Mélanie Bonis
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Mel Bonis à 27 ans, par Charles-Auguste Corbineau (1885)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
SarcellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Mélanie Hélène BonisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Pierre DomangeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Conjoints
Amédée Louis Hettich (d)
Albert Domange (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Maîtres
Site web
La tombe de la compositrice Mélanie BONIS dite Mel BONIS, cimetière de Montmartre.JPG
Vue de la sépulture.

Mel Bonis (de son vrai nom Mélanie Hélène Bonis), née le à Paris et morte le à Sarcelles, est une compositrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le père de Mélanie Bonis est employé comme contremaître en horlogerie et sa mère, passementière, s'occupe surtout du foyer situé dans un petit appartement du numéro 24 de la rue Rambuteau, dans le 4e arrondissement de Paris.

Elle reçoit une éducation religieuse stricte et ressent, très vite, une grande piété et une grande foi qu'elle conserve toute sa vie. Aussi affronte-t-elle avec courage et détermination les préjugés hostiles pour la vie d'artiste et les mœurs légères que l'on prête aux femmes qui se destinent à une telle carrière.

Dès son plus jeune âge, Mélanie joue, seule, sur le vieux piano de ses parents. Promise au métier de couturière, elle échappe momentanément à cette destinée grâce à Jacques-Hippolyte Maury, un ami des parents, cornettiste, professeur au Conservatoire de Paris. Celui-ci la présente à César Franck qui s'intéresse à elle et la fait admettre fin 1876 au Conservatoire comme élève de la classe d'harmonie et accompagnement au piano pour les femmes (ancêtre des classes d'accompagnement au piano). Elle assiste en auditeur libre à la classe d'orgue de César Franck.

En 1878, elle obtient le Premier accessit d'harmonie et accompagnement dans la classe d'Ernest Guiraud[1]. Ensuite, elle étudie dans la nouvelle classe d'accompagnement au piano d'Auguste Bazille où elle est la condisciple de Claude Debussy. Elle est lauréate du Second prix d'accompagnement au piano en 1879[2].

En 1878, sous le directorat d'Ambroise Thomas, s'ouvrent pour la première fois de l'histoire du Conservatoire de Paris deux classes d'harmonie pour les femmes[3]. Mel Bonis est lauréate de cette classe et obtient en 1879 le Second prix, puis l'année suivante, en 1880, le Premier prix d'harmonie[4].

Après son Premier prix d'harmonie en 1880, Mel Bonis entre dans la classe de composition de son ancien maitre, Ernest Guiraud[5]. Elle y côtoie une nouvelle fois Debussy. Mélanie Bonis est très appréciée, ainsi qu'en témoignent les vœux envoyés par Ernest Guiraud pour l'année 1880 : « Ayez vos deux premiers prix aussi beaux que tout le monde y compte ».

En , son maitre Auguste Bazille dit d'elle qu'elle est « la plus forte de la classe mais la peur la paralyse ».

En novembre 1881, alors qu'elle envisage de se présenter au concours du Prix de Rome malgré la controverse que provoque son projet (le concours ne s'ouvre aux femmes qu'en 1903), Mel Bonis arrête soudainement ses études « pour des raisons familiales »[5]. En réalité, la catastrophe tient à sa rencontre deux années auparavant avec Amédée-Louis Hettich (1856-1937), élève de chant de la classe de Masset, et poète. Elle en est follement éprise, mais sa famille le tient en basse estime. Sourds aux sentiments de la jeune femme, ses parents organisent pour elle un mariage de convenance : à l'âge de 25 ans, elle épouse un riche entrepreneur spécialisé dans le cuir industriel – propriétaire de la maison Scellos, qui devient en 1883 Domange et Cie. Albert Domange, âgé de 47 ans, est lui-même deux fois veuf et il est déjà père de cinq enfants. Ils sont installés dans un hôtel particulier près du Parc Monceau, et passent vacances et week-ends entre la propriété de Sarcelles et une villa à Étretat. De cette union naissent trois enfants : Pierre, Jeanne et Édouard. De sa liaison avec Amédée-Louis Hettich nait secrètement une fille, Madeleine, en 1899. Par les hasards du destin, de retour de la Première guerre mondiale, son fils Édouard tombe amoureux de sa demi-sœur secrète. Leur mère n'a pas d'autre choix que d'avouer, sous le sceau du secret le plus absolu, la vérité. Édouard refait sa vie, quatre enfants, et meurt en 1932 au Caire.

Son mari meurt le . Elle invite Madeleine à passer des vacances dans la villa d'Étretat, avant de l'accueillir chez elle – au titre de filleule de guerre et sans jamais dévoiler son identité. À titre d'anecdote, Madeleine réchappe du bombardement par la Grosse Bertha de l'église Saint-Gervais qui fit 88 morts et 60 blessés le .

Elle meurt le 19 mars 1937 et est enterrée à Paris, au cimetière de Montmartre (24e division).

Carrière[modifier | modifier le code]

photographie de Mel Bonis
Mel Bonis, vers 1900.

Le premier morceau de Mélanie Bonis est une pièce pour piano intitulée Impromptu qu'elle signe Mel Bonis : c'est le pseudonyme qu'elle choisit pour ne pas être reconnue comme femme en tant que « compositeur »[6]. Ensuite, elle écrit deux mélodies en collaboration avec Amédée-Louis Hettich sur deux poèmes de sa main, Villanelle et Sur la plage. Hettich est journaliste à L'art musical.

Au cours des années 1890, Mélanie Bonis retrouve Hettich, et elle collabore à sa célèbre collection Les airs classiques. Ils travaillent ensemble : elle compose des mélodies et des chœurs sur les textes du poète et il l'aide à faire valoir sa musique tout en lui ouvrant les portes des grands éditeurs parisiens.

En proie au doute et à la culpabilité jusqu'à sa mort, Mel Bonis compose plus que jamais dans les années 1900, sublimant ainsi sa douleur, la transformant en création. La compositrice se concentre, maintenant, sur la musique religieuse où elle essaie de rencontrer « l'amour divin » qui s'exprime, par exemple, dans son Cantique de Jean Racine écrit à la mémoire de son fils disparu.

Mel Bonis est membre de la Société nationale de musique de 1899 à 1911 et y occupe le poste de secrétaire à partir de 1910 – une première pour une femme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des œuvres de Mel Bonis.

Mel Bonis laisse une œuvre importante d'environ deux cents pièces, dont l'essentiel est composé entre 1892 et 1914.

Sa musique, de style postromantique, est bien inscrite dans son époque. Elle est très variée, allant du drame à l’humour, souvent vigoureuse et sensuelle, avec des dépaysements impressionnistes ou orientalistes, toujours très bien écrite et d’une grande sensibilité. C’est une écriture personnelle et aisément identifiable par l’originalité des harmonies et des rythmes.

Plusieurs partitions sont encore en cours d'édition ou de réédition.

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Musique pour piano[modifier | modifier le code]

Piano pédagogique[modifier | modifier le code]

Musique pour orgue[modifier | modifier le code]

Musique sacrée[modifier | modifier le code]

Mélodies[modifier | modifier le code]

Musique orchestrale[modifier | modifier le code]

Compositions pour voix et orchestre[modifier | modifier le code]

Orchestre d'enfants[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Piano[modifier | modifier le code]

Orgue[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Avec voix[modifier | modifier le code]

Orchestre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Constant Pierre 1900, p. 547.
  2. Constant Pierre 1900, p. 549.
  3. Constant Pierre 1900, p. 261.
  4. Constant Pierre 1900, p. 540.
  5. a et b Launay, Florence., Les compositrices en France au XIXe siècle, Fayard, (ISBN 2-213-62458-5 et 978-2-213-62458-7, OCLC 64946795, lire en ligne), p. 40
  6. « Mel Bonis (1858-1937) », sur musimem.com
  7. « 1905, Mel Bonis compose son "Quatuor pour piano et cordes n°1" », sur France Musique (consulté le 1er novembre 2020)

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Liens externes[modifier | modifier le code]