La famille de Chabannes est une famille française noble du Limousin, d'extraction chevaleresque, actuellement subsistante.
Elle jouit de l'appellation de Cousin du Roi depuis 1820[1], plusieurs de ses membres ont été reçus aux honneurs de la Cour, le chef de la famille porte depuis 1563 le titre de marquis de Curton, mais se fait appeler marquis de Chabannes-La Palice[1].
Dans les chartes les plus anciennes, on trouve Chabanas, Chabanes, Chabany, Chabanis, Cabanis et Cabanesio. Le « double n » ne date que depuis l'établissement de la maison en Auvergne[2].
Originaire de la Charente limousine, la lointaine filiation de cette illustre famille remonterait aux premiers temps du Xe siècle depuis Abon Cat Armat et serait issue de la Maison des premiers [3]Sires de Chabanais, et de Confolens parfois aussi anciennement dénommée de Chabannées. Sur la commune de Chabanais, dans l'église paroissiale de Notre-Dame de Grénord, on peut encore voir l'admirable sarcophage de Jourdain II ou III de Chabanais, qui fut fondateur de l'abbaye de Lesterps. Amelie de Chabanais, fille de Jourdain VII Eschivat de Chabanais de la seconde Maison, Sires de Chabanais et Comtes de Bigorre, se maria vers l'an 1100 à Guillaume III de Matha, donnant naissance à un fils du nom d'Eschivat de Chabanais qui épousa Matebrune de Ventadour', dame de Charlus-le-Pailloux[4], depuis appelé parfois Charlus-Chabannes.
L'église prieurale de Notre-Dame de Grénord à Chabanais. (Charente)
Le premier membre connu de la famille de Chabannes serait donc Eschivat de Chabannes[5], qui épouse en 1171 Matabrune de Ventadour[6], fille d'Ebles IV, vicomte de Ventadour et de Marguerite de Turenne, sa première femme[1]. Marguerite avait dans sa dot la terre de Charlus[7], sur la commune actuelle de Saint-Exupéry-les-Roches (Corrèze, à 8 km au sud-est d'Ussel)[8]. Le château de Charlus, à 660 m d'altitude (aujourd'hui disparu), dominait la vallée de la Diège[8]. Il était de taille importante et dans une excellente position pour la défense[7]. Une hypothèse, qui ne s'appuie sur aucun document, voudrait qu'Eschivat de Chabannes soit le fils de Guillaume de Mathas, qui serait lui-même issu des comtes d'Angoulême. Un Gui de Chabannes, est cité à la croisade de 1248[9], mais rien ne permet de le rattacher à la famille de Chabannes[1].
La généalogie suivie de la famille ne commence qu'avec Hugues de Chabannes, coseigneur de Charlus, au milieu du XIVe siècle[1]. Son petit-fils, Jacques Ier de Chabannes, achète en 1430 au duc de Bourbon, la seigneurie et le château de La Palice en Bourbonnais, qui appartient toujours à la famille de Chabannes.
Adémar de Chabannes, originaire du Limousin est né vers 989, affilié à la Maison de Chabannes, il fut moine à l'abbaye Saint-Martial de Limoges et compositeur. Chroniqueur du Haut Moyen Âge, Adhémar de Chabannes a écrit une première étude sur l'histoire des Francs appelée Chronicon. Le spirituel et très croyant Adémar part en Terre sainte et meurt à Jérusalem vers 1032.
Guy de Chabannes accompagne à la sixième croisadeAlphonse de France, comte de Poitiers en 1248. Dans l'ouvrage paru en 1839 [10] sur Les Galeries Historiques du Palais de Versailles, pour la création des armoiries illustrant la Salle des Croisades du château, il fut mentionné dans cet ouvrage : " Guy de Chabannes était à la Terre Sainte, lorsque Alphonse de Poitiers, lui accorda sa garantie, ainsi qu'a deux de ses compagnons, en prenant hypothèque sur leurs biens, pour un emprunt de 200 livres tournois qu'ils avaient fait collectivement à Manfredo di Coronato et Guittardo Schaffa, dont ils donnèrent reçu par acte sur parchemin, daté d'Acre, au mois de mai 1250. Armes : Guy de Chabannes portait de gueules, au lion d'hermine, armé, lampassé et couronné d'or " . Plusieurs ouvrages savants dont celui de l'Abbé Migne reprennent ces faits. Cependant dans un autre ouvrage, il subsiste un doute sur son affiliation à la famille de Chabannes[1].
Antoine de Chabannes (Saint-Exupéry 1408 - Paris 1488), orphelin (son père Robert ci-dessus est mort à Azincourt en 1415) est né sans fortune, il sert à 13 ans comme Page le sire de La Hire (Étienne de Vignolles) auprès duquel il apprend le métier des armes. Il se marie en 1439 à Marguerite de Nanteuil, orpheline désargentée qui lui apporte le comté de Dammartin. Capitaine favori de Charles VII, il participe aux côtés de Jeanne d'Arc au siège de Compiègne et au siège de Jargeau puis au siège d'Orléans où il se fait particulièrement remarquer pour son intrépidité. À l'avènement du dauphin, il entre au service de Louis XI et il est l'objet de plusieurs procès et emprisonnements à la Bastille. Évadé et recherché, Dammartin devient aux côtés de Rodrigue de Villandrando et de Jean Poton de Xaintrailles, le chef d'une bande de routiers appelés écorcheurs (bandes armées de mercenaires ravageant les campagnes afin de délivrer la France des Anglais et des Armagnacs), et dans cette mission à très hauts risques, Antoine de Chabannes devient un chef de guerre des plus redoutables[13]. Enfin assagi et rentré en grâce en ayant peu à peu gagné la confiance du souverain pour avoir déjoué plusieurs complots contre lui, celui-ci le fait Grand maître de France en témoignage de ses inestimables services rendus à la Couronne de France. Comblé d'honneurs et de richesses, le comte de Dammartin est nommé sur la fin de sa vie, vers l'an 1480, gouverneur de Paris. Il est l'un des gros débiteurs de Jacques Cœur, contribue aux charges pesant sur ce dernier et est son gardien de prison.
Charlotte de Chabannes de La Palice, sœur du maréchal de La Palice. La bienheureuse Charlotte de Chabannes est élue de l'an 1521 à 1540, avec l'appui du roi François Ier, comme 18e mère abbesse du prieuré Saint-Louis de Poissy. Les deux filles du Maréchal de La Palice, Louise et Marguerite de Chabannes, nièces de l'abbesse Charlotte de Chabannes, deviendront également vers 1530, religieuses du même monastère. La Bibliothèque nationale conserve un rare et très précieux manuscrit enluminé, livre de prières et de chants pour la procession à l'usage des deux filles religieuses du Maréchal de La Palice. Ce très beau manuscrit est intitulé : Processionnal à l'usage de Marguerite et Louise de Chabannes, religieuses du couvent des Dominicaines de Poissy[14]. Les riches enluminures font apparaitre les armoiries du feu maréchal de Chabannes leur père, mais surtout celles de Marie de Melun leur mère, veuve du Maréchal de La Palice. Cet inestimable manuscrit, écrit en latin, reste un des rares témoins de la riche bibliothèque que possédait le couvent des Dominicaines de Poissy, fondé par Philippe le Bel.
Sylvain Léonard de Chabannes (1718-1814), dit " L'Abbé de Chabannes ". Descendant des Chabannes, seigneurs de Nouzerolles, docteur en Sorbonne, il devient chanoine du chapitre noble de Saint Pierre de Vienne en 1750 et aumônier du roi Louis XV le 13 septembre 1753 à la promotion de l'abbé de Termont, puis chanoine comte de Lyon en 1760, en service jusqu'à sa retraite en 1767. Suite à l'accouchement précipité de Madame la Dauphine survenue le 23 ou 24 août 1754 et en l'absence de M. le cardinal de Soubise, grand aumônier, ce fut l'abbé de Chabannes, aumônier du roi, qui intervint en urgence pour ondoyer à sa naissance[15] Louis dauphin duc de Berry, le futur Louis XVI.
Jean Frédéric de Chabannes de La Palice (1762-1836), militaire français. Colonel aux chasseurs de Normandie. Aide de camp du roi Louis XVIII. Homme politique. Député aux États généraux de 1789. Aide de camp du baron de Viomesnil, il participe auprès de Rochambeau et du marquis de La Fayette, à la guerre d'Indépendance des États-Unis, où il combat à la bataille de Yorktown. Jean Frédéric de Chabannes fut décoré de l'Ordre de cincinnatus. Écrivain pamphlétaire et inventeur, Jean Frédéric eut 10 enfants, dont Pierre Antoine Octave de Chabannes.
Pierre Antoine Octave de Chabannes (1803-1889), vice-amiral, préfet maritime de Cherbourg et de Toulon. Administrateur colonial. Sénateur.
Jean Alfred Octave de Chabannes La Palice ( Lapalisse 1871 - Paris 1933 ). Il fut le fils d'Antoine Edouard de Chabannes La Palice , officier à l'Ecole de Saint-Cyr ( promotion de Turquie 1855 ) , chef d'escadron & aide camp du Général Wolff ( Charles Joseph François Wolff ) , qui mourru à 36 ans en Algérie et de Marie Victurnienne de Cardevac d'Havrincourt . Bien que militaire de formation, en 1907, Alfred de Chabannes La Palice déconcerta la presse économique, en faisant paraître chez l'éditeur Félix Alcan un ouvrage des plus pertinent intitulé : Le Libéralisme devant la Raison. Ce remarquable ouvrage d'économie politique ( qui devrait encore servir de nos jours de " Bible " à la classe politique actuelle ) excita au plus haut point les milieux économiques et politiques et fut l'objet de nombreuses et savantes analyses dans la presse spécialisée française et étrangère. Dès la parution de cet important ouvrage ( 466 pages ) de théorie économique, André Liesse éminent professeur d'économie et membre de l'Académie des sciences morales et politiques, rédacteur économique au Journal des débats, consacra [16]dans ce quotidien, une savante analyse sur l'ouvrage du comte Alfred de Chabannes. Depuis auréolé d'une certaine notoriété dans les milieux d'affaires et journalistiques, M. de Chabannes disciple d'André Liesse qui devint son ami, lui permit de collaborer à ce prestigieux journal en y donnant plusieurs [17]articles. Cependant quelques années avant de connaître ce fulgurant succès éditorial, le comte Alfred de Chabannes La Palice, lieutenant au 19e dragon et écrivain distingué, se maria à l'Église Saint-François-Xavier de Paris le 11 février [18]1895 à Armande de Polignac unique fille [19]du prince Camille de Polignac surnommé " Le La Fayette du Sud " .
Armoiries : De gueules au lion d'hermine, armé, couronné et lampassé d'or[9].
Variante (branche des comtes de Dammartin) : Écartelé au 1 et 4 de gueules au lion d'hermine, armé, couronné etlampassé d'or, et au 2 et 3 fascé d'argent et d'azur à la bordure de gueules ; sur le tout d'or à trois pal de vair, au chef d'or chargé de quatre merlettes de gueules, écartelé d'argent à quatre pals de sinople.[9].
Devises : « Je ne le cède à nul autre » ; Non palma sine pulvere (« il n'est de gloire impérissable »).
Familles de Bort, de Lavieu, de Prie, de Nanteuil-Dammartin, de La Tour d'Auvergne, d'Anjou, de Bourbon, de Mathan, de Montbron, de Melun, de Blanchefort, de Lévis, de La Rochefoucauld, de Vienne, du Prat, de Margival, de Rivoire du Palais, de Saigne, de Crevant, de Daillon du Lude, Savoie-Tende, d'Apchon, de Chazeron, de Champfeu, de Certaines, de Saint-Phalle, Émié…
[Chabannes 1864] Chabannes-La Palice, Notice historique sur la maison de Chabannes ou de Chabannées suivi de l'armorial de ses alliances, Clermont-Ferrand, , 184 p. (lire en ligne).
[Est-Ange] Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 9 : CAS-CHA, Évreux, impr. Charles Hérissey, , 448 p., sur gallica.bnf.fr (lire en ligne), p. 149-154 : « Chabannes de la Palice, de Curton et du Verger (de) ».
Marquis de Certaines, Les Chabannes, Mille ans d'Histoire 980-1980, Édition Nevers, 1986.
(en) Charles Cawley, « Seigneurs de Chabannes », dans « Auvergne », ch. 4 : « Seigneurs de Chabannes », sur fmg.ac/Projects/MedLands/ (Foundation for Medieval Genealogy).
↑Il existe (au moins) quatre endroits appelés Nozerolles dans les environs de Charlus : dans le Cantal, un simple lieu-dit sur Allanche (73 km), un hameau sur Pierrefort (108 km) et un autre hameau sur La Chapelle-d'Alagnon (83 km) ; et en Lozère voisine, un hameau sur Chaulhac (150 km).
↑De Chabannes, sires de Chabanais et de Confolent en Angoumois, comtes de Bigorre...Marquis de Chabannes à Paris. ( S.L.N.D ) Notice généalogique. Bibliothèque Nationale. Manuscrit - Dossier Bleu 162. Chabannes.
↑Journal Historique et Anecdotique du Règne de Louis XV, par Edmond Jean François Barbier, volume 4, p. 33, Édition Jules Renouard & Cie, Paris, 1856
↑Journal des Débats, Politique & Littéraire. 24 juin 1907. Article d'André Liesse, sur l'ouvrage de M. de Chabannes : Le Libéralisme devant la Raison.
↑Le Parti Radical et la Propriété, par Alfred de Chabannes. Journal des Débats, 26 décembre 1907 ---- Incohérence du Protectionisme, par Alfred de Chabannes. Journal des Débats 7 juin 1909 ---La Ligue du Libre Echange, par Alfred de Chabannes. Journal des Débats 7 avril 1911 ---- Un ouvrage de M; de Molinari, par Alfred de Chabannes. Journal des Débats 16 mai 1911. ----- La Pieuvre Etatiste, par Alfred de Chabannes. Journal des Débats 16 avril 1914 ----
↑Le Figaro, 14 Février 1895. Mariage de la Princesse Armande de Polignac et du Comte Alfred de Chabannes La Palice.
↑Archives de Paris : V4E8626 - Etat Civil. Mairie du 16e Arrondissement - Acte de mariage N°80 : Armande de Polignac et Alfred de Chabannes La Palice, domicilié au 43 rue de Varennes à Paris 7e.