN0261-3077, lire en ligne, consulté le 20 février 2020)
↑au cours de ce Woman doers luncheon avec la délinquance juvénile comme sujet principal, Eartha Kitt évoqua un lien entre les problèmes sociaux et raciaux de l'Amérique et la guerre du Vietnam in African American lives de H.L. Gates et E.B. Higginbotham Oxford University Press 2004 p. 505
↑(en) WELT, « Legendary Performer: Eartha Kitt dies in New York at the age of 81 », DIE WELT, (lire en ligne, consulté le 20 février 2020)
↑(en-US) Rob Hoerburger, « Eartha Kitt, a Seducer of Audiences, Dies at 81 », The New York Times, (ISSN0362-4331, lire en ligne, consulté le 20 février 2020)
↑(en-GB) Nick Britten, « Tributes paid to Eartha Kitt », The Telegraph, (ISSN0307-1235, lire en ligne, consulté le 20 février 2020)
↑(en) « Seductive singer Eartha Kitt dies at 81 », Reuters, (lire en ligne, consulté le 20 février 2020)
↑(en) Robert E. Johnson, « Eartha Kitt Observes Seventh Year With Black Ghetto Schoo », Jet, , p. 44-56.
↑(en) Joyce Blackwell, No Peace Without Freedom: Race and the Women’s International League for Peace and Freedom, Southern Illinois University Press, (ISBN9780809325641).
↑(en) Seymour Hersh, « C.I.A. in ‘68 Gave Secret Service a Report Containing Gossip About Eartha Kitt After White House Incident », The New York Times, (ISSN0362-4331, lire en ligne, consulté le 28 mai 2019).